Articles à propos de mouvement de jeunes
« Mobiles ou déracinés ? Soyons bâtisseurs de nos choix de vie », c’est le thème retenu pour l’édition 2011 de la session des jeunes professionnels du MCC (Mouvement Chrétien des Cadres) qui se tiendra à Lille du 11 au 13 Novembre 2011.
Le point de départ est issu d’un constat : les conditions professionnelles rendent difficile un engagement à moyen terme. On se rend compte que certains travaillent dans des domaines qui exigent une grande mobilité, d’autres envisagent de partir vivre une expérience d’expatriation, d’autres encore font la navette tous les week-ends pour rejoindre un conjoint.
Heureusement, ces expériences de mobilités sont aussi l’occasion de rencontres, de découvertes d’autres modes de vie ou de culture et pour beaucoup d’enrichissement. Où se situe la frontière entre mobilité et déracinement ? Que fait-on de ces richesses si elles ne s’inscrivent pas dans la durée ? Peut-on bâtir en vue de l’avenir si l’on doit très souvent bouger professionnellement ? Prendre des responsabilités associatives, vivre un amour …. Comment s’engager au risque des mutations de notre société ?
J’ai rejoint l’équipe de préparation il y a un an. Le thème était déjà fixé maisje m’y suis tout de suite reconnue : je m’étais posé la question de partir à l’étranger après mon doctorat, puis de quitter Paris pour la province. Pour l’instant, j’ai pris la décision de rester, mais je pense aussi profiter de ces 3 jours pour prendre le temps de la réflexion. Une fois dans la vie active, il y a finalement assez peu d’occasion de prendre un moment de pause pour faire le point sur son parcours, ses choix et ses engagements. C’est d’ailleurs une des raisons qui m’ont fait rejoindre le MCC il y a 4 ans. Au-delà d’évènements nationaux qui nous rassemblent, la structure de base du mouvement est l’équipe, lieu de confiance où l’on peut échanger sur ses difficultés, ses doutes mais aussi sa foi et la façon de la vivre au quotidien. Nous nous retrouvons une fois par mois pour un moment de pause et de relecture dans un rythme souvent soutenu, un lieu ouvert sur les autres, un lieu de témoignage car ce qui est formulé à voix haute engage plus que ce qui reste non dit.
A un mois de la session, c’est l’effervescence : il reste encore beaucoup à faire mais c’est très motivant. L’équipe JP (Jeunes Professionnels) France est une petite équipe (5 correspondants JP du MCC de différentes région, un étudiant jésuite et l’aumônier national du mouvement) mais nous sommes aidés de JP lillois qui prennent en charge une part de la logistique et des participants de différentes régions ont été mobilisés pour préparer les veilles festives ou les temps de prière.
Une chose est déjà sûre : cette session sera riche ! Riche de contenu, de rencontres, d’échanges et de bonne humeur !
Armelle Bigot, équipe JP France du MCC
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Le site du MCC
La session « Mobiles ou déracinés ? » sur le site du MCC
Quitter le lycée, démarrer ses études … et imaginer son avenir ! Voilà à quoi l’on est confronté lorsqu’on s’approche de ses 20 ans. Mais, si l’on prend le temps de s’intéresser aux autres, certaines rencontres deviennent « providentielles » et nous ouvrent les yeux sur ce que l’on veut véritablement faire de notre vie. Benjamin Jolly, étudiant, témoigne de son expérience en tant qu’animateur.
Quand j’étais plus jeune, j’ai fait deux fois les Camps InterJeunes de l’Est (CIJE – www.interjeunes.info) au camp Déclic (11-13 ans) et au camp Tous Chemins (14-15 ans). Gardant de bons souvenirs de ces expériences, j’ai ensuite passé mon BAFA pour pouvoir animer ces mêmes camps. L’esprit me correspondant très bien, je n’hésite pas à y revenir chaque année pour retrouver jeunes et animateurs des années précédentes, mais aussi pour faire de nouvelles rencontres !
Échanger et partager son expérience
Ma première année en tant qu’animateur m’a permis de faire la connaissance des religieux salésiens, et plus particulièrement de Sébastien Robert (Directeur général des CIJE en 2009 et salésien de Don Bosco). Il m’a invité à participer au CampoBosco, grand rassemblement des jeunes du réseau salésien de France et de Belgique (www.campobosco.fr), à Roanne en août 2009 en me disant : « c’est génial, viens et vois ! ». Ayant apprécié ces quatre jours de fête, j’y suis naturellement retourné en 2010 ! J’ai aussi participé aux différents week-ends organisés par le mouvement salésien : des rencontres entre animateurs et grands jeunes partageant la pédagogie salésienne, des temps de formation… Des week-ends pour échanger, partager son expérience,
J’ai été et je suis encore interpellé par la pédagogie salésienne, l’engagement de cette congrégation auprès des jeunes les plus démunis. A chaque expérience avec eux, je fais de nouvelles découvertes sur moi-même, mais aussi sur les autres, ce qui m’a permis de grandir et de rendre service, de m’engager ! Cette année, pour la première fois, j’ai effectué un stage en tant que formateur.
Grandir et faire grandir les plus jeunes
Depuis quelques mois je suis aussi engagé auprès du MSJ (Mouvement Salésien des Jeunes) France Belgique-sud où j’ai pris la responsabilité de la communication. Les salésiens ayant décidé de confier au MSJ l’organisation de la route salésienne pour les JMJ, le travail ne manque pas mais c’est un vrai bonheur de participer ensemble à l’organisation d’un tel événement !
Attiré surtout par l’animation il y a deux ans je ne pensais pas que je pouvais participer à autant d’évènements, entreprendre autant de choses, faire autant de rencontres. La confiance reçue, donnée par toutes les personnes rencontrées m’a donc permis de vivre des moments uniques, de grandir et faire grandir les plus jeunes. Toutes ces rencontres, échanges, partages, joies avec les jeunes sont aussi en lien avec mon projet professionnel tourné autour du sport et de l’encadrement. Je compte donc encore continuer longtemps à m’enrichir de tous ces moments !
Benjamin Jolly, 21 ans, étudiant à l’université de Savoie en STAPS
Liens utiles
Site des Camps InterJeunes de l’Est (CIJE)
Site de CampoBosco, grand rassemblement des jeunes du réseau salésien de France et de Belgique
Désert de Namibie, photo de Patrick Giraud
La jeunesse est une période de doutes, d’interrogations, de recherche d’identité. Nombreux sont les jeunes qui se sentent seuls et désarmés par moment dans leur construction personnelle.
La solitude n’est pas qu’une affaire de personnes âgées, de mères célibataires… C’est un sentiment vécu par tous. Il n’épargne personne, pas même les jeunes. Une enquête réalisée par La Croix pour la société Saint Vincent de Paul en mai 2010, révèle que 33% des moins de 25 ans se sentent seuls et associent la solitude à une souffrance morale, un sentiment d’exclusion vis-à-vis des autres. Que l’on soit lycéen, étudiant ou jeune professionnel, certaines préoccupations sont communes comme l’importance des relations familiales, entretenir des relations amicales, ou encore être reconnu, s’intégrer dans un groupe, trouver sa manière propre d’être en lien avec les autres.
La jeunesse indépendante chrétienne (JIC) s’interroge sur cette problématique de la solitude, réalité prégnante et sentiment récurrent chez les jeunes, à travers le projet Génération SMS : Seuls Mais Sociables. Le mouvement veut leur permettre de se responsabiliser, de comprendre leurs besoins, d’apporter leurs propres réponses et de discerner des actions possibles.
Depuis janvier 2011, la JIC a organisé plusieurs forums pour donner la parole aux jeunes lors d’ateliers-débats autours de la mobilité géographique, la solitude pour se retrouver face aux choix et aux responsabilités, l’impact des moyens de communication sur les relations…
Paroles de jeunes
Pour certains collégiens et lycéens, la solitude est source d’angoisse même si parfois ces moments sont nécessaires pour eux. Les amitiés restent sans conteste la chose la plus importante. Dès le début, les jeunes sont tout à fait conscients des limites des réseaux sociaux. Cependant ces moyens de communication permettent de créer des liens, même si la relation face à face reste la plus adaptée et souhaitée. « Internet : cela gène plutôt les vraies rencontres » (Josselin, 17 ans).
Pour les étudiants et les jeunes professionnels, les difficultés de la gestion du temps, des priorités, des choix de vie à faire sont des réalités de la vie quotidienne. Être entouré dans la réflexion, c’est bien, mais au final on est seul face à la prise de décisions, de responsabilités : « J’ai besoin d’être rassuré dans mes choix ».
La mobilité que peuvent connaître de nombreux jeunes provoque des difficultés pour créer du lien social. C’est à ce moment-là que les réseaux sociaux interviennent.
La solitude choisie pour se ressourcer, faire le point et prendre du recul sur sa vie est pertinente à tout âge. Quant à la solitude subie du célibat, de l’éloignement, il y a danger si les émotions ne sont pas maitrisées puisque cela peut mener au désespoir…
Le couple est une autre question : être seul à deux ? Oui cela existe ! D’où l’importance de garder du lien avec les amis.
En somme et pour conclure, à tout âge, le besoin d’un vrai lien avec l’entourage est vital pour faire face à la peur de la solitude.
Aurélia Corral, chargée de mission du projet GENERATION SMS à la Jeunesse Indépendante Chrétienne.
Liens utiles
Le site de la JIC
Le site de Génération SMS : Seuls mais Sociables
La page Facebook de Génération SMS : Seuls Mais Sociables
Les questionnaires sur la solitude de la JIC :
Le questionnaire pour les lycéens
Le questionnaire pour les étudiants
Le questionnaire pour les jeunes professionnels
Pour aller plus loin :
Mobilisation contre la solitude, sur le site Eglise catholique
Du 8 au 10 juillet 2011, le mouvement rural de jeunesse chrétienne (MRJC) organise son « Festival des boussoles » à Argenton-sur-Creuse (Indre). 2 000 jeunes et de nombreux acteurs de la vie publique se rencontreront autour du Forum Social de la mobilité, pour se rencontrer, débattre et expérimenter. A cette occasion, Thomas évoque ces questions de mobilité et de vie en monde rural pour la jeunesse.
Je m’appelle Thomas. Depuis que je suis né, il y a 19 ans, j’ai vécu à Rablay sur Layon, petit village viticole du Maine et Loire. Autant dire que la ruralité, je ne l’ai pas choisie, mais il est clair que je la vis. Plutôt bien, d’ailleurs. Lorsqu’on est jeune, on est dans une période où être mobile est primordial pour tracer sa route comme on le souhaite (pour faire ses études, chercher des premiers jobs…). Le monde rural est alors souvent vu comme un frein à cette quête d’un maximum de mobilité, comme s’il était déconnecté d’un monde plus réel ou actuel que serait celui de la ville. La campagne jouissant d’une moins grande diversité d’activités, de moyens de transports, de médias…
Pourtant, je n’ai pas le sentiment que vivre en monde rural soit un obstacle pour réaliser les déplacements que je souhaite, les activités qui m’intéressent ou pour rester en contact avec le monde qui m’entoure. Il faut savoir être autonome, se donner les moyens d’accéder à la mobilité. C’est également vrai pour l’accès à l’information et aux nouveaux médias dont le jeune est à même de se saisir. Pour ma part, j’ai toujours su satisfaire mon désir et besoin de mobilité entre cars, trains, vélo, covoiturage, stop…
Le monde rural offre une plus grande maîtrise de sa mobilité
De plus en plus, je me rends compte en côtoyant régulièrement la ville que le monde rural a un atout considérable. Là où en ville, la mobilité, les transports, la communication, la rapidité d’exécution ne sont plus des choix mais un fait, le monde rural offre une plus grande maîtrise de sa mobilité parce que celle ci n’en est pas le moteur premier. Il s’appuie sur une Histoire et une culture importante, sur de la durée, des relations fortes. Aujourd’hui, le monde rural ne va pas plus vite que le temps or lui seul nous permet d’être, un instant si on le souhaite, immobiles. En ce sens, le monde rural est bien un monde du possible pour la jeunesse. Je crois que j’ai compris cela et que j’essaie de plus en plus d’agir dans ce milieu et pour ce milieu. Faire en sorte d’y accroître le dynamisme, l’action, le contact humain, la diversité tout en en préservant la singularité de cet espace de liberté. En tant que jeune, je ne trouve pas plus noble engagement.
Les 8, 9 et 10 juillet 2011 à Argenton sur Creuse (36), le Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne, dont je fais partie, prouve que le monde rural est en action. Le Festival des Boussoles va rassembler 2 000 jeunes ruraux venus de toute la France pour trois jours placés sous le signe de la mobilité, entre débats, forum, jeux, actions géantes, concerts… L’occasion d’échanger, de partager, de questionner, d’expliquer, d’imaginer la mobilité. J’y serai !
Thomas Cesbron, jeune en équipe MRJC en Maine et Loire, participant au Festival des Boussoles.
Pour aller plus loin :
Le programme du Festival des Boussoles
Les jeunes ruraux se bougent, sur le portail Eglise catholique
Liens utiles :
Le site du MRJC
Le Festival des Boussoles sur Facebook
A l’occasion des 25 ans de l’association Chrétiens en Grande Ecole, fêtés ce week-end, Elsa Magnier, secrétaire du Bureau National en 2009-2010, nous explique ce que cette expérience lui a apporté.
Rencontre Nationale de CGE à Cergy
CGE, mais qu’est-ce donc ? Il s’agit d’une association, Chrétiens en Grande Ecole, qui rassemble les aumôneries d’étudiants dans les écoles de commerce et d’ingénieurs. C’est donc un réseau de 3000 étudiants à fédérer, et une mythique Rencontre Nationale à organiser chaque année, dans l’une des communautés chrétiennes du réseau. Pour coordonner tout ce petit monde, un Bureau National est appelé chaque année. Il est composé d’un aumônier et de 4 ou 5 étudiants. Il y a également un délégué dans les villes qui regroupent plusieurs communautés chrétiennes. Ces dernières, souvent présentes au sein même des écoles, sont elles-mêmes encadrées par des bureaux d’étudiants et d’aumôniers.
Mais pourquoi est-ce que je vous parle de cette association ? J’ai eu l’occasion d’être responsable du logement de 600 étudiants, dans 200 familles, lors de la Rencontre Nationale de Cergy en 2009, sur le thème « Le christianisme, produit culturel ou créateur de cultures ? ». Puis, j’ai été secrétaire du Bureau National en 2009-2010.
Une aventure à la fois humaine et professionnalisante
Quelle expérience que d’avoir la responsabilité du logement de tant de personnes ! Mais quelle joie aussi de découvrir la force d’une équipe bien rôdée et bien menée. Préparer les supports de communication, recevoir les appels des familles qui se proposent d’accueillir quelques étudiants, puis organiser sur place la répartition des étudiants dans les familles. C’était parti pour une aventure à la fois humaine et professionnalisante.
Humaine car ce fut une belle occasion de découvrir la joie du service malgré le prix de la fatigue et d’un investissement considérable. Professionnalisante car participer à l’organisation d’un événement, où 1000 étudiants sont entièrement pris en charge le temps d’un week-end, nécessite une parfaite coordination et une préparation minutieuse autant en amont que le jour J.
La mission au sein du Bureau National fût aussi mémorable. La préparation de la Rencontre Nationale de Toulouse en 2010 ne consistait plus en la logistique mais en la recherche d’intervenants et d’activités, de témoignages, sur le thème « Le Corps est le Temple de l’Esprit, 1 Co 6, 19». Encore des heures de réunion, de discussion ou de négociation, de longs voyages en train, en voiture, en camionnette, des centaines de coups de fil, des milliers de mails, … et des millions de fous rires !
Des moments de rencontre, de partage, de célébration et de fête
Et la mission ne s’arrêtait pas après ce week-end de Rencontre Nationale. En effet, le séisme du 12 janvier 2010 en Haïti avait été meurtrier et CGE souhaitait en profiter pour marquer son soutien aux étudiants de Port-au-Prince. Je suis donc partie pour dix jours de mission en Haïti, afin d’initier des projets entre des étudiants français et haïtiens. Les étudiants rencontrés ne manquaient pas d’idée pour aider leur pays chéri : projets de construction de maisons antisismiques, d’accompagnement psychologique, de mise en ligne de cours universitaires. Pendant ces dix jours, les rencontres furent nombreuses : avec des étudiants, des sinistrés, des dirigeants d’établissements du supérieur… J’ai ainsi pu être l’invitée de l’émission de la Pastorale Universitaire sur Radio Soleil, dont le studio d’enregistrement avait été installé dans une vieille voiture à la suite du séisme qui avait écrasé le local (cf. photo).
Bref, CGE m’a permis de m’investir pendant ma vie étudiante dans un mouvement d’Eglise. Quelle chance que de pouvoir chercher avec d’autres en quoi la Bible nous parle aujourd’hui. Quelle joie que de pouvoir permettre à d’autres étudiants de vivre des moments de rencontre, de partage, de réflexion, de prière, de célébration et de fête. Quelle expérience aussi que d’être impliquée dans une association d’une telle ampleur avec des événements rassemblant des centaines de participants. Une expérience de vie marquante et enrichissante !
Elsa Magnier, 23 ans, Consultante en Financement de l’Innovation après une école d’ingénieurs en électronique, l’ENSEA (Cergy).
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