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Célibataire consacrée et contrôleur aérien !

Publié par jeunescathos le 30 mars 2015 - A la Une, Vie Consacrée, Vie de l'Eglise, Vocations

Isabelle nous partage le chemin qui l’a menée au célibat consacré.

lourdes

Lourdes

Je m’appelle Isabelle, j’ai 39 ans, je suis célibataire consacrée dans la communauté de l’Emmanuel.

J’ai grandi dans une famille du sud-ouest, tout près de Lourdes. Je crois que j’ai toujours aimé le Christ. Vers l’âge de 10 ans, je lisais l’évangile et en particulier la Passion, le soir avant de m’endormir, et je pleurais toute seule dans mon lit ; je ne comprenais pas pourquoi, lui qui était si bon, on lui avait fait si mal. Je pense que l’appel était déjà là.

Être sœur ?

Puis en grandissant, ceux de mon âge se sont mis à déserter la messe du dimanche au village. J’étais la seule jeune, au milieu d’une assemblée peu nombreuse, et plutôt âgée. Les gens disaient: « Isabelle, elle sera bonne sœur … » Pour beaucoup, une bonne sœur, c’était quelqu’un qui n’avait pas réussi à se marier, et en plus qui ne servait pas à grand-chose… Et j’ai grandi moi aussi avec ces idées-là en tête, complètement partagée.

D’un côté j’avais une soif immense de Dieu. J’aimais aller seule à la grotte de Lourdes, où j’étais très touchée par la foi des malades et la présence de Marie ; j’étais très marquée par des religieux profondément remplis de Dieu, comme le curé de mon village. D’un autre côté, j’essayais de me persuader que je ne deviendrais pas sœur : ça se traduisait par une vie étudiante festive et arrosée ou la pratique de sports inhabituels comme la haute montagne et le parapente… Cela me rassurait : je me disais qu’une bonne sœur ne faisait pas ça !

La question de la vocation

JLM_0135 (3)Cela a duré jusqu’à 24 ans. J’étais de moins en moins heureuse, de plus en plus sauvage. Un ami m’avait parlé du Forum des jeunes à Paray-le-Monial, j’y suis allée, sans trop savoir… Et là-bas, à travers le sacrement du pardon, j’ai rencontré Jésus, sa miséricorde, son Cœur qui a tellement aimé. Il est devenu quelqu’un de vivant pour moi, et j’ai trouvé la joie. Ça a changé ma vie.

J’ai compris que c’était le Christ qui me rendait heureuse, et que les chemins que j’empruntais ne correspondaient pas à ce que je désirais vraiment. J’ai commencé à aller à la messe en semaine, et à prier tous les jours.

Alors la question de la vocation est revenue. C’était là, comme une peur ; j’ai mis un an avant d’oser en parler.

A Dieu d’abord. J’ai d’abord prié ainsi : « Seigneur, tout ce que tu veux, mais je te préviens, je ne serai pas sœur, donc enlève-moi ces idées-là de la tête ». Puis j’ai compris que si c’est ce que le Seigneur me demandait, cela me rendrait plus heureuse que n’importe quoi d’autre. Alors un soir j’ai récité la prière de Charles de Foucauld « Mon Père, je m’abandonne à Toi, fais de moi ce qu’Il Te plaira ». C’est à partir de là que j’ai commencé à cheminer vers le célibat consacré, au sein de la communauté de l’Emmanuel. Je repense parfois à la joie que j’ai ressentie les premiers temps où j’ai accueilli et accepté cet appel du Seigneur. Cette joie n’a cessé de grandir par la suite. Et je me rends compte aujourd’hui que c’est le plus beau témoignage que je pouvais lui rendre

Le célibat consacré dans la Communauté de l’Emmanuel

DSC01436 (3)La Communauté de l’Emmanuel est une communauté catholique internationale reconnue par le Saint Siège comme association publique de fidèles. Elle rassemble en son sein des laïcs, dont des célibataires consacré(e)s, et des prêtres  qui se mettent ensemble à la suite du Christ et au service de la mission de l’Église.

Au sein de la Communauté de l’Emmanuel, des hommes et des femmes reçoivent donc l’appel à  se donner entièrement à Dieu dans le célibat pour le Royaume. C’est une vocation au cœur du monde. Pour ma part, je travaille comme contrôleur aérien à l’aéroport de Roissy. Je montre le ciel ! En tout cas, j’essaie autant que je le peux d’être témoin du Christ auprès de mes collègues, par ce que je peux dire, mais avant tout par ce que je suis, et par la manière dont je me comporte.

Par ailleurs, j’habite avec une autre sœur en HLM dans une cité de banlieue, un quartier dit « sensible » : la mission passe là par les activités apostoliques auprès des jeunes, ainsi que par les visites et l’attention aux plus pauvres.

Enfin, j’ai la joie d’être entourée de mes frères et sœurs de communauté, prêtres, couples, célibataires, autres consacré(e)s, de vivre avec eux une vie fraternelle au quotidien, simple et joyeuse, et de réaliser ce que Pierre Goursat, notre fondateur, aimer redire : « Il faut que ça brûle ! ».

Choisir la vie

silhouettes en haute montagnePour moi, choisir la vie, c’est décider la joie, et ça commence tous les matins par un temps de louange. Ce moment de prière communautaire m’aide à garder un cœur joyeux toute la journée, à me décentrer de moi-même pour me centrer sur Dieu, et penser aux autres. Je suis très touchée par le Saint Père qui invite régulièrement les chrétiens, et en particulier les personnes consacrées à la joie : « Je voulais vous dire un mot, et ce mot c’est la joie. Partout où il y a les consacrés, les séminaristes, les religieuses et les religieux, il y a de la joie, il y a toujours de la joie ! C’est la joie de la fraîcheur, la joie de suivre Jésus, la joie que nous donne le Saint Esprit ».

Choisir la vie, c’est, à nouveau comme nous y invite le Saint Père, revenir sans cesse à l’évangile, à la radicalité de l’évangile, ces paroles de feu : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés »… « Nul n’a de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis »…« si vous ne redevenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux», etc. Qu’est-ce que ça signifie, concrètement, dans ma vie ?

Enfin, choisir la vie, c’est cette parole de St Paul : « Je poursuis ma course pour tâcher de saisir, ayant été saisi moi-même par le Christ Jésus [] Oubliant le chemin parcouru, je vais droit de l’avant, tendu de tout mon être, et je cours vers le but, en vue du prix que Dieu nous appelle à recevoir là-haut, dans le Christ Jésus » (Ph3, 13-14). Voilà, c’est une course en montagne, une endurance, ça peut être difficile par moments, mais combien c’est exaltant ! Et puis il y a la miséricorde du Seigneur !

Haut les cœurs !

Isabelle

Site internet de la Communauté de l’Emmanuel

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Commentaires

A toi la parole.

  1. nse says: mars 30, 2015

    waouh,je ne savais qu’il existait des religieux en dehors des métiers de l’enseignement ou de la médecine! dans mon pays c’est quasi-inimaginable d’être à la fois célibataire consacrée et contrôleur aérien! chapeau Mme!

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