Société
Pour briser l’isolement et offrir un lieu d’information aux saisonniers, depuis plus de 50 ans la JOC (Jeunesse Ouvrière Chrétienne) met en place des accueils saisonniers dans les villes touristiques en juillet et en août afin de répondre à un besoin d’accueil et d’information des jeunes travailleurs estivaux. A l’occasion du 1er mai, deux participants témoignent !
Ces accueils proposent aux saisonniers un lieu convivial pour partager leurs expériences et les difficultés rencontrées ainsi que les informer sur leurs droits. La JOC cherche à aider ces jeunes pour qu’ils s’impliquent personnellement dans leurs démarches et puissent défendre eux-mêmes leurs droits auprès des employeurs, de l’inspection du travail ou des syndicats. Cet été, ce sont 7 accueils saisonniers qui ouvriront leurs portes : Côtes Normande, Saint-Malo, la Baule, les Sables d’Olonne, l’île de Ré, Lourdes et le Grau du Roi.
« Nous mettre au service des saisonniers »Yoann a 20 ans. Il est membre du collectif du Grau du Roi. Il est actuellement en formation pour obtenir un diplôme d’état de moniteur éducatif. Il répond à quelques questions.
Qu’est-ce qui vous a poussés à rouvrir les portes de l’accueil saisonnier du Grau du Roi ?
Les conditions de travail et de vie des saisonniers révélés par la dernière enquête JOC en juillet 2011 nous ont poussés à aller à la rencontre des saisonniers et à nous mettre à leur service. Pendant l’été 2011 nous avons fait un repérage qui nous a permis une première approche. Pour cet été, l’accueil ouvrira pendant 3 semaines !
A travers ce projet, que découvres-tu ?
Mettre en place ce projet me permet d’apprendre à agir collectivement. Dans le collectif nous sommes 3, avec un accompagnateur. Nous avons du chercher le lieu d’hébergement, faire des démarches auprès de partenaires tels que les syndicats et le réseau information jeunesse qui vont relayer notre action. Et puis nous apprenons à faire et gérer un budget, ce qui n’est pas toujours évident.
« Notre foi nous pousse à agir pour les plus petits »Anaêl, lui, a 29 ans. Il n’en est pas à son premier été. Actuellement en recherche d’emploi depuis 1 mois, il est membre du collectif de l’île de Ré. L’été dernier déjà, il a participé pendant une semaine à l’accueil.
Comment ça se passe une semaine en accueil saisonnier ?
Pendant une semaine, on se retrouve entre 4 et 8 jeunes. Le premier jour nous faisons le planning de la semaine, la répartition des tâches (le responsable de semaine qui est garant du bon fonctionnement de la permanence, le trésorier de semaine qui tient les comptes…).
Ensuite la semaine se sépare en plusieurs moments : en même temps que l’on tient la permanence, certain font ce qu’on appel de l’aller-vers. Avec les T-shirt de l’accueil saisonnier et les 15 conseils pour bosser cet été (petit guide du droit du travail publié par la JOC), deux par deux nous allons à la rencontre des saisonniers sur leurs lieux de travails, d’hébergement. On échange avec eux sur ce qu’ils vivent au travail, sur leur condition de vie. Certain n’ont pas de contrat de travail, d’autres font des aller retour en voiture entre le lieu d’habitation des parents et le travail faute d’avoir trouvé un hébergement pas cher à proximité : leur paie passe presque complètement dans le carburant. Certain se sente isolés car ils viennent travailler là mais ne connaissent personne à proximité. Ce sont des personnes qui font cela pour vivre le reste de l’année, qui sont parfois en galère le reste de l’année, qui n’ont pas toujours de travail en dehors de la saison.
A la fin de chaque journée, on fait un bilan en groupe qui nous permet de se dire comment on a vécu la journée, ce qui a été difficile, quel saisonnier nous a marqué ou a besoin de soutien… Puis on établit le programme de la journée. Après on fait ensemble un temps d’arrêt qui nous permet de donner du sens à notre action. Le jeudi soir c’est toujours la soirée saisonniers : une soirée crêpe pour eux ! Cette soirée leur permet de décompresser suite au travail, de partager avec d’autres saisonniers sur ce qu’ils vivent au travail : bref une soirée pour se détendre et rencontrer du monde !
Le samedi matin on fait la révision de vie ! A travers elle, on relit ensemble notre semaine, ce que ça nous a apporté, ce qu’on veut transmettre aux autres. A travers l’évangile, nous regardons notre action. C’est bien notre foi qui nous pousse à agir pour les plus petits de l’été que sont les saisonniers.
Pour cet été, quoi de nouveau ?
Cet été, nous allons réaliser une enquête spécifique à l’île de Ré pour approfondir la question du logement. Nous avons remarqué l’été dernier que ce n’était pas simple pour se loger et nous voulons pouvoir agir avec eux sur cette problématique.
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Information des saisonniers sur le droit du travail, sur le site de la JOC Le site de la JOC La JOC sur Facebook
Les 22 avril et 6 mai 2012 auront lieu les élections présidentielles, suivies en juin par les législatives. A cette occasion, le conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié une réflexion sur les élections le 3 octobre 2011 : Elections : un vote pour quelle société ? Depuis, un site et une vidéo ont été créés pour reprendre les éléments de cette réflexion. Simon, étudiant à Sciences Po, revient sur ce texte qui donne une série d’éléments de discernements.
Alors que la campagne présidentielle est souvent accusée de ne pas être à la hauteur des enjeux essentiels, il est bon de revenir sur le document des évêques de France qui a pour but de nous faire réfléchir sur la société que nous voulons. Le vote, c’est le choix d’une société.
Les évêques encouragent les citoyens à aller voter pour « rendre notre pays plus agréable à vivre et plus humain pour tous », sans toutefois « attendre du pouvoir politique plus qu’il ne peut donner ». Ils relèvent que nous sommes appelés à un « changement de mode de vie » que nous devons choisir plutôt que subir. Penchons nous sur quelques unes de ces thématiques qu’il revient à chacun de hiérarchiser.
Vie naissanteLire le texte des évêques sur la vie naissante
La question de l’avortement ne doit pas être présentée comme une solution pour les jeunes mères, mais ces dernières doivent être davantage accompagnées dans leur choix de garder leur enfant ainsi que sur les conséquences d’un IVG. Il ne faut pas oublier que l’embryon est une vie, mais en même temps il ne faut pas oublier la mère (et le père) qui doivent être accompagnés dans leur décision.
FamilleLire le texte des évêques sur la famille
Les évêques de France recommandent clairement la protection d’un mariage entre un homme et une femme uniquement, pas entre personnes du même sexe. Au-delà d’un refus catégorique, il faut clairement se poser la question de la place de l’homosexualité dans la société. Allons-nous rester catégorique ou au contraire chercher à montrer que l’Eglise accepte les homosexuels en tant que tels et leur accorde une reconnaissance sociale, même si elle leur refuse le mariage qui doit être réservé à un homme et une femme ? Nombreuses sont les incompréhensions sur la position de l’Eglise par rapport aux homosexuels qui mériteraient d’être mieux expliquées sans tabou afin de libérer la parole et de permettre aux (jeunes) chrétiens de s’exprimer d’une manière argumentée, à la fois compréhensive et ferme.
EducationLire le texte des évêques sur l’éducation
L’éducation est essentielle à la construction de l’identité. Ni en opposition, ni en accord total, le jeune grandit en cherchant sa propre voie dans des bornes et grâce au terreau apporté par les éducateurs. Il me semble essentiel de laisser de la place à a liberté de conscience afin que le jeune ne soit pas conditionné, mais il faut lui laisser la liberté de choisir sa vie, et l’aider dans ce choix.
JeunesseLire le texte des évêques sur la jeunesse
La jeunesse est en demande d’intégration. Nous ne sommes pas encore dans l’état de l’Espagne quant au chômage des jeunes, mais nous n’en sommes pas loin. La jeunesse est aujourd’hui inquiète de l’avenir et de trouver une place dans le monde, entre son travail et sa famille. Elle a également le sentiment d’une perte de grandeur dela France et de l’Europe dans le monde et que « le monde ne sera plus jamais comme avant ». La guerre de génération est souvent sur nos lèvres, avec l’idée que la génération précédente a bénéficié des Trente Glorieuses puis du déficit public accumulé et que nous, la jeune génération, devront payer la dette. La question de l’intégration de la jeunesse doit être une priorité afin d’éviter cette guerre et de renforcer le vivre ensemble.
Banlieues et citésLire le texte des évêques sur banlieues et cités
Il est révoltant de voir aujourd’hui des zones de non droit ou d’insécurité. Il faut soutenir les associations et les efforts de renouvellement urbains dans ces quartiers. A l’instar du Christ qui allait vers les plus marginalisés, les politiques publiques doivent s’occuper davantage de ces quartiers afin de renforcer le vivre ensemble national.
EnvironnementLire le texte des évêques sur l’environnement
L’environnement me semble être clairement inscrit dans la campagne. De la lutte contre le réchauffement climatique, nous sommes passés à une idée de croissance verte, de l’environnement comme sortie de crise. Les investissements verts pourraient être la troisième révolution verte (Jérémy Rifkin) ou encore la source d’une solidarité européenne renouvelée, avec le fonds vert (Michel Aglietta, Zone euro, éclatement ou fédération). Je me réjouis de cette place croissante que prends l’environnement, et j’espère que cela continuera après la campagne.
Economie et justiceLire le texte des évêques sur économie et justice
Les évêques insistent sur l’importance de donner une vraie perspective de travail aux jeunes et de ne pas maintenir de personnes dans la dépendance vis-à-vis de l’Etat. L’équité des salaires doit être renforcée, mais cependant jusqu’où pouvons-nous aller dans l’arbitrage entre la hausse du salaire encourageant au travail et l’équité salariale ?
Les évêques valorisent également l’engagement dans des associations renforçant le tissu social, ce qui est une composante essentielle mais parfois oublié de la société. Ainsi dans certaines universités, la participation à une association est valorisée par l’attribution de crédits ECTS, comme s’il s’agissait d’un cours.
Coopération internationale et immigrationLire le texte des évêques sur coopération internationale et immigration
Les évêques s’opposent clairement à une fermeture protectrice des frontières, ce qui est positif dans notre monde globalisé qui fonctionne grâce aux échanges internationaux. Les échanges renforcent également la compréhension de l’autre, de la personne humaine. Ainsi nombreux sont les étudiants en échange universitaire qui découvrent à cette occasion diverses cultures, manières de penser et ainsi goûte avant l’heure à l’universalité, à l’Homme dans son ensemble. Il faut favoriser les échanges qui vont à l’encontre du racisme et de la xénophobie et favorisent la compréhension de notre identité dans le reflet du miroir de l’autre.
HandicapLire le texte des évêques sur le handicap
Il faut souligner les efforts des politiques publiques en vue de l’intégration des personnes handicapées dans le milieu scolaire et universitaire. L’attitude du Christ doit être un exemple pour tous les jeunes qui se retrouvent face à une personne handicapée. Cependant l’aide ne doit pas être vécue comme une obligatoire charité envers une personne à cause de son handicap, .Au contraire, dans l’aide, la reconnaissance de la personne handicapée comme une personne pouvant nous apporter beaucoup est essentielle.
Fin de vieLire le texte des évêques sur la fin de vie
La perte de solidarité intergénérationnelle pourrait déboucher sur des débats faussés quant à l’euthanasie, ce qui doit être évité par le soutien aux expressions de la solidarité, par exemple avec les associations permettant de faire cohabiter des plus jeunes avec des moins jeunes. La question de l’intégration de la jeunesse doit être une priorité afin d’éviter cette guerre et de renforcer le vivre ensemble.
Patrimoine et cultureLire le texte des évêques sur patrimoine et culture
Les évêques insistent largement sur la conservation du patrimoine existant, essentiel pour nous inscrire dans la lignée de nos ancêtres et nous remettre à notre place dans l’histoire de l’humanité, source d’humilité. Cependant, il me semble qu’il ne faut pas non plus décourager la création artistique qui permet aux générations actuelles de s’exprimer et de contribuer à l’ouvrage de nos ancêtres.
EuropeLire le texte des évêques sur l’Europe
La construction européenne est reconnue par tous comme un effort de pardon, ainsi il ne faut pas se laisser entrainer sur des tendances encourageant la haine entre les nations. L’Union européenne est aujourd’hui très prégnante dans notre vie, avec plus de 80% des législations qui sont d’origine européenne. Cette prégnance est trop souvent ignorée dans notre pays qui maintient une fiction d’autonomie et de pouvoir d’initiative. Le projet de l’Union européenne mériterait néanmoins d’être plus démocratique et décidé avec les citoyens, afin que chacun prenne conscience de la chance de vivre en Europe qui ne doit pas être le bouc émissaire.
Laïcité et vie en sociétéLire le texte des évêques sur laïcité et vie en société
La laïcité est une valeur de la République qui permet de faire cohabiter différentes religions dans la société. La France ne doit pas tomber dans un excès laïquard ou fanatique religieux. Pour cela, il est possible d’imaginer de consulter davantage la population sur ce point sensible. Il faut dans tous les cas éviter de soulever des polémiques sur ce sujet en cherchant à attiser les tensions, ce qui nuirait au vivre ensemble. Il ne faut pas être trop tiède mais dans le même temps, nous devons vivre ensemble.
Le texte des évêques aborde au total 13 points d’attention : vie naissante, famille, éducation, jeunesse, banlieues et cités, environnement, économie et justice, coopération internationale et immigration, handicap, fin de vie, patrimoine et culture, Europe, laïcité et vie en société.
Ce sont treize points de vigilance sur lesquels les évêques attirent notre attention pour éclairer notre choix. N’hésitez pas à les lire et à vous faire votre idée de la société que vous voulez avant d’aller voter !
Simon, étudiant à Sciences Po
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Elections : un vote pour quelle société ?
Je m’appelle Adeline, j’ai 26 ans et je suis au chômage. Le 16 mars 2012, date limite de dépôt des candidatures à l’élection présidentielle, j’ai, moi aussi, déposé les 500 parrainages nécessaires au conseil constitutionnel. 521 parrainages peu ordinaires : des CV de jeunes qui soutiennent les propositions pour l’emploi des jeunes que fait le MRJC.
Durant l’automne 2011, le Mouvement Rural de Jeunesse Chrétienne a mené une enquête sur l’emploi auprès de plus de 2000 jeunes. Au mois de décembre, nous nous sommes retrouvés pendant 5 jours pour analyser les résultats. Les constats sont inquiétants : un jeune sur 5 ne fait confiance à personne pour agir sur l’emploi, 2% seulement font confiance aux institutions comme Pole Emploi ou les missions locales pour leurs recherches.
Entourés de sociologues et de représentants du monde de l’emploi nous avons échangé, débattu, construit des propositions audibles mais aussi ambitieuses pour interpeller les responsables sur la question de l’emploi et les jeunes.
A la fin de cette session, nous avons imaginé cette possibilité de représentation : une date clé, un endroit symbolique, des jeunes et leurs paroles sur l’emploi et un candidat aux présidentielles pour les représenter.
« Je ne suis que le symbole de nombreux jeunes »Je milite au MRJC depuis 2006 et je suis administratrice depuis juin 2011. Dans cette mission, je me sens appartenante aux actions qu’initie le MRJC ; dans cette campagne je me suis sentie encore plus particulièrement concernée. Alors quand on m’a proposé d’être la candidate du 16 mars, j’ai accepté !
C’était vraiment puissant de me sentir porteuse d’une parole collective ; finalement, je ne suis que le symbole de nombreux jeunes qui se posent des questions quant à leur avenir.
Nous voulions remettre la question de l’emploi des jeunes dans le débat public et interpeller les responsables politiques sur nos questions et les propositions qu’on a à leur faire. C’est chose faite.
Suite à cette candidature (qui a évidemment été refusée puisque non-constitutionnelle), nous avons continué à rencontrer des représentants des candidats pour échanger avec eux sur ces propositions. Pour la suite, il y a un fort enjeu à se mobiliser dans la campagne des législatives. Les jeunes pensent, réfléchissent, imaginent et ont des choses à dire quant à leur situation mais aussi sur l’organisation globale de la société et du monde.
Construisons donc ensemble, nous n’en serons que plus riches.
Adeline Groff
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Le site du MRJC « La candidature du MRJC au conseil constitutionnel » Le site de la campagne du MRJC « Va y avoir du taf » Les résultats de l’enquête sur l’emploi du MRJC (pdf)
Depuis mai 2008, l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Porcheville, dans les Yvelines, accueille une cinquantaine de jeunes détenus, de 13 à 18 ans, venant de toute la région parisienne. Une petite équipe d’aumônerie catholique s’efforce de les accompagner au mieux, en groupe ou en discussions individuelles, quelques soient leurs parcours, leurs origines, leurs confessions… Le père Etienne Guillet témoigne.
Amis et paroissiens, beaucoup nous demandent : « mais ces jeunes, ont-ils vraiment un chemin spirituel ? Se posent-ils des questions de foi ? » Sans tarder, je peux répondre : et oui, on parle de Dieu en prison ! Certes, de beaucoup d’autres choses aussi, mais assez souvent et facilement de la foi !
Depuis l’ouverture de ce nouvel établissement, nous avons la joie de transmettre une Bible à ceux qui le demandent. Qu’est-ce que cela signifie ? Je voudrais m’y arrêter…
« Je voulais que Dieu entende bien mon angoisse »Offrir la Bible en détention, c’est transmettre un livre, un texte, une Parole de vie.
Un livre… Pour beaucoup de ces jeunes, parfois peu lettrés, la simple présence du livre saint dans la cellule manifeste quelque chose de la proximité de Dieu. Félix a dit : « cette nuit, j’avais tellement de soucis dans ma tête, que j’ai dormi avec la Bible sous mon oreiller. Je voulais que Dieu entende bien mon angoisse et mon désir de sortir vite ».
Un texte… Très régulièrement, un jeune témoigne de son émerveillement devant le texte biblique, pourtant souvent si loin de sa culture, de son langage, de ses codes. Ainsi Benjamin : « Tu sais, c’est magnifique, ce que j’ai lu dans les Proverbes : c’est très juste ce qu’ils ont écrit là. Ca se lit facilement et je comprends presque tout. Je lis et relis : ça me fait beaucoup réfléchir, ça m’apaise ».
Une Parole de vie… Au cœur de la détention, il arrive bien souvent qu’un jeune manifeste une authentique ouverture de cœur à la foi chrétienne. La parole ancienne peut alors résonner chez lui comme une Parole d’une grande puissance, le rejoignant au lieu même de ses fractures, de son combat, de ses espoirs de relèvement… Bien vivante la Parole : voici qu’elle rattrape et saisit parfois un jeune, bien loin pourtant d’être un enfant de chœur !
« Moi aussi, je crois qu’il est vivant !’Comment oublier cette simple demande d’Yves, exprimée dans le secret de sa cellule : « s’il te plait, relis-moi encore l’histoire du bon larron… » ? Car, la parole de Jésus en croix, il la prenait très au sérieux, lui le cambrioleur multirécidiviste de 17 ans, expert en coffres-forts.
Comment ne pas être ému, plusieurs mois après, par cet échange sidérant, introduit par Fabrice : « C’est beau cette histoire de Jésus. Sans blague, tu y crois, toi, qu’il est ressuscité et toujours vivant ? » « Oui, j’y crois » (Après un silence) : « Moi aussi, j’en suis sûr, je crois qu’il est vivant ! »…
Depuis la nuit de la prison, son cri, véritable confession de foi, se mêlait à celui de Pierre, de Thomas, du centurion romain…
Nos jeunes ne sont pas des enfants de chœur, mais ils restent enfants de Dieu, et leur cœur sait encore prier.
L’aumônerie veut être à leur côté pour les aider à grandir en tout ce qui fait leur vie : relations à leurs parents, à leurs bandes de quartier ; rapport à la violence ; relecture de leur acte transgressif ; encouragement pour leurs projets d’avenir…
Mais ce chemin de vérité exigeant, nous croyons qu’ils ne pourront l’emprunter vraiment qu’en se découvrant aimé de Dieu. L’aumônerie se veut alors la marraine, fidèle et discrète, d’une relation souvent découverte derrière les barreaux entre l’humain fragilisé et le Seigneur au regard bienveillant.
P. Etienne Guillet 35 ans. Prêtre du diocèse de Versailles, en paroisse à Mantes la Jolie – Mantes la Ville.
Le 14 février, c’est la Saint Valentin, considérée dans de nombreux pays comme la fête des amoureux ! Edouard et Marie, Elisabeth et Vincent témoignent sur leur histoire, et sur leur façon de vivre leur foi en couple… avec un point commun : ils se sont rencontrés pendant des JMJ !
« Vivre une foi commune lance notre avenir sur des rails solides »
« Festival de Pâques, Taizé, centenaire du scoutisme à Chambord… Autant d’événements où nous aurions pu nous croiser, sûrs d’y avoir été ensemble et de ne pas avoir remarqué la présence de l’autre. « Ce n’était surement pas le moment pour vous », nous confiera plus tard un ami prêtre. C’est donc au cours de ces dix jours à Madrid, aux JMJ, que le moment est venu.
« Edouard a été appelé par l’évêque plus d’un an avant le départ aux JMJ pour prendre en charge le groupe de Chartres, et ce, malgré son départ pour Biarritz. En mars 2011, j’ai rejoint l’équipe, avec le père Sébastien Robert. » raconte Marie. Quelques mois à préparer le départ ensemble, mais à distance…
C’est à Bayonne qu’a lieu la première rencontre. Avant de passer la frontière, nos 70 jeunes y ont passé la nuit. Le lendemain, nous passons en Espagne. Dès le voyage en minibus, nous nous faisons la réflexion, chacun de notre côté, « qu’il se passe quelque chose… » Au cours de la semaine, le fait de partager des responsabilités et des moments festifs ou de recueillement nous a permis de nous découvrir petit à petit. Sans se l’avouer vraiment, nous savions que notre relation était en train de se construire sur le roc.
Nous en avons eu la confirmation à Cuatro Vientos quand, sous l’orage, nous avons dû aller chercher de quoi nourrir nos jeunes, épreuve qui nous a sans doute rapprochés.
Six mois plus tard, et après avoir testé tous les moyens de transport entre Dreux et Biarritz, nous décidons de nous rapprocher géographiquement et sentimentalement : Edouard remonte en Eure-et-Loir et nous nous fiançons en juin…
Nous continuons à nous engager dans l’Eglise : nous sommes responsables de l’organisation du pélé des Rameaux pour Chartres et nous nous impliquons dans celle des JMJ 2013 ! Le fait de vivre une foi commune ancre notre relation dans une enfance et une adolescence qui se ressemblent, avec des références communes, et lance notre avenir sur des rails solides, dans un projet de vie, un idéal partagés. Dans cet élan, nous préparons nos fiançailles avec le père Sébastien Robert qui était avec nous aux JMJ et avec qui nous pouvons nous poser et réfléchir à notre amour et à la place de Dieu dans notre couple.
Quant àla Saint Valentin, nous vivrons notre premier 14 février à 800km de distance, donc… vivement l’année prochaine ! Ce sera l’occasion de se retrouver en amoureux, de partager un moment juste tous les deux.
Edouard et Marie
« Nous ne pouvions nous exclure l’un l’autre dans notre relation personnelle à Dieu »
Nous nous sommes rencontrés le 15 août 2000 lors des JMJ de Rome. Nous nous sommes revus lors de divers souper de retrouvailles/photos… Chacun de nous a aussi sympathisé avec Frère Hervé qui venait de rentrer à l’Abbaye de Leffe. En juillet 2007, nous nous sommes mariés : c’est le Père prieur de l’Abbaye qui a célébré notre union, Frère Hervé était un de nos témoins. Nous faisons toujours partie du groupe de jeunes créé autour de l’Abbaye même si le groupe n’a plus de lien avec les JMJ. Aujourd’hui nous avons deux enfants: Lorenzo 2 ans et demi & Eleonora 5 mois.
La foi a toujours eu une place importante dans notre vie personnelle d’abord, et de couple ensuite. Au début de notre relation amoureuse, il nous a semblé très important d’assister ensemble à l’eucharistie dominicale. D’une certaine manière cela nous semblait fondamental, nous ne pouvions nous exclure l’un l’autre dans notre relation personnelle à Dieu.
Nous échangeons très souvent sur nos manières d’appréhender nos questions sur la foi, notre place dans l’Eglise, nos doutes… Avec le groupe de jeunes adultes né suite aux JMJ, nous essayons aussi de discuter de toutes ces thématiques. Cette année nous avons choisi de lire la Lettre de Saint Paul aux Romains. Nos points de vue sont parfois divergents, probablement déjà parce que nous sommes homme et femme, mais aussi de par nos éducations (religieuses) différentes.
Nous ne fêtons pas vraimentla Saint Valentin car l’aspect très commercial de cette fête nous dérange. Par contre le 13 février a une signification particulière dans notre histoire. A cette occasion nous aimons passer la soirée à deux, au restaurant, au théâtre ou cinéma.
Elisabeth et Vincent
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L’Eglise aime ceux qui s’aiment : des propositions de communautés chrétiennes pour la Saint Valentin
En savoir plus sur Saint Valentin, avec Nominis
Le 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, c’est la journée mondiale des malades, journée dédiée aux malades et à ceux qui les assistent au quotidien et les accompagnent. A la clinique Edouard Rist, l’aumônerie est présente auprès des patients et leur propose parfois un pèlerinage à Lourdes.
L’équipe d’aumônerie de la clinique
La Clinique Edouard Rist se situe dans le 16ème arrondissement de Paris. Elle est une clinique médicale et pédagogique appartenant à la Fondation Santé des Etudiants répondant à sa double mission « soins/études ». En effet les patients d’âge scolaire peuvent ainsi poursuivre leurs études tout en y recevant des soins.
Une équipe d’aumônerie est présente dans la Clinique. Avec l’accord du Directeur et des médecins ils peuvent rencontrer les patients dans leur chambre. Ils apportent, sans aucun prosélytisme, un peu de compagnie à ces jeunes qui viennent parfois de très loin. Ceux qui le veulent peuvent recevoir la Communion le dimanche.
Chaque année, deux jeunes en moyenne participent aux Pèlerinage de Lourdes, soit celui du Rosaire (octobre) soit celui de l’Ordre de Malte (mai). Chaque fois, c’est un grand moment pour ces jeunes qui reviennent très changés. Et ce sont de magnifiques histoires personnelles qui nous sont racontées.
« Et maintenant tout est possible ! »
Manda, 19 ans, est née au Congo. Elle a été soignée à l’hôpital pour une grave maladie et est partie en pèlerinage à Lourdes avec l’aumônerie. Elle raconte ce qu’elle y a vécu.
« A l’hôpital, j’étais découragée par la maladie et par l’absence de ma famille, je n’avais plus le courage de faire face. Je restais dans mon lit sans parler. Chaque jour, j’avais besoin de transfusions de plaquettes.
L’équipe de l’aumônerie m’a proposé de partir pour Lourdes avec le pèlerinage du Rosaire, mais je ne comprenais pas pourquoi on voulait m’y envoyer. Je n’avais pas envie d’y aller. A cause de mes transfusions tous les jours, je trouvais ça compliqué d’aller à Lourdes.
J’ai fini par accepter, mais j’étais si fatiguée que je regrettais d’avoir dit oui.
Ce séjour a transformé ma vie.
A Lourdes, j’ai rencontré beaucoup de gens avec qui je suis toujours en lien. Et le jour de mon retour du pèlerinage, les médecins m’ont dit que je n’avais plus besoin de transfusion. Pour moi, c’était lié au voyage à Lourdes.
A mon retour j’ai demandé à l’aumônerie de pouvoir recevoir le Baptême. Depuis ce moment je ne suis plus jamais seule, j’ai vraiment découvert la présence du Christ à côté de moi à tout instant. Cette maladie qui m’a révoltée m’a amenée au Christ. Et maintenant tout est possible ! »
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Message du pape pour la Journée mondiale des malades en 2012
Le 15 janvier, c’était la Journée Mondiale du migrant et du réfugié, journée proposée pour sensibiliser les communautés chrétiennes à la question de la migration. A cette occasion, de nombreuses initiatives ont été prises dans les paroisses pour encourager les rencontres, les témoignages. Marie-Patricia, jeune Malgache, témoigne sur son expérience, sur la façon de vivre la foi en France et à Madagascar, sur son intégration dans sa paroisse.
Je m’appelle Marie Patricia; je viens de Madagascar. Cela fait exactement 5 ans que je suis en France et je suis Auxiliaire de vie à L’ADAR depuis 3ans et demi, après avoir suivi une formation. Je fais partie aussi du groupe des jeunes migrants de la pastorale des migrants. Je suis venue en France parce que je me suis mariée avec un français.
On vient de vivre Noël et cela me fait penser à la manière de fêter Noël dans ma famille. On va à la messe – une heure à pied jusqu’à l’église – et il faut partir assez tôt de la maison si on veut avoir une place et la messe peut durer 2h30. On fait aussi un repas de fête.
Le dimanche, on va toujours à la messe, bien habillés parce que c’est le jour du Seigneur, pour rendre grâce de tout ce que on a vécu dans la semaine. C’est ce que je continue de faire en France où je me suis bien adaptée à la manière de vivre et à la culture.
Un autre aspect de notre culture, c’est le culte des morts. On croit que leur esprit est avec nous, qu’ils nous protègent et nous guident.
Depuis ce temps, on est retourné deux fois à Madagascar, mais je commence à ressentir le manque de la famille.
J’ai l’occasion de parler la langue au cours de la messe de la communauté malgache qui a lieu une fois par mois à Lille-Fives. Après la messe, on partage le repas et on a l’occasion de parler ensemble.
Etre en France…. on considère ça comme une chance. Être étrangère, ce n’est pas toujours facile, surtout au niveau du travail; ça m’est arrivé de le constater à cause de la couleur de la peau, mais j’ai dépassé ça, peut-être à cause de mon éducation et mon expérience.
J’essaie de ne pas perdre les valeurs que nos parents nous ont transmises : le respect des autres, l’écoute de la vie des gens pendant le travail. C’est comme ça que je vis l’Evangile.
Nous, les migrants, nous sommes venus en France avec notre foi, notre culture et nos traditions. Cela ne nous empêche pas de participer activement à la vie d’une paroisse. C’est pour cela que je suis bien à ma place dans la communauté de Saint Martin.
Marie Patricia
Les derniers mois de l’année 2011 ont été marqués par la polémique qui s’est développée à la suite de deux spectacles donnés à Paris et dans quelques-unes des grandes villes de France : Sur le concept du visage du fils de Dieu de Romeo Castellucci et Golgota Picnic de Rodrigo Garcia. Mgr Pascal Wintzer, Administrateur apostolique de Poitiers, revient sur ces polémiques.
Il y a différentes manières de porter un jugement sur ces spectacles, comme d’ailleurs sur toute œuvre d’art. La première attitude c’est de formuler un jugement esthétique. Ici, il en va des goûts et des couleurs ; la diversité des opinions est naturelle et nécessaire. Celle que je propose ici m’est donc très personnelle. Certes, je suis évêque, mais ceci ne me donne aucune compétence particulière pour donner un avis qui serait plus pertinent que n’importe quel autre. Ceci dit, si toute opinion est légitime, avant de s’exprimer, elle doit respecter quelques exigences. La première, c’est bien sûr d’avoir vu le spectacle en question, ou le film s’il s’agit de cinéma.
Or, je n’ai pu voir aucun de ces deux spectacles : vous avez alors le droit d’arrêter ici de me lire.
Cependant, il y a trois ans, j’ai vu un précédent spectacle de Romeo Castellucci, son adaptation de L’Enfer de Dante. Certes, le sujet appelle cela : le spectacle était constitué d’images fortes. Ainsi, dès le lever de rideau – même s’il la scène n’était fermée par aucun rideau – une dizaine de chiens d’attaque, tournés vers le public, aboyaient et montraient les crocs (ils étaient heureusement tenus en laisse). Les spectacles de Castellucci sont purement visuels, ils ne comportent aucun dialogue, seules parlent les images. Pour ma part, je peux estimer qu’il s’agit davantage d’une performance que de théâtre : le théâtre, c’est avant tout un texte, et un grand texte. Mais en cela Castellucci appartient bien à notre culture d’images ; rien n’existe en dehors d’elles ; de même, une fois ses spectacles terminés, qu’en reste-t-il, puisqu’il n’y a aucun texte ?
Pour Rodrigo Garcia c’est différent. Il travaille sur un texte, et il en est l’auteur. Ceci est significatif de bien des spectacles contemporains : même s’ils sont une œuvre collective, le metteur en scène y tient la première et presque unique place : auteur, scénographe, metteur en scène, interprète parfois. Et lorsqu’il se saisit d’un texte classique (Racine, Shakespeare, Tchekhov) il le « retravaille » souvent au risque de le travestir.
Même si Golgota Picnic s’appuie sur un texte, il opère aussi par des images. Le dessein du metteur en scène, c’est la critique de la société de consommation et du capitalisme financier. Pour lui, tout se trouve peu à peu contaminé par cela, même la religion. D’où des images, reconnaissons-le, faciles et grossières : une scène dont le sol est constitué de hamburgers et un Christ en croix dont des billets de banque sortent de la plaie de son côté.
Vous le constatez, je formule plus que des réserves quant aux qualités artistiques de ces deux œuvres ; cependant, c’est autre chose de les regarder comme voulant attaquer la foi chrétienne et la personne de Jésus-Christ.
Ici, plus que les slogans des flatteurs ou des détracteurs, ce sont les propos même des auteurs de ces spectacles qu’il faut entendre. Avant de leur prêter quelque intention blasphématoire, écoutons-les.
« Un jour, en feuilletant un livre, je suis tombé sur ce portrait de Jésus que j’avais étudié des années auparavant, aux Beaux-Arts de Bologne. J’ai littéralement été saisi par ce regard qui plonge dans vos yeux : j’ai marqué une pause, très longue, qui n’avait rien de naturelle et j’ai compris qu’une rencontre s’opérait. Je n’étais pas seulement devant une page de l’histoire de l’art, mais devant autre chose. Il y avait un appel dans ce regard. C’était lui qui me regardait, tout simplement. Dans Sur le concept du visage du fils de Dieu, ce regard du Christ est central et rencontre chaque spectateur, individuellement. Le spectateur est sans cesse observé par le fils de Dieu. Montrer le visage du fils de Dieu, c’est montrer le visage de l’Homme, Ecce Homo saisi au moment de la fragilité qui ouvre à la Passion. […].
Jésus est depuis toujours le modèle de l’Homme. Depuis la crucifixion, Dieu s’est abaissé jusque dans notre misère la plus triviale : il nous précède dans la souffrance en général, et dans celle de la chair en particulier […].
Pas de polémique, pas de blasphème, pas de raccourci de pensée ni de caricature idiote : ce que je fais requiert une lecture patiente, du temps et de la réflexion. Ce que je fais est un appel à l’intelligence et à la sensibilité de chacun des spectateurs. A la fin du spectacle, un voile noir coule sur le portrait du fils de Dieu : Dieu se retire dans le brouillard du fond de scène, depuis lequel il avait fait son apparition. Il est venu à nous et nous a regardés : il l’a fait. » (Dossier de presse du Festival d’Avignon 2011).
Enfin, il me semble qu’un texte de l’Evangile éclaire l’attitude que, comme chrétiens, nous pouvons adopter lorsque des spectacles, des films, des livres, traitent de qui donne sens à notre vie.
Au chapitre 16, versets 13 et 14, de l’évangile de saint Matthieu, Jésus demande à ses disciples : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Encore aujourd’hui, des hommes et des femmes disent qui est pour eux Jésus-Christ ; ils ont ou non la foi, mais ils reconnaissent en lui une des grandes figures de l’histoire de l’humanité. N’ont-ils donc pas le droit de parler de Jésus, même s’il n’est pas pour eux le Fils de Dieu, le Sauveur ? Même sans partager ce qu’ils expriment, on peut respecter leur opinion, on peut l’estimer avec intérêt, on peut même y entendre proposée une manière originale, belle, de parler du Christ. Et puis, si nous acceptons d’engager le dialogue, ce peut être un point de départ pour rendre compte de la vérité du visage de Jésus-Christ.
C’est ce que demande Jésus dans les versets suivants, 15 et 16, du même chapitre : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » C’est ce que firent les milliers de catholiques rassemblée à Notre-Dame de Paris le soir du 8 décembre, en réponse à l’invitation du cardinal Vingt-Trois : ils ont médité la Passion du Seigneur et chanté leur foi sans la salut qu’il donne.
N’oublions pas qu’un des plus ardents apôtres du Seigneur fut d’abord un persécuteur : saint Paul. Je ne pense pas que Castellucci ou Garcia aient voulu persécuter les chrétiens ou dénigrer le Christ. Les enfermer dans ces jugements, comme traiter de mécréants tous ceux qui parlent de la foi sans employer les seules formules du catéchisme, c’est ne leur laisser aucune chance d’aller plus loin dans une découverte de la plénitude du mystère de Jésus-Christ. Quant à nous, notre mission n’est pas de condamner mais d’évangéliser.
+ Pascal Wintzer, évêque Administrateur apostolique de Poitiers Président de l’Observatoire Foi et Culture de la Conférence des évêques de France
Depuis l’entrée en Avent, nos villes sont pleines de sollicitations pour Noël : on veut nous faire consommer. Sans céder à tout nous devrons bien offrir quelques cadeaux. Mais comment se situer chrétiennement dans tout cela ?
A l’approche de Noël, il s’agit pour beaucoup d’entre nous de trouver un ou plusieurs cadeaux que nous pourrons offrir le jour dit. Pourtant, çà et là, on trouve une certaine gêne de la part des chrétiens. Noël serait (est ?) devenu une fête essentiellement commerciale. Alors faut-il que nous fassions comme les autres ou au contraire ne devons-nous pas affirmer notre différence et refuser cette tendance en n’offrant aucun cadeau ? Certains ont trouvé une autre solution en décalant la date : c’est ainsi que dans certaines régions de France on offre les cadeaux à la saint Nicolas début décembre, ou encore à l’Epiphanie en même temps que les Mages. Mais finalement est-ce que la date est la bonne question ? Le vrai problème n’est-il pas plutôt : qu’est-ce que j’offre à travers ce cadeau ? Qu’est-ce ce cadeau signifie ?
Nous avons tous en tête – pour l’avoir vécu personnellement ou l’avoir vue- le cas où nous recevons un cadeau qui n’a pas de valeur aux yeux du monde et qui pourtant a un prix infini à nos yeux (d’ailleurs l’inverse est vrai également). Il paraît même que le lendemain de Noël sur Ebay, c’est la foire aux bonnes affaires : de nombreuses personnes revendent un cadeau offert la veille ! Et oui, nous sommes faits ainsi, les hommes, que pour nous, l’essentiel c’est le sens ! Pour mon chien, l’essentiel sera la quantité et que le cadeau soit emballé ou non, peu importe. Pour moi, c’est tout différent ce qui m’importe c’est finalement le poids d’amour que représente ce cadeau !
C’est nous-mêmes que nous devons donner
Or mesurer ce poids n’est pas si facile ! Une chose est sûr : « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn15, 13). A travers nos cadeaux, c’est bien nous-mêmes que nous devons donner. Finalement un cadeau veut être l’expression de ce que nous sommes prêts à donner à l’autre, c’est à dire nous-mêmes. Redoutable mais tellement plus profond ! Ainsi on peut faire un cadeau magnifique (extérieurement) : si celui-ci n’est pas le signe des multiples attentions quotidiennes il perd sa valeur car il n’a pas de sens pour nous, il arrive comme un cheveu sur la soupe.
Durant ce temps de l’Avent peut-être que la question qui nous est posée n’est pas tant quel cadeau vais-je offrir, mais bien plutôt quels actes concrets d’amour je pose dès aujourd’hui pour que mon cadeau à Noël soit beau ? D’ailleurs je crois que cela nous aidera à trouver un cadeau plus facilement, car celui-ci ne devra pas tout dire de notre relation à l’autre mais il sera là simplement pour signifier ce que nous essayons de vivre au quotidien !
Père Pierre Poidevin, prêtre du diocèse d’Arras, vicaire en paroisse et en mission auprès des jeunes de la ville de Calais.
«Porter la bonne nouvelle aux pauvres, annoncer aux prisonniers qu’ils sont libres, aux aveugles qu’ils verront la lumière, apporter aux opprimés la libération… » C’est en reprenant ces mots du prophète Isaïe que Jésus exprime au début de son ministère public, ce que va être le cœur de sa mission Il signifie ainsi que sa présence au monde passe par des changements concrets dans la vie des pauvres, des plus fragiles, des plus vulnérables. C’est dans cette mission que prend sens l’élan solidarité et de générosité de la campagne Noël solidaire.
« La véritable aventure au grand large c’est donner sa vie pour les autres ! »
Nous aspirons tous à la liberté. Certainement parce que nous avons tous nos prisons intérieures. Nous aspirons à quitter ces prisons pour aller vers une vie au grand large. Sur cette Terre dont l’homme a découvert tous les horizons, peut-être que la véritable aventure au grand large c’est de donner sa vie pour les autres ! Le Christ nous appelle à prendre ce chemin-là, à sa suite.
Ce chemin n’est pas réservé à une élite. Nous pouvons tous l’emprunter quelle que soit notre vie aujourd’hui, quelles que soient nos blessures, quel que soit notre statut dans la société, que nous soyons jeune ou plus âgé. Il mène à la joie de vivre et à la paix entre les hommes.
Ce chemin commence là où nous sommes, avec ceux qui nous sont proches, au quotidien. Il nous conduit aussi à la rencontre des plus fragiles.
« Donner nous permet de devenir plus humain »
Donner le meilleur de nous même dans une action solidaire, nous mettre au service, partager du temps, des compétences, aide les autres et en même temps nous donne de la joie. Cette solidarité est vitale pour notre humanité. Le chacun pour soi conduirait à laisser sur le bord du chemin les plus vulnérables. Partager, donner nous permet de devenir plus humain. Cela nous fait du bien, nous construit, renforce l’estime que nous avons de nous même.
Convaincus de cela, nous réalisons aussi que ce qui est bon pour nous peut l’être encore plus pour celui ou celle qui est en situation de fragilité, de pauvreté. Les épreuves, les échecs qui se répètent, finissent souvent par faire croire à celui ou celle qui les vit qu’il ne vaut rien, qu’il est nul.
« Permettre à l’autre de donner le meilleur de lui-même »
Nous mettre vraiment au service, c’est alors permettre à l’autre de donner le meilleur de lui-même, de partager, de (re)découvrir qu’il a de la valeur. C’est nous mettre à l’écoute de ce qu’il a à nous dire. C’est nous laisser accueillir. C’est croire en lui, en ses richesses. Pour ne donner qu’un exemple : en cette fin d’année, on peut organiser des repas de fête pour « les démunis », on peut aussi le faire AVEC eux et découvrir que ceux qu’on pensait démunis ont des talents, des savoir faire. Ces repas seront alors des temps de partage où des rencontres vraies seront possibles, chacun y donnant quelque chose de lui-même. Ce sont ces rencontres qui donnent vie, qui permettent à chacun de sortir de ses prisons intérieures.
Le Christ nous appelle tous à la liberté, sans exception. Il nous révèle que nous avons tous une valeur infinie, que nous sommes tous aimés du Père. C’est la bonne nouvelle qu’il nous demande d’annoncer à sa suite.
Daniel Maciel, diacre Coordination Diaconia2013 « servons la fraternité »
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