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« Les pauvres sont nos maîtres » : Petit à petit aux périphéries

Publié par jeunescathos le 18 décembre 2015 - A la Une, Engagements, Jeune du mois

 visuel jeune du moisTous les mois, retrouvez le portrait d’un(e) jeune catholique engagé(e). Ils nous partagent leurs combats, leurs espérances, leurs doutes, ce qui les fait avancer et comment la foi fait bouger leur quotidien.

 

Jean, 24 ans, est parti pendant un an avec deux amis de son école de commerce à travers le monde pour rencontrer des chrétiens engagés auprès des plus pauvres, dans le désir de suivre l’appel du pape François à « aller dans les périphéries ».

Ils ont participé à 4 missions d’un mois et demi sur 4 continents : au Chili avec l’association Misericordia, au Cambodge avec les sœurs du Bon Pasteur, au Bénin dans un hôpital tenu par les frères de St Jean de Dieu et en Jordanie dans le centre Notre Dame de la Paix. Un tour du monde qui ne laisse pas indifférent.

petit à petit tourAvec Quentin et Geoffroy, on s’est rencontrés il y a six ans dans la même prépa. Nous nous sommes engagés plusieurs années ensemble à Lourdes au service des malades et des handicapés. Et nous nous sommes demandés comment faire en sorte que l’élan vécu chaque année à Lourdes puisse porter plus de fruits sur le long terme.

On a alors décidé de donner une année pour Dieu pour servir les plus pauvres. On avait soif aussi de faire un voyage, et de le vivre en tant qu’étudiants, en tant que jeunes.

Le projet Petit à petit

C’est ainsi qu’est né le projet Petit à petit il y a deux ans et demi. Puis il y a eu le message du pape François d’une Eglise pauvre pour des pauvres, son appel à nous bouger, à sortir des sentiers battus. Ça a été pour nous une année de préparation intense pour trouver des communautés qui pouvaient nous accueillir, à la rencontre des exclus de nos sociétés : les délinquants (au Chili), les prostituées (au Cambodge), les malades (au Bénin), les handicapés et les réfugiés (en Jordanie) et des chrétiens qui donnent tout ce qu’ils ont pour les servir.

Démarche de pauvreté

pape-françois-petit-a-petit-tourLe but pour nous aussi, était de nous mettre nous-mêmes dans une démarche de pauvreté. On voulait se faire pauvres pour nous laisser toucher. Nous sommes partis avec très peu d’argent. Entre les missions, on baroudait 2 – 3 semaines dans les alentours, dans une démarche d’abandon et de pauvreté, en cherchant l’hospitalité…

Notre foi commune

Ce qui justifiait notre voyage, c’était notre foi commune. Aussi, cela avait du sens pour nous de commencer notre périple par Rome. Nous avons eu la chance de rencontrer le pape François à la fin d’une audience. Il nous a envoyé en mission et a béni notre cahier d’intentions de prières. Tous les soirs en effet, nous priions pour les intentions que des personnes notaient dans notre cahier. Je reste marqué par l’image du pape François, le pouce levé, semblant dire « Bravo les gars, allez-y ». Il y a eu ce bref échange où on lui a dit qu’on priait pour lui et où il nous a répondu « J’en ai besoin ».

« Les pauvres sont nos maîtres »

petit-a-petit-tour-jeanLe mot « périphérie » est complexe car il cache beaucoup de réalités très différentes. Et c’est un terme que je trouve très auto-centré (car s’il y a des périphéries, c’est qu’il y a un centre). Je le comprends plutôt comme une disposition du cœur à ne pas se renfermer sur soi mais à s’ouvrir à l’extérieur, à sortir de soi.

Je sors de cette expérience convaincu de cette phrase de saint Vincent de Paul : « Les pauvres sont nos maîtres ». A travers toutes les misères qu’on a pu rencontrer, à chaque fois j’ai pu percevoir, quelque chose d’incompréhensible, de mystérieux. Dans le regard du cœur brisé en face de toi, Dieu est présent.

J’ai notamment été marqué par la rencontre d’un gamin, Allan, dans le cadre de Miséricordia au Chili. Tous les membres de sa famille se droguent, son père est en prison. Lui aussi se drogue, Allan, il a 12 ans. Son grand frère de 17 ans s’est fait tirer dessus et est mort. Il reste le seul garçon de la famille et a en charge de tuer l’assassin de son frère.

Cela m’a marqué car j’ai aussi un petit frère. Allan était difficilement abordable. Il ne participait pas aux activités. Alors que j’avais prié pour lui, le lendemain, Allan est venu s’asseoir à notre activité bricolage. On ne s’est pas dit grand chose, on était juste là, assis, l’un à côté de l’autre. J’ai vraiment senti que j’avais Dieu à côté de moi. Je sentais dans son cœur un amour débordant qui voulait s’exprimer mais qui n’y arrivait pas.

petit à petit tourLa vie communautaire

On a tous les trois été marqués par la vie communautaire, parfois difficile. L’autre est un miroir qui nous renvoie nos défauts. La vie en communauté nous révèle nos propres ‘’périphéries’’, les choses qu’on doit améliorer en nous, les efforts qu’on doit faire. On est renvoyés en permanence vers nos propres contradictions, nos propres limites.  Quand on voit des pistes d’amélioration, cela rend profondément heureux. C’est une vraie voie vers la sainteté. Nous sommes ressortis grandis de la vie à plusieurs.

Les fruits dans ma vie quotidienne aujourd’hui

Mont-Nebo- petit-a-petit-tourCe que je garde de notre périple aujourd’hui dans ma vie quotidienne, c’est la force de la prière. Je n’en mesurais pas l’importance avant de partir mais aujourd’hui, c’est devenu un élément essentiel. Je sens à quel point la prière peut être un élan dans ma journée, un souffle qui m’habite.

Pour nous, le projet Petit à petit ne s’arrête pas là. L’année dernière, nous avons été appelés à sortir de nous-mêmes et cette année, notre désir est de témoigner, de partager avec tous ceux qui le veulent la joie dont on a pu faire l’expérience, à travers le documentaire, des conférences, etc.

Cette expérience marque pas mal le retour dans la vie étudiante en école de commerce. Je suis heureux dans ce que je fais mais c’est sûr que cela rajoute des questions, j’aimerais mettre du sens dans mon avenir professionnel.

J’ai l’impression d’avoir côtoyé des saints cette année : Romain et Rena de Misericordia, sœur Michelle, frère Florent, Mgr Salim… Quelqu’un comme Romain, ça m’interpelle : il vient du même milieu social que nous, avec un parcours étudiant chaotique au départ. Des gens comme ça, leur regard, leurs paroles, c’est ce que je veux ! S’ils ont réussi, pourquoi pas moi…


Se mettre en chemin

Au long de notre parcours, nous avons rencontré beaucoup de gens en recherche, en questionnement… Ce que j’aimerais dire aujourd’hui aux jeunes cathos c’est que l’important n’est pas de trouver les ‘bonnes’ réponses ou ‘la vérité’, mais de se mettre en chemin, de le chercher.

« La miséricorde change le monde »

A Misericordia, sur notre tee-shirt de volontaire était écrit « La miséricorde change le monde ». Dans toutes les communautés dans lesquelles on était, le mot d’ordre était d’être source de miséricorde. Cela change la vie à petite échelle : si chacun faisait de petits gestes de miséricorde dans son quotidien, le monde en serait changé.

La qualité que tu préfères chez les autres : la magnanimité, c’est-à-dire la grandeur d’âme

Ce que tu détestes par-dessus tout : du beurre dans mon pot de confiture

Tes héros dans la vie réelle : Romain et Réna, soeur Michelle, frère Florent et Mgr Sayeh

Ton verset de Bible préféré : le plus court de la Bible, lors de l’épisode de la mort de Lazare : « Jésus pleura » (Jn 11:35).

Une rencontre qui t’a touché :  celle du Pape à Rome en septembre dernier!

Ton livre phare : Anthologie de la poésie française de Pompidou

Un film qui t’a marqué : Harry Potter ; il a bercé toute mon enfance et mon adolescence

Ton meilleur souvenir : Le jour du départ de l’aventure Petit à Petit ; le jour d’arrivée

Dieu pour toi, c’est : ce n’est pas une invention, c’est une découverte

Que lui diras-tu quand tu le verras de face : Pardon et merci

Site internet Petit à petit tour

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