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« Compostelle au pas de l’âne », le Chemin de Caroline et Pépite

Publié par jeunescathos le 4 avril 2017 - A la Une, Engagements, Jeune du mois, Vie de l'Eglise

Caroline a aujourd’hui 27 ans. En 2014, à peine diplômée, elle décide de partir à Saint-Jacques de Compostelle. A pied, mais pas seule : pour l’accompagner tout au long de ces 1800 kilomètres, elle choisit une ânesse, Pépite. Un sacré défi commence pour la jeune femme, plus habituée aux campus étudiants qu’aux âpres sentiers de randonnée. A son retour, Caroline relate cet extraordinaire périple dans un livre à paraître le 13 avril prochain. Partir à Compostelle, c’est explorer un monde, celui du « Chemin », et en découvrir un autre, intérieur et secret : deux réalités qui se nourrissent mutuellement, et dont notre jeune aventurière nous donne ici un avant-goût.

 

En avant pour Compostelle ! © C.de Danne

En avant pour Compostelle ! © C.de Danne

En parcourant le chemin de Saint-Jacques, qu’as-tu réalisé : un rêve, un pèlerinage, une marche, un défi… ?

Avant tout, j’ai répondu à ce que j’ai accueilli comme un appel du Chemin aussi mystérieux qu’impérieux. Jamais l’idée de partir vers Saint-Jacques ne m’avait effleuré l’esprit, encore moins en solitaire et d’une traite ! Mais cela m’est soudain apparu comme une telle évidence que je me suis décidée en quelques secondes, avant même de savoir placer Compostelle sur une carte. Dès lors, j’ai vraiment vécu la route comme un pèlerinage, dans les mains du Seigneur. C’est parce qu’Il avait formulé pour moi une promesse de vie sur son Chemin que j’ai préparé mon paquetage.

Cela a aussi été un défi, dans la mesure où je n’avais jamais randonné. Et une épreuve. Car si le Chemin a été pour moi une aventure extraordinaire, il n’a pas été facile tous les jours. J’ai parfois souffert physiquement, mais aussi d’être seule face à moi-même, sans compter le combat spirituel quasi permanent. Pourtant, dans les épreuves, j’ai appris à me mieux connaître et m’accepter, avec mes forces et mes limites. Et les embûches m’ont ouvert les yeux sur la présence continue du Seigneur à mes côtés. J’ai appris la confiance et le lâcher prise. En ce sens, le Chemin a été libération.

L'unique, la vraie Pépite ! ©C.de Danne

L’unique, la vraie Pépite ! ©C.de Danne

Pour partir à Compostelle, tu as choisi comme compagnon de route un âne. Était-ce le bon choix ?

Sans aucune hésitation ! Et pourtant, Pépite m’en a fait voir de toutes les couleurs au début… Cela dit, ses bêtises sont très secondaires par rapport à tout ce que ma bourrique m’a offert. Car elle ne s’est pas contentée de porter mes affaires de camping. Elle a surtout été le vecteur de rencontres extraordinaires, attirant autour d’elle pèlerins aussi bien qu’habitants des régions traversées. Sans elle, je crois que je n’aurais pas pu ni su m’ouvrir comme je l’ai fait, car je suis de nature timide.

Et puis, Pépite m’a fait le cadeau de sa confiance. Cela allait bien au-delà du dressage : nous sommes devenues compagnes de route, presque amies à notre manière. Cela a donné encore plus de relief à notre périple.

Caroline de Danne-1400As-tu écrit ce livre au retour de ton périple, ou pendant ?

Entre la marche, les indispensables siestes, les conversations du soir, le montage du camp, les soins à Pépite, et les corvées type lessive au seau, j’aurais eu bien du mal à écrire un livre pendant ce voyage !

En réalité, à mon retour du Chemin, je m’étais juré de ne jamais écrire sur lui. C’était trop dense, trop beau, trop fou… Mais le Chemin est venu me rechercher trois mois après que Pépite et moi sommes rentrées. Il m’a invitée à témoigner de ce que j’avais vécu comme il m’avait invitée à me mettre en route. Dans un premier temps, j’ai gardé ces pages pour ma famille et quelques amis. Ce sont eux qui m’ont incitée à partager plus largement le fruit de cette aventure.

Etait-ce facile d’écrire à propos de ce que tu as vécu ? Au-delà de la description, n’y a-t-il pas une grande part d’indicible, un sentiment d’inexactitude en parlant de son expérience ?

Je ne dirais pas qu’écrire m’a été difficile : ce que je sentais vouloir partager était mûr et je n’ai eu qu’à le coucher sur le papier. Cela dit, je crois effectivement avoir vécu quelque chose qui ne peut être contenu dans des mots. Mais le sentiment d’inexactitude que je ressens tient davantage au fait que je n’ai pas encore accueilli tous les fruits que le Chemin m’a offert et continue de m’offrir chaque jour. En ce sens, mon récit a quelque chose d’inachevé, car le voyage se poursuit dans ma vie ordinaire depuis mon retour. Loin de m’en plaindre, je m’en réjouis profondément !

Sur le Chemin... ©C.de Danne

Sur le Chemin… ©C.de Danne

À qui s’adresse ce livre : aux chercheurs de Dieu, à des marcheurs potentiels… ?

Je dirais, à tous ceux qui sont en quête de quelque chose – d’eux-mêmes, des autres, peut-être de Dieu. J’espère que mon récit pourra les aider, moins à trouver des réponses qu’à les chercher.

Quelle citation biblique pour tenter de dire ce que tu as vécu ?

«Le Seigneur dit à Abram : « Quitte ton pays, ta parenté et la maison de ton père, et va vers le pays que je te montrerai »» (Genèse 12, 1), «Le Seigneur est mon berger, je ne manque de rien» (psaume 22) et «Choisis la vie» (Deutéronome 30, 19).

Et maintenant, vers où marches-tu ?

Vers là où le Seigneur voudra me conduire. Plus exactement, je m’efforce de l’écouter autant que possible pour cela.

Compostelle au pas de l’âne, la Grande Ecole du Chemin, Caroline de Danne, éditions MediasPaul France, 200 pages, 18 €, à paraître le 13 avril 2017. 

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