Articles à propos de ordination
Ordonné pour le diocèse d’Angers le 19 Juin 2011, Pierre-Étienne évoque ses débuts en tant que prêtre.
Voilà, quelques jours après mon ordination, me voilà un autre homme.
Enfin, pas vraiment, toujours le même et quand même différent ! Le même qui a du mal à se réveiller, le même qui n’aime pas trop les gâteaux et le même qui est toujours aussi dépendant du café. Mais je suis aussi différent. Différence exprimée par le regard et les attentes de mon entourage : ce sont eux qui, en quelque sorte, me constituent comme prêtre !
Une réelle expérience d’Église
La célébration de mon ordination est et restera un moment fort de mon existence. Moment où on s’abandonne réellement a la liturgie de toute l’Église rassemblée. Moment où on fait aussi une réelle expérience d’Église avec tous ces chrétiens qui ont fait un bout de route avec moi. Et, dès mon enfance, mon instit, des jeunes rencontrés dans les mouvements, en camp, en pélé, en école de prière… et aussi tous ces prêtres qui m’accueillent comme l’un des leurs…
Le moment le plus intense fut sans doute celui-ci :
Une jeune femme vient me trouver après l’ordination : « Tu te rappelles de moi ? ».
Il s’agissait de Sineth, une cambodgienne qui venait en vacances chez moi quand nous avions 10 ans dans le cadre de l’opération « vacances pour tous » du secours catholique. Elle me dit : « ça fait quelque temps que je pense à votre famille, et je voulais vous revoir. La semaine dernière, avec mon ami nous étions à Nevers, et nous avons visité le tombeau de Bernadette Soubirous. Sur la route du retour, nous avons vu une grande Église. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai eu envie d’y rentrer. Celle-ci s’appelait : Saint Mathurin (qui est le nom de mon village). Je me suis dit, ce n’est pas possible, il y a trop de signe, il faut que je reprenne contact avec eux ! Du coup, j’ai recherché sur internet, j’ai vu que ton ordination était ce dimanche. Je n’avais pas moyen de te joindre mais je me suis risquée à venir depuis Trappes ».
Waouh !
Si ça ce n’est pas un clin d’œil de l’Esprit et un fruit de la grâce de mon ordination… !
Après ce temps « hors du temps »…
Pour moi ce fut une grande joie que cet événement d’Église rejoigne tout le monde, et fasse écho même à des non chrétiens !
Puis après ce temps « hors du temps » de l’ordination vient la réalité de mon ministère, avec ses premières messes entre autre.
C’est incroyable, j’ai l’impression de ne plus rien connaître : qu’est ce qu’on dit maintenant ? Où je trouve ça ?… Alors que depuis l’assemblée, je crois que je pourrais dire toute la messe par cœur. C’est sûr ! Depuis le temps !
Pour moi c’est aussi une grâce de vivre ces incertitudes des débuts. Ces balbutiements me rappellent qu’il s’agit d’abord de la messe du peuple de Dieu, qu’elle appartient au peuple rassemblé qui célèbre son Christ ressuscité !
Pierre-Etienne Grislin, une année après mon ordination diaconale et un début de ministère au service de la paroisse d’un quartier d’Angers, j’ai été ordonné prêtre pour le diocèse d’Angers, le 19 Juin 2011.
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Homélie de Mgr Delmas, évêque d’Angers
Ordonné le 26 juin à Pontoise, Nicolas a relu son parcours et sa formation pour le site diocésain.
À partir de ma confirmation, j’ai compris que la foi chrétienne était “sérieuse” et surtout “logique”. Après le bac, grâce à mon engagement comme chef dans le scoutisme, j’ai participé aux JMJ 2002 à Toronto. Ce fut une expérience déterminante d’Eglise : catholique et diocésaine. Les catéchèses, la bonne ambiance, les prêtres, les jeunes, Mgr Renaudin… J’ai alors décidé d’aller à la messe tous les dimanches – ce qui n’était pas le cas précédemment – car j’avais compris que les lectures de la Parole de Dieu étaient une nourriture pour ma vie. Plus j’allais à la messe, plus je ressentais que je ne savais pas prier seul. J’ai donc participé à l’année Samuel dans le diocèse.Au cours de cette année, la prière personnelle m’a conduit à découvrir l’Eucharistie, qui m’a transporté jusqu’en propédeutique.
Une formation très complète
Les 6 années au séminaire Saint-Sulpice ont été très denses, de grande qualité: une formation très complète, humaine, spirituelle, intellectuelle et pastorale. Mon état intérieur ? Un bon état d’esprit ! C’est la fin d’un cycle de préparation: 6 ans, cela apparaît comme long, mais c’est en fait très court et plus que nécessaire! La préparation matérielle permet aussi de se préparer plus spirituellement à l’ordination. Donc confiance et joie à l’approche! Comme prêtre, j’espère être un homme de prière conduisant hommes et femmes de notre temps, de notre diocèse, à Dieu! J’espère agir dans trois domaines: rassembler des communautés vraiment chrétiennes; conduire et former à l’intériorité, à la relation d’amitié avec Jésus-Christ ; et enfin permettre à chacun – et en premier à moi-même – de rendre compte de l’espérance qui est en nous (1P 3,15) : comprendre et savoir dire notre foi de manière cohérente et intelligible à nos contemporains.
Nicolas Joli, diocèse de Pontoise (témoignage issu du site du diocèse de Pontoise)
Pour aller plus loin :
Témoignages des 4 prêtres ordonnés le dimanche 26 juin à Pontoise
Ils sont prêtres pour notre diocèse ! sur le site du diocèse de Pontoise
La joie des ordinations, sur le blog jeune du diocèse de Pontoise
Liens utiles :
Site du diocèse de Pontoise
La page Facebook Prêtre et pourquoi pas moi ?
Le 15 mai, journée internationale de prière pour les vocations, nous étions tous invités à prier pour l’éclosion des vocations pour l’Eglise. Pour cette journée, Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes revient sur sa vocation.
Chaque jour, je demande dans ma prière la joie qui vient de Dieu. Pour vivre et ne pas être entraîné dans le non-sens et la tristesse, Dieu est mon seul appui, celui qui est ma force et mon salut. C’est d’ailleurs la prière de chaque chrétien : « Dieu, viens à mon aide ! Seigneur, à notre secours ! »
Quand j’ai répondu à l’âge de 10 ans à l’appel à devenir prêtre, c’était, et c’est toujours aujourd’hui, un impérieux besoin de vivre et de vivre avec et pour les autres à cause de l’amour de Dieu. Dieu m’aime infiniment et je peux engager ma liberté à le faire connaître et aimer. C’est surtout cela à mes yeux être prêtre.
Je dois préciser qu’il est impossible de se donner à soi-même cette mission. Nous la recevons de Dieu par l’imposition des mains de l’évêque le jour de notre ordination sacerdotale. Ce jour-là, je découvre que je n’ai pas du tout à m’enorgueillir d’être prêtre, parce que j’y suis entièrement appelé par un autre qui n’est pas moi. Le Christ me saisit pour faire de moi, avec et pour l’Eglise, un porteur d’eau, vivant pour que les autres soient désaltérés par l’évangile.
Je pense que les hommes et les femmes, les jeunes, les enfants, les personnes âgées, ont soif du vrai bonheur que Dieu donne, et qu’il est important que certains soient des apporteurs de la joie de Dieu, surtout dans les sacrements de l’Eglise. Quand nous sommes réunis pour célébrer l’Eucharistie, nous devenons ensemble les témoins de la joie de Dieu. Le Christ nous prend avec lui pour être donnés à Dieu et aux autres dans un même amour.
Cela fait maintenant un peu plus de dix ans que j’ai été choisi pour être évêque, ce qui approfondit encore un peu plus en moi et j’espère aussi chez ceux vers qui je suis envoyé, le bonheur de connaître à quel point Dieu nous arrache à la mort et nous donne sa vie.
Quand je réfléchis un peu à ces 27 années qui se sont écoulées depuis le jour où j’ai été fait prêtre avec d’autres dans l’Eglise qui est à Marseille, et puis ensuite envoyé pour être évêque, je pense que cela a été possible par la seule grâce de Dieu qui a toujours été là pour que je ne m’égare pas dans des impasses.
Mais cette grâce de Dieu m’a été donnée à travers les autres. Et là, je pourrais écrire une très longue liste de gens ! Je citerais simplement mon propre père, et encore ma marraine, et puis aussi un prêtre ami qui m’a accompagné pendant mon enfance et mon adolescence, et puis bien sûr mon évêque à Marseille qui a été un relais certain de la grâce de Dieu. Je citerais aussi de nombreux jeunes qui m’ont fait confiance et auprès de qui j’ai toujours voulu écouter l’évangile de l’espérance et de la joie.
Dans le fond, réfléchir à ma vocation d’évêque et de prêtre, c’est reconnaître qu’elle vient entièrement de Dieu, pour que je sois seulement un serviteur de sa joie auprès des autres dans le monde.
Mgr Benoît Rivière, évêque d’Autun et président du Conseil pour la pastorale des enfants et des jeunes (photo © Peter Potrowl)
Dimanche 15 mai, ce sera la Journée mondiale de prière pour les vocations. A cette occasion, François, jeune séminariste du diocèse de Cambrai, nous dit quelques mots sur sa vocation. Il sera ordonné diacre en vue du ministère presbytéral dimanche 26 juin, pour la fête de Saint-Pierre et Paul.
« Être jeune et se préparer à devenir prêtre c’est possible ! ! ! Alors pourquoi pas moi ? »
Voici la réflexion que je me suis faite il y a maintenant presque 10 ans… J’avais 17 ans, je participais à un pèlerinage à Vézelay avec les scouts et j’ai rencontré pour la première fois des séminaristes.
A cette époque, je me posais beaucoup de questions sur mon avenir, je connaissais des jeunes prêtres, mais après avoir rencontré ces séminaristes je me suis dit : « Etre jeune et se préparer à devenir prêtre c’est possible ! Alors pourquoi pas moi ? » Cette nouvelle direction s’ouvrait devant moi dans la recherche de mon avenir. C’était donc désormais dans la prière que je posais ces choix de vie.
Accompagné spirituellement par un prêtre, j’approfondissais ma relation au Seigneur. La phrase du Christ « Je vous appelle mes amis » (Jn15,15) devenait de plus en plus concrète pour moi… et la question « prêtre pourquoi pas moi ? » me donnait de plus en plus de joie (bien entendu avec des hauts et des bas… ;-) )
Aujourd’hui, je me prépare à être ordonné diacre en vue du sacerdoce (le 26 juin) et c’est toujours cette joie qui m’anime : celle de me donner entièrement au Christ pour le service de son Église.
Pour conclure, je vous confie cette citation du Bienheureux Jean Paul II :
« L’histoire de toute vocation sacerdotale comme de toute vocation chrétienne est l’histoire d’un ineffable dialogue entre Dieu et l’homme, entre l’amour de Dieu qui appelle et la liberté de l’homme qui, dans l’amour, répond à Dieu. »
François Triquet, séminariste du diocèse de Cambrai.
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