Carême et Pâques 2012
Mgr Denis Moutel nous propose une catéchèse pour le dimanche de Pâques.
Cette nuit et ce saint jour de Pâques, dans les églises du monde entier, c’est le cœur de notre foi chrétienne qui est annoncé, proclamé, chanté : « Christ est ressuscité ! et vous aussi, vous êtes ressuscités avec le Christ ».
C’est une joie de l’annoncer parce que souvent ce n’est pas cela que l’on demande aux chrétiens, dans la vie de tous les jours.
On leur demande d’être des gens corrects, honnêtes, solidaires, et c’est bien ! Mais ils ne le sont pas toujours … On leur demande d’agir efficacement sur tous les problèmes du monde et de réduire toutes les souffrances, mais ils sont aux prises avec les mêmes épreuves, engagés sur les mêmes chantiers que tout le monde. On leur demande de donner ce qu’ils n’ont pas !
Lorsque des chrétiens sont invités sur un plateau de télévision, on leur demande d’avoir un avis sur tout, on les questionne sur les comportements, la vie morale … mais la curiosité se porte rarement sur la seule chose essentielle qu’ils peuvent finalement communiquer : Christ a assumé même notre mort, il ne l’a pas contourné, il y est entré … il est vivant ressuscité et il nous communique cette vie nouvelle.
C’est cela qu’atteste la liturgie de Pâques. Tous les signes offerts nous disent la présence du Christ ressuscité.
D’abord il y a des chrétiens … On peut mettre en doutela Résurrection du Christ. On ne peut pas raisonnablement méconnaître que des chrétiens s’assemblent, encore aujourd’hui, à cause de Jésus. On ne peut pas ignorer non plus que 3.000 catéchumènes adultes auront reçu le baptême dans cette nuit de Pâques. Laissons parler les signes qui les conduisent pas à pas vers le Christ, « premier né d’entre les morts ».
Le feu nouveau, la lumière du Christ… c’est le jaillissement de la vie nouvelle, au cœur de la nuit. C‘est le signe que les ténèbres, les obscurités de nos vies seront dissipées un jour … et c’est déjà commencé ! Ce pardon que je ne peux pas encore donner, ces échecs d’une vie un peu en désordre, cette lassitude ou cette souffrance qui peut accabler, tout cela, c’est mon histoire ce sont mes blessures et c’est la mort qui est à l’œuvre, mais c’est là que le Christ est passé, c’est là qu’il se tient, sur la croix et dans sa mort pour allumer le feu de son amour. Il vient illuminer cette part de notre histoire qui attend encore la lumière. Il nous communique sa vie et son amour pour que, avec lui, nous puissions mener une vie nouvelle.
La Parole de Dieu … C’est aussi la présence de Jésus ressuscité. Il nous explique les Ecritures. Par les grands récits de la création et de la libération d’Egypte, par les prophètes, dans l’Evangile, nous comprenons que depuis toujours Dieu nous aime et nous attend. Il a fait alliance avec l’homme. Il n’attend pas de nous la soumission des esclaves, mais une vie libérée de nos chaînes. Et nous voyons alors que notre vie est une traversée, un passage avec le Christ, qu’elle a un sens … que l’amour et la vie auront le dernier mot.
L’eau baptismale … A Pâques nous proclamons la foi de notre baptême. Le baptême est le sacrement par lequel nous avons été unis au Christ pour toujours : en Lui nous sommes vraiment les enfants bien-aimés du Père. Quand je baptise un petit enfant, je prie pour lui avec toute l’assemblée et je lui dis, en mon cœur : « toi, quelque soient les événements de ta vie, même si tu connais les épreuves ou la méchanceté des hommes, tu ne seras jamais perdu car tu es membre du Christ, tu es uni à Lui pour toujours.
L’Eucharistie … c’est le repas de l’amour de Dieu offert, c’est la nourriture qui nous renouvelle dans la vie avec le Christ. C’est l’invitation régulière à mettre, nous aussi, notre vie sous le signe du don et du partage. C’est cela qui a de l’avenir. L’Eucharistie est la source et le somme de la vie chrétienne, un sacrement pour des croyants en chemin, qui ne sont pas parfaits, qui ne sont pas arrivés … mais qui avancent en pèlerins à la suite du Christ.
Oui, aimons l’Eglise et, dans l’Eglise, prenons soin de nos assemblées, prenons soin du feu, de la Paroleentendue, de l’eau baptismale et de l’Eucharistie. Christ est ressuscité ! nous en sommes témoins.
+ Denis MOUTEL évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, président du conseil pour la pastorale des jeunes et des enfants.
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Pour le Dimanche des Rameaux, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, nous propose une catéchèse sur l’évangile du jour.
La semaine sainte s’ouvre par l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. De partout, la foule loue et acclame Dieu, reconnaissant en Jésus son envoyé et le fils de David promu roi. Cette foule n’est pas hystérique comme tant de foules conditionnées par l’ambiance. Elle avait raison de fêter Jésus. L’évangile nous dit qu’elle lui était reconnaissante des miracles qu’elle avait vus. (Lc 19, 37)
Et pourtant c’est la même foule, nous dit l’évangile de ce dimanche, qui conspuera Jésus jusqu’à le laisser choir. Les « Hosanna » vont devenir « à bas ! ». Les « béni sois-tu » vont se transformer en « crucifie-le ! », les « vive Jésus » vont se transformer en « à mort ! » La foule est versatile. Elle passe de l’adulation passionnée à la détestation frénétique. Jésus ne l’ignore pas. Il n’est pas dupe devant le concert de louange qui monte vers Lui au jour des Rameaux. Il n’est pas monté à Jérusalem pour cet éphémère triomphe humain, mais, il l’a annoncé plusieurs fois à ses disciples, pour réaliser son œuvre de rédemption par la Croix : « la gloire, je ne la tiens pas des hommes…, mais du Dieu unique ». (Jn 5, 43-43)
Le jour des Rameaux nous rappelle que les gloires humaines ne sont que des glorioles éphémères et ambigües. Qui, dans sa vie, n’a pas rencontré la désillusion après un succès qui l’avait flatté ?
Le Christ est l’un de nous dans la souffrance communePar pur amour, Jésus a affronté la souffrance des autres au point d’en être lui-même affecté. Il s’est fait solidaire de nos détresses. Un tableau célèbre de Bruegel l’Ancien (16ème siècle) « le portement de croix », représente un immense bouquet de fleurs, chaque fleur évoquant un aspect des malheurs humains : une femme portant son fils inerte dans ses bras, un condamné à mort, … tout un inventaire des peines des hommes. Or, parmi tous ces médaillons, perdu dans la masse, il y a Jésus portant sa croix. Le peintre avait compris que désormais, le Christ est l’un de nous dans la souffrance commune. Ce faisant, il a brisé la solitude de notre malheur. Désormais, tout homme qui a faim, qui est malade, exclu, désespéré ou sans abri, est le visage du Fils l’homme (Mt 25) Ainsi, le Christ est allé le plus loin possible, pour être avec nous, quand nous, nous ne sommes même plus avec nous-mêmes.
La foi nous prémunit contre le désespoirAussi longtemps qu’un homme s’éloignera de la croix de Jésus-Christ, il ne trouvera aucune réponse humaine à la question de sa souffrance. Il n’aura jamais le réponse exhaustive à ce mystère. Jésus, lui, a voulu se rendre présent au non-sens de l’épreuve, qu’elle soit physique, morale ou spirituelle.
L’évangile de ce jour nous montre l’Innocent, condamné par ceux qu’il était venu sauver et qui, jamais, ne désespèrera de l’amour de son Père silencieux, en qui il remettra avec confiance sa vie jusqu’à son dernier souffle. Jésus a voulu se servir de la souffrance humaine pour nous montrer la plénitude de son amour (cf Rm 8, 35-39). La souffrance n’est pas faite pour être expliquée mais pour être combattue par la foi. Celle-ci nous rend lucide sur la condition humaine, nous prémunit contre le désespoir, et nous assure que toute épreuve et que la mort elle-même, seront définitivement vaincues dans le royaume du Christ ressuscité, où « Dieu essuiera toute larme de nos yeux. » (Ap 21,4)
+ Dominique Rey
Evêque de Fréjus – Toulon
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Les lectures du dimanche 1er avril Le dossier Carême sur Jeunes Cathos Blog
Pour le 5e Dimanche de carême, Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, nous propose une catéchèse sur l’évangile du jour : la fête de Pâques à Jérusalem.
L’évangile de ce cinquième dimanche de Carême nous fait vivre un moment clé pour Jésus. C’est le temps de la fête de Pâques à Jérusalem. Tandis que ses ennemis se durcissent et entendent le tuer avec Lazare, Jésus vient de vivre une entrée triomphale en ville dans l’incompréhension totale de ses disciples. La proximité de la fête se colore de la proximité de la mort de Jésus qu’il annonce sans cesse et que ses adversaires fomentent.
Or voici qu’arrivent des Grecs. Ces païens sont des craignant-Dieu puisqu’ils viennent « adorer Dieu durant la Pâque ». Ils veulent voir Jésus et pour cela s’adressent à Philippe et à André, peut-être parce que ces bons Galiléens ont des noms grecs. Leur démarche nous fait parcourir à l’envers la démarche des premiers disciples (Jn 2,40 ; 43) André était venu à Jésus et avait répondu à son invitation : « Venez et voyez » (2, 39) et Philippe avait croisé Jésus sur la route de Galilée et appelé par Jésus (2,43) il avait lui-même été chercher Nathanaël (2,45). On ne rencontre Jésus qu’à travers la médiation des rencontres humaines.
Un appel à suivre JésusJésus entend et comprend que « l’heure est venue ». Ces hommes venus « adorer Dieu » viennent à lui qui dira bientôt « qui m’a vu a vu le Père » (14,9). Et Jésus comprend que le temps de l’ouverture du Royaume aux païens est arrivé. « Voyant que par la mort de sa chair à lui, la mort de tous sera expulsée, la corruption annulée, la nature de l’homme transformée pour une nouveauté de vie » (St Cyrille d’Alexandrie), il regarde alors l’heure qui s’ouvre pour lui. Il en éprouve un profond bouleversement (ici Jean évoque ce qui dans les synoptiques est l’agonie de Gethsémani) mais il y reconnaît sa vocation et s’en remet totalement au Père sûr qu’il en recevra la fécondité du grain tombé en terre qui, seul et mourant, porte beaucoup de fruits.
Cette lecture est aussi un appel pour nous. Un appel à suivre Jésus, confiant que lui seul peut sauver notre vie et que le suivre c’est être avec lui qui est désormais dans la gloire du Père. C’est une vocation pour les appelés qui vivent leur troisième scrutin avant leur initiation pascale. C’est un appel sur nos choix de vie, certains appels de l’Eglise (à être prêtre, diacre, à rejoindre la vie consacrée) peuvent nous bouleverser. Aujourd’hui Jésus nous dit qu’ils sont chemins de bonheur avec Dieu. C’est un appel à toute notre Eglise à manifester celui qui « élevé de terre » veut attirer « tous les hommes à lui » car aujourd’hui, devant les « Grecs » de ce temps qui veulent adorer Dieu et voir Jésus, elle est la visibilité des bras ouverts du Christ.
+ Alain PLANET, évêque de Carcassonne
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Les lectures du dimanche 25 mars Le dossier Carême sur Jeunes Cathos Blog
Nous voici déjà parvenus à la moitié de notre Carême. Et il est peut-être bon de jeter un coup d’oeil sur le chemin parcouru pour voir où nous en sommes.
Dans le 1° dimanche, l’Eglise nous a présenté Jésus comme le nouvel Adam, l’homme nouveau tenté au désert pour nous fortifier dans nos épreuves. Puis le 2° dimanche nous a fait découvrir Jésus Fils de Dieu, transfiguré. Ces deux aspects furent réunis dans le 3° dimanche : Jésus, homme et Dieu, est donc le nouveau Temple ; il est le lieu de la présence de Dieu parmi les hommes.
Aujourd’hui, nous passons à la conséquences de tout cela. Ce 4° dimanche de Carême nous désigne Jésus homme, Dieu et Temple, comme l’objet de notre foi. Cette foi nous est présentée comme le seul accès à la vie éternelle. La question qui nous est alors posée est la suivante: face à Jésus sauveur, quelle est la situation de l’homme et son destin ?
La première constatation que nous présentent les textes est que l’homme peut périr, qu’il doit être sauvé, car il peut préférer les ténèbres.Ainsi la première lecture, qui est en quelque sorte un résumé de l’histoire d’Israël, mais aussi l’histoire de toute l’humanité, nous montre le peuple élu multipliant les infidélités, préférant les ténèbres à la lumière. Il rejette les prophètes, dont la vocation est justement de pénétrer le mensonge latent sur tout homme pécheur. Car les prophètes coopèrent avec Dieu en manifestant la lumière divine à un monde qui se réfugie dans les ténèbres du péché, c’est-à-dire du mensonge et de l’illusion. Et le Christ, prophète par excellence, a révélé aussi les ténèbres qu’il y a en nous : « Tout homme qui fait le mal déteste la lumière ».
Pour Jésus, le vrai drame de l’homme est qu’un être libre puisse préférer les ténèbres quand la lumière lui est proposée. Le vrai tragique de la condition humaine n’est pas la mort, mais qu’un homme puisse choisir la mort.
Mais Jésus n’en reste pas à cette constatation, car Dieu ne s’est jamais résigné au mal de l’homme.
Ainsi, sans se lasser, Dieu combat cette autodestruction de l’humanité.Là encore, la première lecture le dit: Dieu a tout fait pour empêcher la destruction de Jérusalem, c’est-à-dire du peuple élu, mais aussi de mon âme, par les armées de Nabuchodonosor, par en fait ces principes de destruction que sont les péchés. Et même quand il ne peut plus empêcher la destruction et l’exil, au milieu de la tourmente, il y a toujours un message d’espoir, la promesse d’une rédemption. Aujourd’hui encore, Dieu continue à sauver : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Aujourd’hui encore, il nous appelle, spécialement dans ce Carême, à revenir, à accepter la lumière, à ne pas préférer les ténèbres. Dieu s’engage lui-même pour nous ramener à la vie. Et il nous en donne le gage dans son propre Fils, qui ne vient pas pour juger, mais pour sauver le monde.
Mais en même temps, parce qu’il est amour, Dieu attend notre consentement: il me demande une réponse.Cette réponse, c’est la foi. Ainsi, l’exil prend fin, le temple est reconstruit en son temps, par ceux qui ont gardé la foi dans le salut de Dieu, ainsi que le chante le psaume : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! » C’est l’infidélité du peuple qui l’a conduit en exil ; c’est sa fidélité qui le ramène à Jérusalem. St. Paul va lui aussi développer ce thème : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ». Face à ma misère, face à mes refus, Dieu non seulement reste fidèle, mais plus, il effectue lui-même le salut dont je ne suis pas capable. La foi me sauve, et cette foi est elle-même oeuvre du Christ en moi.
Ainsi, notre situation humaine nous propose deux voies: celle des ténèbres et celle de la lumière. Dieu, lui, est toujours prêt à sauver.
Dans notre Carême, accepterons-nous de nous laisser transfigurer par cette lumière, afin de lever les yeux en toute confiance versla Croix ? Ou préférerons-nous les ténèbres, en retournant le reproche vers les autres, en comparant, en cherchant plutôt la faille de l’autre plutôt que la nôtre ?
Nous sommes appelés à une foi lumineuse, basée sur l’action du Christ ressuscité. Laissons-nous recréé, ne choisissons pas les ténèbres dont nous sommes tous capables. Mais entrons, comme le dit l’apôtre, dans la richesse infinie de la grâce qui est donnée à tous les âges.
+ Jean-Marie LE VERT
Evêque de Quimper et Léon
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Les lectures du dimanche 18 mars
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Pour le 3e Dimanche de carême, Mgr Jean-Christophe Lagleize, évêque de Valence, nous propose une catéchèse sur l’évangile du jour.
Lutte contre tout ce qui abîme l’être humain
« Mais le temple dont il parlait, c’était son corps » Jn 2,21
Laissons le temple de pierre, le fouet, les changeurs et les marchands de bœufs, de brebis et de colombes.
Intéressons-nous au temple qu’est le corps. L’apôtre Paul écrit aux Corinthiens :
« Vous êtes le temple de Dieu » 1Co 3,16 « Ne le savez-vous pas ? votre corps est le temple de l’Esprit-Saint, qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu… rendez donc gloire à Dieu dans votre corps. » 1Co 6,19-20.
Jésus chassant ceux qui transforment le temple en lui donnant une autre destination, nous invite, sans doute, à nous engager pour lutter contre tout ce qui abîme, blesse, humilie l’être humain.
Le Pape Benoît XVI dans son message pour le carême 2012 dit : « le grand commandement de l’amour du prochain exige et sollicite d’être conscients d’avoir une responsabilité envers celui qui, comme moi, est une créature et un enfant de Dieu : le fait d’être frères en humanité et, dans bien des cas, aussi dans la foi, doit nous amener à voir dans l’autre un véritable alter ego, aimé infiniment par le Seigneur. Si nous cultivons ce regard de fraternité, la solidarité, la justice ainsi que la miséricorde et la compassion jailliront naturellement de notre cœur.» Paul VI affirmait : « le monde est malade. Son mal réside moins dans la stérilisation des ressources ou dans leur accaparement par quelques-uns, que dans le manque de fraternité entre les hommes et entre les peuples. » Populorum progressio 26.3.67
Benoît XVI poursuit : « l’attention à l’autre comporte que l’on désire pour lui ou pour elle le bien, sous tous ces aspects : physique, moral et spirituel. »
Prendre soin de la communauté humaine
Prendre soin les uns des autres, prendre soin également de ce temple qu’est l’Eglise du Christ, « dans le Christ-Jésus toute la construction s’élève pour devenir un temple saint dans le Seigneur. En lui vous êtes, vous aussi, des éléments de cette construction pour devenir par l’Esprit Saint la demeure de Dieu. » Ep 2,21-22
Prendre soin de la communauté humaine dans laquelle tant de femmes et d’hommes ont soif de justice et de paix en s’engageant auprès des plus démunis, en prenant leur part active dans la transformation de nos sociétés.
Nous vivons ce carême en pleine campagne électorale, les évêques de France en octobre dernier ont publié un texte en vue des élections : élections : un vote pour quelle société ? proposant treize points de vigilance pour éclairer notre choix, je vous invite à le lire et à le faire lire.
Jésus rend sa dignité au temple, annonce que le temple qui est son corps passera de la mort à la vie, et annonce ainsi qu’en lui et par lui nous passerons de la mort à la vie. Ce passage, cette pâque est déjà à l’œuvre en ce monde.
+ Jean-Christophe Lagleize
Evêque de Valence
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Les lectures du dimanche 11 mars
Le dossier Carême sur Jeunes Cathos Blog
Pour cette deuxième étape du carême, Jésus nous donne rendez-vous sur une montagne. En compagnie de ses apôtres, nous sommes témoins d’une scène étonnante. Que comprendre de ce passage de l’Evangile ? Comment peut-il nous concerner ?
L’épisode de la transfiguration est l’un des rares moments où Jésus ne fait rien et ne dit rien. Il se contente d’apparaître autrement à ses disciples. Il est tout entier dans la lumière, une lumière qui vient de l’intérieur de lui, et illumine son visage et ses vêtements.
As-tu déjà constaté cette lumière dans le regard et le visage d’une personne ? Moi oui. J’ai rencontré des personnes qui dégagent une lumière invisible, par leur regard et par tout leur être ; ce sont des personnes habitées par un amour d’une particulière qualité et par une foi d’une particulière intensité. Sans doute est-ce quelque chose de cet ordre que les apôtres ont pu percevoir en Jésus, mais à la puissance X. Car Jésus porte en lui la lumière même de Dieu. Sa divinité est habituellement cachée dans son humanité, mais à ce moment-là, il permet à ses apôtres d’en percevoir quelque chose.
Cette lumière divine en Jésus, on la représente dans les icônes de plusieurs façons : d’une part avec l’auréole dorée qui entoure sa tête, comme un halo de lumière – et parfois il est tout entier représenté dans la lumière – mais aussi par la clarté représentée dans son visage, d’une lumière qui ne fait pas d’ombre parce qu’elle vient de l’intérieur. Il est intéressant de demander à un peintre d’icône d’expliquer comment il fait apparaître cette lumière sur les visages.
Cette lumière ou cette auréole, tu peux le remarquer, ne sont pas seulement sur le visage de Jésus, mais aussi sur celui des saints : en effet, c’est la lumière de l’Esprit Saint, la lumière de Dieu, qu’ils ont accueillie dans leur propre vie et les rend lumineux eux-mêmes. Or Jésus a dit deux choses : « Je suis la lumière du monde » et « Vous êtes la lumière du monde ». Autrement dit, nous sommes appelés à refléter nous-mêmes cette lumière.
Comment cela ? Reprenons le récit de la transfiguration de Jésus.
Avec Jésus, apparaissent deux autres personnages : Moïse et Elie. Ils ont en commun d’avoir reçu une manifestation de Dieu sur une montagne, le mont Horeb au Sinaï. Pour Moïse c’était dans un bruit de tonnerre, et pour Elie c’était au contraire dans un grand silence. Or que se passe-t-il ici ? C’est une nouvelle manifestation de Dieu, mais cette fois dans la personne même de Jésus. Et les trois apôtres sont enveloppés par une « nuée », autrement dit, ils sont englobés dans la vision ; ils n’en sont plus des spectateurs extérieurs, mais ils y participent. Et ils entendent (mais est-ce vraiment avec leurs oreilles charnelles ?) la voix de Dieu qui dit « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. »
Voilà le secret de la lumière : elle entre non par les yeux (n’attendons pas de visions pour croire en Dieu) mais par les oreilles : cette lumière est celle de la Parole de Dieu lorsqu’elle passe des oreilles au cœur. Jésus est quelqu’un qui n’a rien de « lumineux » à l’extérieur, et même il acceptera de passer pour moins que rien aux yeux des hommes. Les trois apôtres qu’il a emmenés sur la montagne de la transfiguration, il les emmènera ensuite au mont des Oliviers, la veille de sa mort. A la lumière, succéderont les ténèbres. Or c’est là que jaillira la lumière de la résurrection. .
Ami, tu n’as sans doute pas reçu de visions. Mais écoute Jésus, regarde Dieu en lui, même lorsqu’il est sur la croix, et mets tes pas dans les siens. Ta vie en recevra une grande lumière.
+ Thierry Brac de la Perrière
Evêque de Nevers
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Les lectures du dimanche 4 mars
Le dossier Carême de Jeunes Cathos Blog
Dans les agendas ou calendriers que nous consultons, cette année, au mercredi 22 février, est indiqué : Cendres. La veille, c’est le Mardi-Gras. Comme si ces deux jours il n’y avait pas la fête d’un Saint. Essayons de comprendre ce que cela peut bien signifier.
La plus grande fête des chrétiens, c’est Pâques
Si tu interroges tes amis pour leur demander quelle est la plus grande fête pour les chrétiens, beaucoup te répondront : c’est la fête de Noël. C’est vrai que cette fête de la naissance de Jésus est très populaire et beaucoup de personnes non croyantes s’y associent. Mais ce n’est pas la bonne réponse. La plus grande fête des chrétiens, c’est Pâques, le jour où nous célébrons la résurrection du Christ qui est passé de la mort àla Vie.
Pour nous préparer à cette grande fête nous avons un temps qui s’appelle le Carême. Carême, cela veut dire quarante ; ce sont les quarante jours avant Pâques. Mais dans ces jours, on ne compte pas le dimanche où nous faisons toujours mémoire de la résurrection du Christ. C’est pourquoi le carême commence un mercredi.
Alors pourquoi l’appelle-t-on le mercredi des Cendres ? Le carême est un temps de pénitence, de préparation à la belle fête de Pâques et pour entrer en Carême, je me prépare par un rite qui se déroule lors de la messe (ou qui peut se vivre dans une célébration en dehors de la messe) où celui qui préside met sur mon front de la cendre en me disant : « Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras en poussière » ou « Convertis-toi et crois à l’évangile ».
Apprendre à accueillir la lumière de Pâques
Moi, j’aime bien le carême. Quand on est triste, on dit parfois qu’on a une « mine de carême ». Mais le carême ce n’est pas cela !
Les cendres déposées sur mon front constituent les restes refroidis d’un grand feu pour m’apprendre à devenir lumière et à accueillir la lumière de Pâques.
Les cendres déposées sur mon front sont aussi des tâches de saleté qui m’invitent à me ressourcer à la source dela Parolede Dieu.
Les cendres déposées sur mon front ressemblent à une terre aride qui ne produit pas de fruits et qui m’invitent à me convertir pour porter les fruits de l’Esprit-Saint dans ma vie.
Voilà tout un programme, tout un chemin qui commence le mercredi des Cendres et qui se terminera à la Veillée Pascale où nous allumerons le feu nouveau. Pour t’aider, je t’invite à méditer cette phrase de l’épître aux Hébreux, chapitre 10, verset 24 : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les bonnes œuvres. » C’est le pape Benoît XVI qui commente ce verset dans son message de Carême. Qu’il nous aide à vivre la charité !
J’espère que tu pourras te mettre sur ce chemin, avec tous les chrétiens, pour mieux te préparer à la Joie de Pâques. Bon Carême !
+ Nicolas Souchu Evêque auxiliaire de Rennes


