Skip to content

La jalousie, à travers Caïn et Abel

Publié par jeunescathos le 15 octobre 2015 - A la Une, Lire la Bible

visuel picto Découvrir la BibleQui a dit que la Bible n’était plus d’actualité ? Si on regarde les personnages de l’Écriture, on se rend compte qu’ils font tout à fait écho à ce que nous vivons aujourd’hui. Prenons Caïn et Abel par exemple : ils nous en disent beaucoup sur la question de la jalousie !

 

Genèse 4, 2 – 16

Caïn et Abel.  Art religieux éthiopien Copyright : CIRIC

Caïn et Abel. Art religieux éthiopien. Copyright : CIRIC

Adam connut Ève, sa femme; elle conçut et enfanta Caïn et elle dit : « J’ai acquis un homme grâce au Seigneur ! » Elle donna aussi le jour à Abel, frère de Caïn. Or Abel devint pasteur de petit bétail et Caïn cultivait le sol. Le temps passa et il advint que Caïn présenta des produits du sol en offrande au Seigneur, et qu’Abel, de son côté, offrit des premiers-nés de son troupeau, et même de leur graisse. Or Le Seigneur agréa Abel et son offrande. Mais il n’agréa pas Caïn et son offrande, et Caïn en fut très irrité et eut le visage abattu.

Le Seigneur dit à Caïn : « Pourquoi es-tu irrité et pourquoi ton visage est-il abattu ? Si tu es bien disposé, ne relèveras-tu pas la tête ? Mais si tu n’es pas bien disposé, le péché n’est-il pas à la porte, une bête tapie qui te convoite, pourras-tu la dominer ? »

Cependant Caïn dit à son frère Abel : « Allons dehors », et, comme ils étaient en pleine campagne, Caïn se jeta sur son frère Abel et le tua.

 

Dans cet extrait de la Genèse, les deux frères se tournent chacun vers un type d’agriculture, dont les fruits sont offerts à Dieu. Caïn devient cultivateur et Abel éleveur de bétail. Or, au moment d’offrir à Dieu les prémices de leurs produits, les premiers fruits de leur travail, survient le drame : Dieu agrée l’offrande d’Abel mais rejette celle de Caïn. Caïn est alors profondément irrité par ce qui lui apparaît comme une injustice. Dieu le met en garde en voyant sa réaction et le prévient que « le péché est tapi à [sa] porte » (Genèse 4,7). Rien n’y fait cependant, et Caïn tue son frère.

La jalousie

Copyright : Corinne MERCIER/CIRIC

Copyright : Corinne MERCIER/CIRIC

Cette terrible histoire montre l’affreuse logique de la jalousie. Dieu n’a pas rejeté Caïn mais seulement cette offrande qu’il a faite. Pourquoi a-t-il seulement accepté l’offrande d’Abel ? C’est un mystère qui appartient à Dieu seul, et il ne s’en explique pas. En revanche, quand il dit à Caïn de se reprendre, il lui montre qu’il pourra être agréé une prochaine fois, il n’est pas déconsidéré en lui-même, c’est juste son travail qui pour l’instant n’est pas satisfaisant. Caïn est jaloux d’Abel, sans chercher à comprendre ; il ne demande pas à Dieu qu’il s’explique de son choix, mais il voit que son frère reçoit quelque chose que lui n’a pas. C’est à ce moment-là que vient la jalousie : désirer ce que l’autre possède, en concevoir de la peine, et nourrir de la haine à son égard.

« Si tu agis bien, tu relèveras la tête »

Nos rapports humains sont marqués par la jalousie, comme on peut le voir dès les rapports entre les petits enfants. Nous sommes tous saisis par ce sentiment. La leçon de ce premier drame social est à comprendre dans la parole adressée par Dieu à Caïn alors qu’il voit la colère monter dans son cœur : « Si tu agis bien, tu relèveras la tête ». Nous ne pouvons rien contre la jalousie qui naît dans nos cœurs, ce « désir mimétique » (ce qui signifie le désir d’être comme l’autre) comme l’appelle le philosophe René Girard, qui nous vient hélas malgré nous. Nous pouvons cependant toujours « relever la tête », c’est à dire à la fois reprendre courage, et plus fondamentalement prendre du recul sur ce que nous possédons et ce que possèdent les autres, comme biens, comme qualités, comme talents, comme histoire. Dieu choisit et donne, comme il veut et à qui il veut. Tel est l’immense mystère de l’Élection que nous rencontrerons tout au long de l’Ancien Testament, qui crée la joie et la question sinon la peine.

La victoire sur la jalousie

Dans notre vie quotidienne, la victoire sur la jalousie se vit par le recul sur les évènements et dans le recentrement sur l’être plutôt que l’avoir. Si Caïn avait compris qu’il valait plus que son échec, il aurait vaincu le péché tapi devant sa porte. Si nous contemplons notre vie en rendant grâce pour nous et pour les autres, nous serons alors vainqueurs de notre tendance à la jalousie pour vivre en frères et non en prédateurs.

Gaultier de Chaillé - Découvrir la Bible

 

Père Gaultier de Chaillé
Ordonné prêtre en 2013 pour le diocèse de Versailles, vicaire à Notre-Dame de Versailles après avoir obtenu un master en théologie à la faculté des jésuites de Paris

 

 

Signification des noms bibliques

Les noms bibliques sont toujours chargés d’une forte signification et leur étymologie est souvent riche d’enseignements pour mieux comprendre ce que le texte cherche à nous dire. Cependant leur réelle signification est souvent plus ou moins obscure et toujours multiple, car nul n’est enfermé dans un destin par son histoire ou par son nom. Le nom « Caïn » évoque le verbe hébreu qanah qui signifie « posséder », « obtenir », ce qui explique la phrase d’Ève à sa naissance : « J’ai acquis (qanah) un homme selon le Seigneur » (Gn 4,1) ; ce nom peut aussi évoquer le verbe quwn, qui veut dire « se lamenter ». « Abel », quant à lui, évoque le mot hebel qui signifie « souffle » avec l’idée de légèreté et de douceur.

Voir aussi :
Je suis croyante mais je n’ai jamais lu la Bible, par quoi commencer ?
Blog ZeBible

Articles liés

Ces articles peuvent t'intéresser.

Commentaires

A toi la parole.

Il n'y a pas encore de commentaire.

Ajoute un commentaire

Prends la parole !