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La famille, pour moi, c’est …. #1

Publié par jeunescathos le 26 octobre 2015 - A la Une, Société

Alors que s’est achevé hier à Rome le Synode pour la famille*, Jeunes Cathos blog a demandé à des jeunes, de réalités familiales différentes, leur regard sur la famille.

Sylvain, 25 ans, est tout jeune père d’une petite fille de 2 semaines ( !). Il a grandi dans une famille de six enfants, avec une sœur d’origine malgache et un frère d’origine coréen adoptés.

Sylvain

Sylvain

Pour toi la famille, c’est quoi ?

La famille pour moi, c’est le lieu où l’on se développe dès tout petit, avec nos frères et sœurs, nos parents, pour devenir ce que l’on est et où l’on apprend la vie. A travers nos expériences familiales va se former notre vision sur le monde.

La famille, pour moi, c’est aussi le lieu où l’on peut tout se dire, sur tous les sujets, les craintes, les joies. C’est un lieu privilégié d’interaction entre frères et sœurs et parents-enfants.

Enfin, c’est le lieu de découverte de la religion catholique. Nous avons toujours eu beaucoup de débats, de discussions sur la religion en famille. La foi a ensuite grandi en chacun de nous de manière différente.

Qu’est-ce que cela a changé pour toi de grandir dans une famille nombreuse avec des frères et sœurs adoptés ?

J’ai en effet une sœur d’origine malgache (la deuxième de la fratrie) et un frère d’origine coréenne (le cinquième), moi je suis le dernier. Mais je n’ai jamais senti aucune différence entre mes frères et sœurs. J’ai découvert seulement à l’âge de six ans je crois qu’ils avaient une couleur de peau différente, qu’ils n’avaient pas les mêmes parents biologiques, etc.

Mon frère avait un an de plus que moi, nous étions très proches. Mais comme il est d’origine coréenne, les gens ne soupçonnaient pas forcément qu’on était frères, au scoutisme par exemple. Face aux autres enfants qui ne comprenaient pas ou aux adultes qui cherchaient à nous expliquer et à mettre des mots dessus, cela nous déstabilisait un peu mais nous renforçait encore plus dans le fait que nous étions frères.

Que t’a transmis ta famille, qui te porte aujourd’hui dans ta vie ?

famille sylvain Etant le dernier d’une fratrie de six enfants, je suis arrivé dans une famille où il y avait toujours beaucoup de mouvement, de vie, d’activités. C’était un univers très stimulant et dynamique, qui me porte encore aujourd’hui.

Il y a aussi l’aspect de la réflexion. En famille on a accordé beaucoup de temps pour partager, dialoguer lors des repas par exemple. Cela m’a beaucoup formé et m’a apporté pas mal d’assurance dans les situations de dialogue ou de débat, sur les questions raciales, des étrangers et des migrants par exemple. Ce sont des thèmes que nous avons beaucoup abordés dans notre enfance, sans aucun tabou, sans prendre de pincettes. On n’a pas de scrupules à dire ce qu’on pense sur des sujets qui aujourd’hui peuvent être sensibles.

Quelle est la famille que tu aimerais construire aujourd’hui ?

Pour moi, ce qui me paraît important c’est l’esprit d’équipe, donner à mes enfants l’atmosphère d’un cocon familial dans lequel on peut se permettre de parler de toute chose, où l’on se sent en sécurité, où l’on fait des choses ensemble. Où l’on se ressource. Le fait de vivre des choses ensemble et de partager les événements quotidiens que chacun vit, d’être unis, c’est ce qui me paraît essentiel.

 Voir aussi :
Autres témoignages de jeunes sur la famille
Autres témoignages sur le Synode pour la famille
Dossier Synode pour la famille sur le site Eglise Catholique
Synode pour la famille, l’Eglise en dialogue : contexte et enjeux de cette 2ème assemblée synodale

* Non personne n’a perdu et personne n’a gagné !

Réaction de soeur Nathalie Becquart aux titres de la presse à la fin du Synode pour la famille.

Alors que le Synode pour la famille s’est achevé hier, il est toujours étonnant de voir certains titres dans la presse ce matin : « Synode sur la famille : Comment le Pape a perdu sa bataille  » « Le synode s’achève sur une victoire importante du Pape François »…

Certains journalistes ont vraiment du mal à sortir d’une grille de lecture politique basée sur des critères d’opposition pour entrer dans une compréhension plus profonde d’un évènement qui est avant tout spirituel et ecclésial !

Et s’il faut déclarer un vainqueur c’est bien l’Esprit-Saint qui a soufflé et conduit les pères synodaux à rédiger et voter à un texte à la majorité requise des 2/3. Car le synode est d’abord et surtout un processus de discernement pastoral qui fait grandir la communion – ce qu’on appelle en langage technique ignatien « un discernement communautaire » = une écoute commune de l’Esprit qui passe à travers l’écoute de chacun et le dialogue… 

Les religieux qui vivent des chapitres connaissent bien ce processus et cette expérience forte, mais aussi souvent éprouvante et laborieuse quand il faut aboutir ensemble à des orientations communes, au-delà des divergences de départ.

Une expérience de discernement à plusieurs qui se déroule dans le temps, fait bouger chacun, et donne, à travers consolations et désolations, de recevoir in fine comme un fruit mur la décision à prendre, le texte à approuver… Quelque chose que vivent aussi beaucoup de groupes ecclésiaux ou conseils qui mènent cette recherche de vérité ensemble sous la conduite de l’Esprit pour prendre la meilleur décision, définir des orientations pastorales…

Peut-être pourrait-on proposer avant un prochain synode de faire expérimenter aux journalistes une telle expérience de discernement communautaire !

Soeur Nathalie Becquart

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