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Mbebe kiri ! kɛl i lam ! Idib’ă boâm ē ! In chieu lah !

Elle s’appelle Stéphanie, vient d’avoir 25 ans et vit dans le Jura. Passionnée par la nature, le cirque, le sport et le théâtre, elle est partie onze mois en mission volontaire au Cameroun, avec Ombline, une jeune Parisienne. L’association « Noé Mission Saint Jean » qui les a envoyées à Simbock, a été fondée en 2002 pour répondre à une double demande : celle de jeunes laïcs désireux de s’engager pour une mission humanitaire d’une part, et celle des Frères et Sœurs de la Communauté Saint Jean en recherche de soutien pour mener à bien leurs missions apostoliques d’autre part.

 

Mbebe kiri ! kɛl i lam ! Idib’ă boâm ē ! In chieu lah !Cameroun

« Bonjour », voilà ce que signifient ces quelques expressions. Et je pourrais en écrire des lignes, car le Cameroun compte plus de 250 ethnies et donc autant de dialectes ! Me voici donc de retour d’une année de mission passée à Simbock au Cameroun, dans un « quartier » en périphérie de Yaoundé, « la ville au 7 collines ».

Partir en mission pour se mettre au service des autres,  se laisser déranger par une autre culture, un mode de vie et des habitudes différentes. Partir en mission sur une durée déterminée, c’est accepter de mener un projet à bien avec ses qualités et ses faiblesses. Cela demande une grande implication personnelle. S’ouvrir aux autres, s’impliquer et s’intégrer dans la vie locale pour prendre le temps de connaitre les personnes, être auprès d’elles, vivre dans la simplicité en acceptant les imprévus.

 

« Quitte ton pays et ta famille, et va dans le pays que je te montrerai » Gn12, 1.

Stephanie Marchand 2Par cette parole, c’est Jésus lui-même qui nous invite à « aller voir ailleurs » pour se mettre au service des plus petits. Bien sûr pas besoin de parcourir des milliers de kilomètres !! Le « pauvre » sur cette Terre, c’est moi, c’est toi, c’est ton frère, c’est un membre de sa famille, c’est un voisin … Une année de service pour l’Eglise auprès de la Communauté Saint-Jean, une petite pierre pour construire une « civilisation de l’Amour ». Voilà le sens que l’on peut donner à la mission. Avec le soutien des Sœurs, c’est le message  que nous avons essayé de transmettre, Ombline (ma co-volontaire) et moi, aux enfants, familles du quartier. Notre mission était orientée principalement vers des activités sociales : soutien scolaire, activités de groupes pour les enfants/adolescents, catéchèse, cours dans un collège, visites aux familles, aux malades … Des activités variées, avec des publics diversifiés ! Les  enfants sont vraiment extraordinaires ! Leur contact a été une réelle source de joie, de rires et d’émerveillement. Il y a quelque chose dans leur regard que l’on devrait réapprendre, une lumière qui fait voir la vie comme une merveille. Une des choses qui m’a particulièrement touchée ici est la simplicité et la confiance dans la laquelle vit la population. Même si demain n’est pas assuré « ça va aller ! ». Dans un pays victime d’une importante corruption (le Cameroun est le deuxième pays d’Afrique touché après le Libéria) et où le tribalisme est encore bien présent, les locaux témoignent d’une solidarité les uns envers les autres d’une façon naturelle. Ils peuvent se disputer et se frapper, mais l’instant d’après, ils se serreront la main et partageront ce qu’ils ont !

 

« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » (Actes, 20 :35)

La mission est exigeante car il faut se donner tout entier et être présent pour tous. Elle est source de joies insoupçonnées, de liberté, c’est une véritable école de la vie. A chaque difficulté sa solution, à chaque peine un émerveillement plus fort ! Jean Paul II nous rappelle que « le bénévole ressent une joie qui va bien au-delà de l’action accomplie lorsqu’il parvient à donner gratuitement quelque chose de lui-même aux autres ».

Toutes ces personnes, enfants, malades dont j’ai essayé de m’occuper et qui m’ont donné sans le savoir mille fois plus que ce que j’ai essayé de leur transmettre, ces familles qui comptaient sur nous, ces sœurs qui nous ont entourées, aidées à prier, à réfléchir, à grandir, m’ont fait ouvrir les yeux sur la beauté du monde. Les relations humaines sont belles, les Hommes ne sont pas qu’égoïsme et haine comme on veut nous le faire croire. Ils sont capables d’une très grande générosité, ils sont capables d’aimer en vérité ! Nous avons besoin les uns des autres pour grandir, nous épanouir, découvrir nos multiples ressources et celles de notre culture. J’encourage les jeunes et les moins jeunes, si vous en avez l’occasion, de faire ce type d’expérience car « il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir » !

Stéphanie Marchand
Stephanie Marchand

Découvrez ci-dessous le diaporama réalisé par Stéphanie.

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Commentaires

A toi la parole.

  1. blanchais says: novembre 24, 2016

    bravo pour votre dévouement. je suis dans une ville qui à un jumelage .coopération avec un village du Burkina Faso.

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