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Soeur Agathe, une vie consacrée pour chanter Dieu

Publié par jeunescathos le 26 février 2015 - A la Une, Non classé, Vie Consacrée, Vie de l'Eglise, Vocations

Sœur Agathe Dutrey, bénédictine apostolique, 36 ans, sortait en avril dernier son premier album de musique « Je te cherche mon Dieu ». Investie aujourd’hui sur le diocèse de Nantes dans l’animation de la liturgie de l’église Sainte-Croix et dans la catéchèse, elle revient aujourd’hui avec nous sur son chemin de vie consacrée.

 » Ces chants sont nés de ma prière, de ma méditation, des mes joies et de mes peines. Ils m’ont aidée à donner au Seigneur ce qui habitait mon coeur et à avancer sous son regard, avec tout ce qui faisait ma vie.
Puissent-ils maintenant vous accompagner, qu’ils vous aident à parler à Dieu, à l’écouter, à compter sur lui… Ils auront alors une raison d’être. » Soeur Agathe

 

Comment avez-vous commencé à vous intéresser à la musique ?

En famille, on aimait bien chanter (surtout les Walt Disney), j’ai fait aussi partie d’une chorale à l’école. Et puis, assez vite, vers l’âge de 13 ou 14 ans j’ai commencé à animer les chants de la messe du dimanche parce que la personne qui le faisait habituellement est partie et qu’il fallait quelqu’un pour la remplacer. Cela s’est fait comme cela, simplement.

Depuis quand êtes-vous consacrée et comment a mûri en vous la vocation religieuse ?

J’ai prononcé mes premiers vœux en 2002, cela fait maintenant un peu plus de 12 ans. Il a fallu tout le temps de la préparation. Jeune, je pensais me marier, avoir des enfants, être « instit », c’était le modèle que je connaissais. Et puis, vers l’âge de 16-17 ans, à travers différents temps forts pour les jeunes, j’ai appris à connaître le Seigneur, à prier. J’ai commencé à avoir ma foi personnelle, et au fur et à mesure, je me suis rendue compte qu’il n’y avait pas que la vocation au mariage mais qu’il y avait aussi la vocation à la vie consacrée. Et je voyais autour de moi des sœurs jeunes et heureuses de l’être. Ce n’était pas un refuge. A ce moment-là, j’ai commencé à m’ouvrir à cette possibilité qu’il y ait autre chose que ce que j’avais prévu. C’est comme cela que j’ai demandé au Seigneur – parce que j’avais expérimenté son amour pour moi, et combien il voulait notre bonheur – « C’est Toi qui m’as créé, c’est toi qui sais, et bien que veux-tu pour moi ? Je suis prête à ce que Tu voudras, mais il faut me le dire ». Mais j’avais quand même un petit penchant pour le mariage car c’est toujours ce que j’avais porté.

© Norbert Jung www.photographie.pro

« J’ai entendu dans mon cœur : « Si tu te consacres à moi tu seras heureuse » ».
© Norbert Jung www.photographie.pro

Et puis, un jour, au cours d’un rassemblement, j’ai entendu cette voix intérieure où le Seigneur me parlait dans mon cœur, mais je l’ai entendu très clairement sans pour autant y faire très attention. C’était un moment en mission, je faisais d’autres choses, j’allais préparer le repas pour des familles et j’ai entendu dans mon cœur : « Si tu te consacres à moi tu seras heureuse » et pour moi cela a été le moment de l’appel du Seigneur. Comme c’était un moment de mission, je n’y ai pas accordé beaucoup d’attention. Je m’en suis rappelé quelques jours après. J’en ai reparlé avec la soeur qui m’accompagnait. A partir de ce moment, j’ai vraiment pris conscience que cela pouvait être un appel à la vie consacrée.

J’ai entendu dans mon cœur : « Si tu te consacres à moi tu seras heureuse »

A la fois j’ai eu un peu peur en me disant « Ouh là là, qu’est-ce que ça veut dire être sœur ? ça veut dire porter un habit comme toutes les autres, ressembler à toutes les autres sœurs, perdre sa personnalité ?! » Je me souviens très bien toutes les questions qui m’ont traversées l’esprit. Et puis j’ai pu en reparler avec cette sœur. Elle a pu me rassurer par des paroles toutes simples : le Seigneur n’est pas là pour nous «défigurer », on reste ce que l’on est, mais en même temps, en le suivant, on chemine pour aller de plus en plus près de Lui, de son cœur.

Ensuite, pendant mes études – j’ai fait une fac d’Anglais – j’ai continué intérieurement à me préparer à la vie consacrée. Durant ce temps je me disais : les études c’est super, le rythme étudiant c’est super, mais intérieurement, je sentais bien que j’étais attirée par Quelqu’un d’autre.

Comment avez-vous choisi de devenir bénédictine ?

© Norbert Jung www.photographie.pro

© Norbert Jung www.photographie.pro

J’ai commencé ma vie consacrée dans une communauté nouvelle, qu’il m’a fallu quitter en raison de graves dysfonctionnements. Ensuite, à travers la communauté des Bénédictines de Jouarre puis de Saint Thierry, j’ai découvert la règle de Saint Benoît, sa sagesse dans sa façon de régler la vie religieuse, la vie de prière, avec le travail, la lectio divina. En vivant au monastère, j’ai vu aussi les sœurs vivre concrètement de cette charité que St Benoît enseigne dans sa règle.

De cette nouvelle expérience de vie est venu un questionnement : est-ce que je ne pourrai pas devenir bénédictine ? J’avais envie de vivre de ce qu’elles vivaient mais en même temps, je ne me sentais pas appelée à être moniale, cloîtrée. J’aimais la mission, le contact avec les gens, et cela faisait vraiment partie de moi, de mon appel, de pouvoir participer à la transmission de la foi, à l’annonce de l’évangile.

C’est ainsi qu’après un temps de discernement et de formation de deux ans au monastère de St Thierry, je suis devenue oblate bénédictine pour devenir bénédictine apostolique. Oblate veut dire l’attachement au monastère de Saint Thierry en vivant de la règle de Saint Benoît. Et apostolique : je vis cela avec une ouverture au monde et un travail dans la ville.

Aujourd’hui quelles sont vos missions ?

Aujourd’hui notre « Fraternité bénédictine apostolique» est au service de l’église Sainte-Croix au cœur de Nantes. Notre première mission en fraternité c’est l’animation liturgique et spirituelle de cette église : proposer les laudes, les vêpres, et d’autres moments comme des veillées de prière. Et puis pour moi, je travaille pour la paroisse, pour coordonner l’ensemble de la catéchèse, en particulier avec les quatre établissements privés.

Qu’est-ce qui vous anime dans ce travail ?

La joie de pouvoir transmettre aux enfants ce que j’ai de plus cher : de connaître Jésus et de pouvoir le faire tout simplement à travers des temps forts mais aussi en passant dans les classes, en disant un petit mot, en chantant et priant avec eux. Ça me réjouit énormément de pouvoir témoigner de cet appel que le Seigneur m’a donné et de travailler pour le Royaume de Dieu, toute la journée, tous les jours, cela me réjouit beaucoup !

La musique est un élément important de votre vie ?

J’aime chanter c’est sûr. J’ai conscience que c’est un don du Seigneur, et je le fais fructifier, je le fais grandir bien volontiers tant que ça aide les autres à prier, tant que ça les aide à se recueillir aux offices, à la messe, aux veillées. Pour moi, c’est aussi une joie.

Et aussi de composer sur de nouveaux airs ou alors avec certaines paroles que je trouve belles ou qui me rejoignent dans un contexte particulier. Par exemple là, ces jours ci je disais aux enfants: on peut prier partout où on est en descendant de la tête au cœur et je leur explique à chaque fois comment descendre de la tête au cœur. En l’expliquant, je me suis dit que ce serait peut-être bien de le concrétiser en chanson, et en faisant un petit air là-dessus. Ce matin justement, alors qu’on a une prière de l’aurore en fraternité, à 6h30 et ensuite un grand temps d’oraison et de lectio et je ne sais plus pourquoi, j’ai pensé à cela au début de la lectio : descendre de la tête dans son cœur et j’ai un air qui m’est venu très vite en tête, j’avais conscience que c’était un air pour enfant, et j’ai commencé à fredonner et puis… je suis allée chercher mon téléphone pour enregistrer ce qui me venait (rire). Donc voilà, ça m’est venu tout simplement comme ça. Je ne sais pas pourquoi mais ça m’est venu !

Qu’est-ce qui vous motive aujourd’hui  ?

Ce qui me motive chaque jour c’est ce que je fais. C’est de pouvoir prier les offices dans l’Eglise, qu’il y ait une, dix ou vingt personnes. C’est de pouvoir aller rencontrer les élèves, les aider à connaître Dieu, rencontrer les adultes, les catéchistes ou les parents, les aider dans leur cheminement. Ce que je fais aujourd’hui chaque jour me rend heureuse, je ne sais pas si je dois inventer autre chose (rire) ! Simplement de pouvoir continuer de travailler pour son Royaume.

Site internet de la « Fraternité bénédictine apostolique»
Acheter le CD
Reportage TF1
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Site internet de l’Année de la vie consacrée
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Commentaires

A toi la parole.

  1. Lauret says: février 27, 2015

    bonjour soeur Agathe vous avez une très très belle voix je voudrais vous posez une question si vous voulez bien me répondre
    Que signifie cette phrase Lorsque tu Me donnes une préoccupation, elle devient Mienne et J’en profite pour couper en toi d’autres attaches. Ainsi, tu deviens libre intérieurement. Merci de me répondre ma soeur Que DIEU vous bénisse et vous garde

    • Lab says: mars 14, 2015

      Bonjour, vous avez posez une question à sr Agathe mais je ne sais pas si elle fréquente ce site et répond aux questions ici,en effet l’article a été publié par « jeunescathos » .Ce n’est donc pas Sr Agathe qui l’a publié. Pour votre question vous pouvez demander à quelqu’un d’autre ^par exemple au curé de votre paroisse.Pour moi votre phrase signifie que lorsque Dieu nous donne une mission,il enlèves ce qui nous rend esclave dans notre vie,notre quotidien afin de se donner à fond dans la mission.Et ainsi ton coeur est libre, tu n’es plus esclave.Demander à celui qui a publié l’article si il est possible de rentrer en contact avec cette religieuse.

      • Sr Agathe says: mars 19, 2015

        Bonjour
        Effectivement, je ne « surfe » pas beaucoup. Mais on m’a dit de venir voir… alors me voici. La réponse que donne « Lab » va bien je trouve. Il y a plusieurs choses dans la phrase que vous donnez. Effectivement, Jésus a pris sur lui nos fardeaux, donc nos préoccupations aussi. Ce qui n’empêche pas de toujours intercéder, ou supplier ou de nous adresser à lui. De plus, tout ce qui nous « lie » intérieurement nous empêche d’aller à Dieu, et d’être libre. Le Carême est aussi un temps privilégié pour « revenir » au Seigneur de tout notre coeur et de regarder nos vies et nos attaches à Sa lumière.
        Bonne route ! et bonne montée vers Pâques.

  2. jeunescathos says: mars 19, 2015

    Merci à tous pour vos différents commentaires et à sr Agathe d’avoir pris le temps de répondre !

  3. Nicolas Joubert says: avril 7, 2016

    Bonjour Soeur Agathe , merci pour la douceur , la tendresse et l’ amour de vos albums  » Douce est la louange 1et 2  » et  » Je te cherche mon Dieu  » . Dieu Est Amour , et comme Jésus Est Dieu , je pense qu’ Il vous aime :-) Merci pour votre douceur et RESPECT pour votre foi en Jésus , Le Seul et Unique Dieu . Toute ma tendresse , Nico :-)

  4. LE ROY LE BRIS Virginie says: avril 15, 2016

    Bonjour Florence! ou Floflo car pour moi c’est FLORENCE et pas Soeur Agathe! Je suis contente de voir que tu participes à l’éducation des enfants et que tu leurs apprennes le respect des autres via ta religion. Je ne suis pas croyante, je ne crois en aucun dieu, je pense que les religions sont les prémices de la philosophie moderne… malheureusement il faut savoir lire entre les lignes et ne pas prendre pour argent content tout ce qui est écrit dans la bible! Je suis infirmière depuis 2002. En libérale, j’accompagne des personnes dans leurs quotidiens, leurs douleurs, leurs souffrances et la mort. Des prières n’arrangeraient rien! c’est mes soins ,ma présence et mon empathie qui les réconfortent. Ils finissent par faire partie de ma vie comme une deuxième famille… je ne pense pas que prier arrange les choses: il faut agir! Je te fais milles bises en souvenir de notre amitiée…
    Virginie 37 ans IRVILLAC (Finistere)

    • Sr Agathe Dutrey says: avril 15, 2016

      Ben ça alors ! Virginie !! Après plus de 25 ans, ça ne nous rajeunit pas ! ^_^
      Pour ma part, je pense que la foi sans les oeuvres ne sert à rien. Tu as raison, il ne faut pas seulement prier, mais aussi agir. Prier et agir, les deux sont tellement importants (qu’est-ce que tu veux… je suis une soeur consacrée ! ^_^ Je ne peux donc pas penser l’inverse). Visiblement, tu fais du beau travail en accompagnant toutes ces personnes. Merci pour elles ! Il est bon de pouvoir compter sur les autres et nous appuyer les uns sur les autres. Un jour, on aide, un autre jour, on aura besoin d’être aidé…
      Peut-être que l’on pourrait « discuter » autrement que sur ce blog ? Ce serait sympas. Tu peux me donner ton adresse mail en passant par notre site internet (www.fraternitebenedictine.fr) ou par FB (Fraternité Bénédictine Apostolique), si tu veux ! Je t’embrasse moi aussi… sacrée Virginie !

    • Rouch simone says: juin 11, 2016

      Bonsoir Virginie,
      J’ai écouté la voix magnifique de votre ancienne amie Florence.Vous pourriez toutes les deux être mes filles,vu votre âge.Je partage entièrement votre opinion,je ne suis pas croyante,mais ai toujours vécu à la manière Camus,avec de l’humanisme et surtout de l’action.Plus proche de nous Coluche.J’étais prof de lettres dans le public,une carrière avec une population hétérogène avec laquelle j’étais toujours dans l’action.Mes élèves et mes étudiants n’étaient pas les gentils des écoles privées,pourtant je les ai intéressés par des voyages,des expos,des discussions parfois houleuses.Comme vous,j’ai aimé les gens passionnément et me suis occupée de parents vieillissants comme une soignante.Je n’ai pas eu le temps,ni l’envie de prier,quand pépé s’etouffait ou mémé perdait la boule.Deux infirmières m’aidaient,nous sommes restées amies après le décès des parents,nous avons vécu des moments formidables,pas seulement dans les difficultés,mais aussi dans les situations parfois comiques du quotidien.Corinne et Catherine font partie de ma vie.Honneur à votre profession,et tout de même un p’tit coucou à votre copine Florence,il faut dire qu’elle a une belle voix qu’elle aurait pu utiliser differemment.

  5. Annette Léger says: avril 17, 2016

    Trés belle voix pour LOUER DIEU , Merci Seour Agathe

  6. lycee jean paul 2 says: mai 3, 2016

    Bonjour Soeur Agathe
    Vous arrive-t-il de témoigner de votre foi ?
    Viendriez vous au lycée témoigner devant nos 480 Lycéens?
    Merci

  7. Joune says: février 6, 2017

    wow ! merci sœur Agathe !
    depuis un peu plus d’1 mois je tombe sur vos musiques ca m’aide énormément dans ma vie de prière ou j’étais plonger dans un genre vide …

  8. De Almeida Helena says: avril 10, 2017

    bonjour Sr Agathe
    Je suis une mamie qui a été à l’éveil de la foi à Taverny dans le 95 pour accompagner ma petite fille de 4 ans, j’ai été saisie par la beauté un chant animé avec beaucoup de bienveillance. Comment pourrai-je avoir les paroles du chant ¨: l’Amour de Dieu est grand comme ça ?

  9. Eléonore says: mai 4, 2017

    Bonjour Sœur Agathe,
    déjà je voulais vous remercier pour ces baux cd que vous avez fait, vos chants m’aident beaucoup à prier ! Je rends grâce à Dieu pour ce don qu’il vous a donné qui le glorifie !
    Et puis je voulais vous partager une petite pensée qui me trotte dans la tête… je me disais: Que ce serait bien que des personnes loin de Dieu vous entendent chanter ! Le monde à tellement soif de Dieu sans le savoir, il est assoiffé de Sa Douceur, de son Amour, de sa Pureté, de sa Vérité ! … mais tellement de personnes n’ont jamais entendu parler de Lui, ou très mal. Alors ce que je me disais (c’est un peu fou, et bien entendu à discerner ;)!) c’est que ca serait top que vous alliez à l’émission « the voice »! qui est assez connu et qui rassemble un public souvent loin du bon Dieu. Ce serait magnifique que le Seigneur, en passant par vous et votre voix, touche des cœurs, ouvre un chemin de foi à des hommes loin de Lui ! J’y pensais parce qu’en 2014, une religieuse italienne de la congrégation des Sœurs ursulines de la Sainte Famille à participé à cette émission et a, j’en suis sure, permi au bon Dieu de toucher beaucoup de cœurs.
    Voilà, je voulais simplement vous partager cette petite idée qui m’ait venu un jour, qu’elle soit bonne ou non, que Sa volonté soit faite ! Et encore merci sœur Agathe pour vos prières et votre mission unies à tous les religieux et priants de la terre qui portent notre monde ! En udp, Eléonore

  10. Gaétane Marquis says: mai 24, 2017

    Bonjour sœur Agathe,
    Que de beaux chants et de beaux moments je vis en vous écoutant et en chantant avec vous et quelle belle énergie pour les jeunes que nous accompagnons en catéchèse. En passant, si je commande aujourd’hui la partition musicale de Goûtez et voyez, pensez-vous que je pourrais la recevoir d’ici 2 jours car j’en aurais besoin pour l’organiste pour la célébration de la Première Communion de nos jeunes RAPIDEMENT, y aurait-il un autre moyen de l’avoir plus vite. Je suis prête à payer ce qu’il faut.

    • Sr Agathe says: mai 24, 2017

      Bonjour
      Vous pouvez commander toutes les partitions que vous voulez sur le site ADF Bayard-Musique, à 1 € environ la partition, téléchargeable à l’unité. Bon achat et bonne suite de mission à vous !
      Bonne fête de l’Ascension

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