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Le journal de Konogan #3 – Infirmier à Sokodé

Retrouvons Konogan pour un nouvel épisode du journal d’un jeune volontaire ! Le jeune infirmier breton est parti début mars pour le Togo, en mission de volontariat avec la DCC.  Il exerce à Sokodé (à 350km de Lomé, la capitale), au sein du centre médical «La Source», à vocation caritative.

La route "internationale" n°1

La route « internationale » n°1

Bonne Arrivée !!! Voici l’expression que j’ai le plus entendue à mon arrivée à Sokodé, ville de ma mission. Cette expression disant « la bienvenue parmi nous » est utilisée dès que quelqu’un arrive dans un endroit.

Sokodé est la 2ème ville du Togo en nombre d’habitants (120 000) et la grande ville de la région centrale, située à 350 km de Lomé. Pour vous donner une idée du périple pour que l’on fait pour s’y rendre, sachez que j’ai mis 6 h en grand bus pour rejoindre Sokodé en partant de Lomé : il faut prendre en compte le mauvais état de la route par endroits, les « titans » (= poids lourds) en panne ou accidentés sur la route, les arrêts de descente des passagers, les arrêts pour acheter du pain, des beignets et des poissons frits, sans compter l’arrêt « pour se soulager »…

Nous avons pourtant emprunté la route nationale, dite « internationale » n°1 qui, si elle n’a que deux voix, est goudronnée et traverse tout le pays du nord au sud. Entre nous soit dit, je n’ai pas encore eu connaissance de la route n°2… La région centrale dans laquelle je réside a une superficie de 13 317 km2  (la moitié de la région Bretagne) et connait un climat tropical semi-humide. Je suis arrivé durant la période de l’année la plus chaude, à savoir 35°-39° au milieu de la journée et avec un petit 28-30° au réveil. Il faudra attendre juin pour une chute de quelques degrés avec la saison des pluies.

Le passage du relais !             

Le mois dernier restera marqué par mon arrivée dans le centre médical « la Source ».  J’ai passé quelques jours avec Marie, infirmière volontaire (DCC) qui m’a passé le relais.

Dès le premier week-end, j’ai eu droit à un véritable marathon de visites avec Marie et Charles. Tout d’abord, j’ai participé à une fête durant toute une après-midi pour le départ de Marie avec sa chorale de la paroisse de Kpangalam. A cette occasion, j’ai été initié à mes premiers pas de danse !!! J’ai aussi goûté le tchouc (boisson locale fermentée à base de mil).  Au cours de ce même week-end, j’ai aussi rencontré les collègues de travail, et de nombreux amis de Marie et de Charles. Cela a permis que, dès mon arrivée, je sois présenté comme le « remplaçant » de Marie. De ce fait, je vais vite me construire un réseau de relations. Cependant, il me faudra du temps pour aller en profondeur dans les relations car ici, la confiance ne peut se gagner qu’au fil des rencontres et au fil des mois.

Passage de relais avec Marie, volontaire DCC en fin de mission

Passage de relais avec Marie, infirmière-volontaire de la DCC en fin de mission

Avec la Communauté du Puits de Jacob qui gère le Centre médical, nous nous connaissions déjà un peu, car j’ai passé une semaine chez eux en vivant à leur rythme. Durant cette semaine, j’ai pu découvrir davantage cette communauté nouvelle, de spiritualité ignatienne et dans la mouvance du Renouveau Charismatique. J’ai pu aussi mieux comprendre les différentes étapes de l’implantation du centre médical.

Enfin, j’ai rejoint la maison des expatriés appelée depuis peu « la Demeure Chaleureuse et Conviviale (DCC) », où séjourne depuis septembre Charles, docteur volontaire, parti également avec la Délégation Catholique pour la Coopération (DCC). Nous formons ensemble une coloc’ très fraternelle !!

L’immersion au centre médical…  

Le centre médical "La Source"

Le centre médical « La Source »


J’ai tout d’abord passé une semaine d’immersion dans les différents services du centre. J’ai commencé par le service d’accueil pour comprendre le cheminement du malade, depuis son arrivée au centre jusqu’à la consultation avec le médecin. C’est là aussi que je me suis approprié  les différentes ficelles des assurances de santé propres au Togo. Le rapport à l’argent est omniprésent ici aussi (comme à Afagnan) : le patient doit payer avant d’avoir sa consultation, ses soins (prélèvement de sang, prélèvement vaginal), ses examens (scanner, échographie, ECG, etc… ).

S’il s’agit d’urgence, les soins sont prodigués tout de suite, ce qui n’est pas le cas dans la plupart des hôpitaux du Togo. Les jours suivants, je suis allé au laboratoire d’analyses du centre, pour me familiariser avec les divers examens de biochimie et bactériologie. Ce laboratoire est un véritable pilier dans les analyses au sein de la région centrale du pays. Pour preuve, notre laboratoire peut effectuer les mêmes analyses que le Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé. Doc’ Charles me rapportait qu’il n’est pas rare que des médecins du CHU de Kara dirigent leurs patients vers notre centre médical pour y effectuer des analyses. A noter enfin que les patients peuvent effectuer de longs trajets (2-3 heures) pour se faire soigner dans le centre, ils viennent parfois de Bassar, Tchamba, ou Sotouboua, vue la qualité des soins qui y est donnée.

Par la suite, je me suis rendu en salle de prélèvements auprès des auxiliaires de soins (aide-soignants) et infirmiers pour effectuer les multiples soins comme les prises de sang ou les prélèvements vaginaux, pour faire des électrocardiogrammes ou pour aider le médecin qui fait les échographies.

La semaine suivante, j’ai travaillé dans le service d’hospitalisation, et tout de suite il a fallu me familiariser avec le dossier patient et le dossier médical ainsi qu’avec les traitements qui diffèrent de chez nous. Mais comme j’étais passé au préalable dans les services intermédiaires à la prise en charge du patient, j’ai su très vite à qui m’adresser dans le Centre quand j’avais un problème avec un patient hospitalisé (soit auprès de l’assistante sociale, de la pharmacie, de l’accueil ou du laboratoire).

Ce mois a été aussi l’occasion de faire connaissance avec l’ensemble des collègues soignants et le personnel administratif ou d’entretien. En clair, il m’a fallu très vite retenir une quarantaine de prénoms. Durant les prochains mois, il sera intéressant pour moi de prendre le temps de connaître chacun.

« Esso Bodi »[1] pour vos réactions : je suis tout ouïe pour améliorer mes futures contributions !

Konogan groupeKonogan (à droite), infirmier volontaire DCC au Togo
http://collectons.ladcc.org/projects/konogan-au-togo

[1] Merci en Kotokoli 😉

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