Articles à propos de handicap
Le mardi 6 mars, l’Office Chrétien des personnes Handicapées (OCH), en lien avec l’association Simon de Cyrène, organise une grande veillée de prière à Notre-Dame des Champs avec les personnes handicapées, où interviendra Mgr James, évêque de Nantes. A partir de 19h45, se succèderont temps de louange, enseignement et adoration. Une occasion unique de se laisser aimer et transformer par les plus fragiles. Claire, 29 ans, atteinte d’un handicap moteur depuis sa naissance, explique pourquoi cette veillée l’interpelle.
Que représente pour toi cette veillée de prière ?
Pour moi c’est l’occasion de se poser devant Dieu et avec les autres, c’est important en plein cœur du carême.
Ma vie me semble parfois être un combat, un défi incessant. Je me bats contre la douleur. Je me bats pour rester debout, pour être autonome. Je me bats pour ne pas me laisser atteindre trop par le regard des autres qui parfois, est si dur. Depuis ma naissance, je me bats !
Le thème de cette veillée, « Laisse-toi aimer ! » m’atteint en plein cœur, c’est le cas de le dire. C’est tellement difficile de se laisser faire. C’est tellement difficile d’être dépendant.
Mais si je regarde Jésus je vois qu’il n’était pas résigné, il n’était pas passif. D’ailleurs, toute sa vie, il a guéri des malades et il n’est jamais resté les bras ballants devant la souffrance d’un malade.
Mais il me montre le chemin pour me laisser aimer : accepter que mon handicap soit visible, et du coup, ça permet aussi à d’autres, de montrer leur fragilité.
C’est aussi une richesse de cette veillée, on sera plusieurs ! Je ne suis pas seule à souffrir d’un handicap. C’est le cas d’autres aussi. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans un ghetto… Simplement de me dire que la vie, la vraie vie, peut jaillir du partage avec d’autres jeunes, qui d’ailleurs ne sont pas forcément handicapés. On a tous des moments d’épreuve, non ?
Comment vis-tu ta foi ?
Mon handicap me relie beaucoup à Dieu. Parce que c’est là qu’il me rejoint, dans ma dépendance. Parfois je suis en colère contre lui. Parfois je me demande même, pourquoi cette vie ! Mais dire cela, c’est déjà reconnaître qu’il y a de la vie et qu’elle me dépasse, qu’elle est plus forte que moi. La vie est une force qui ne s’éteint pas, voilà ce que je crois.
Claire, 29 ans, IMC.
Liens utiles
Le site de l’OCH
Le site de l’association Simon de Cyrène
En décembre, A Bras Ouverts (ABO) fêtait ses 25 ans ! ABO est une association d’inspiration chrétienne qui organise l’accueil par des accompagnateurs bénévoles d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes ayant tout types de handicap le temps de week-ends ou de vacances. Le principe de l’association repose sur le binôme constitué d’un jeune handicapé et de son accompagnateur. Retour sur les 25 ans de l’association !
« Et oui les amis, 25 ans déjà!
Peut-être est-ce la joie de se revoir tous ensemble et de recroiser des amis de la France entière, peut-être le fait de savoir que nous allons bien rire encore, peut-être simplement le fait de sentir qu’on peut aimer sans se priver… toujours est-il que nous commençons tous les 3 cette journée avec une superbe joie ! Le fauteuil de Gilou tourne à fond, des amis par-ci, par-là, un jeu dehors, des déguisements à enfiler, des photos, le livre d’or.. Nous n’en finissons pas et tant mieux. On a le droit de redevenir des petits, pas vrai Gilou? C’est tour à tour, durant le week-end, que nous découvrons ensemble les décors féériques, les nombreux ateliers qui nous promettent des moments de plaisirs, cette nouvelle chanson écrite pour A Bras Ouverts que nous n’arrêtons pas de chanter jusqu’à en perdre haleine. Tout est fait pour que nous vivions pleinement cette belle aventure proposée par nos gentils organisateurs qui animent ce magnifique week-end de fête. Tous ces sourires en cascade l’indiquent, la recette du bonheur n’est plus à chercher, je crois qu’elle est là ! La fiesta du samedi transforme la salle du parc floral en une salle de danse géante. La soirée se termine en apothéose avec une nouvelle surprise : tous ensemble nous soufflons les 25 bougies du gâteau d’anniversaire d’A Bras Ouverts ! « Joyeux Anniversaire A Bras Ouverts !!!! »
Le monde a besoin des tout-petits
Puis arrive dimanche, nous avons la chance d’assurer le service de la messe, afin de recevoir une fois de plus le sacrement de la vie éternelle. Et c’est reparti, car nous arrivons au terme de ce moment avec encore une fois une grosse surprise: il s’agit d’un spectacle hors-norme avec estafettes, trampoline, ballons confettis! A la hauteur de la foliequi anime nos âmes avec nos amis: folie qui est de se donner la main, d’être heureux ensemble, juste le temps de croire qu’enfin tout est possible pour nous si on se donne.
Que dire de plus? Merci pour l’organisation, merci pour les Responsables d’Activités, pour tous ceux qui sont actifs au sein de l’association, merci à celui qui m’a invité un jour, merci à Dieu.Que chacun puisse découvrir combien la vie est belle, peut-être est-ce l’unique mission d’A Bras Ouverts, et qu’elle est belle. Il faut poursuivre, créer des ponts, des passerelles, entre les gens, les maisons, les pays. Le monde a besoin des tout-petits, O combien; mieux encore, il sera sauvé par la prière des tout-petits. »
Pierre Labalette, membre d’ABO
Liens utiles :
Le site de l’association A Bras Ouverts
Le témoignage de Domitille, partie aux JMJ avec A Bras Ouverts
L’Arche est un réseau de communautés accueillant des personnes ayant un handicap mental. Dans les foyers de L’Arche, les assistants (des volontaires ou des salariés) partagent le quotidien de ces hommes et femmes pendant des mois ou des années. C’est le cas de Marie-Astrid et d’Apolline, assistantes à l’Arche de Cuise !
« Les personnes accueillies ont tant à nous apprendre »
Vous pourriez dire étrange et peut être un peu fou, nous ne vous dirions pas non. Et pourtant, vivre ensemble est une chose tout à fait naturelle. Manger, rire, pleurer, découvrir l’autre au quotidien, apprendre, rencontrer… Voilà deux ans que je suis à l’Arche de Cuise (Oise), je suis arrivée un soir un peu par hasard et je suis restée ! Découvrir la vie de foyer (petite maison au fonctionnement familial) n’est pas une mince affaire, mais découvrir les personnes qui y vivent est complètement fou ! J’ai d’abord appris à écouter dans un foyer où presque aucune des personnes accueillies ne parlent, à écouter avec mes yeux, avec mes mains et avec mon cœur. Les personnes accueillies par leur différence, leur confiance et leur amitié ont tant à nous apprendre, encore faut-il être disponible… J’ai appris que chaque sourire est un cadeau, que cinq minutes sur un canapé avec quelqu’un ne sont pas perdues mais gagnées, qu’un fou-rire est l’antidote de la dépression et une peine partagée un trésor.
Et pourtant vivre ensemble n’est pas si simple, on conjugue vite certain verbe, je nettoie /tu salis, je m’énerve/tu cries, tu me fais tourner en rond et je cours, et pour finir nous rions ! J’aime ma vie ici et je suis fan des personnes avec qui je vis, les plus belles perles sont enfermées dans les huîtres, ma passion : découvrir comment les ouvrir !
Marie-Astrid
« Je me sens aussi différente qu’eux ! »
Pour ma part, les débuts ont été un peu plus difficiles. M’éloigner de ma famille et de mes amis était difficile… Le changement de climat aussi !! Mais j’ai découvert un foyer avec des personnes qui m’attendaient et qui ont bien voulu me faire confiance.
Ensuite, la vie était tout de suite très agréable. Les personnes accueillies sont riches et leur amitié est très importante à mes yeux. Je me sens aussi différente qu’eux ! Il m’ont ouvert leurs bras et leur cœur et cela est très touchant. J’ai créé de très beaux liens, j’ai beaucoup ri et j’ai fini par découvrir une nouvelle famille, ma famille de cœur.
Ce que j’aime beaucoup aussi c’est le soutien communautaire que l’on découvre surtout quand on rencontre des difficultés (décès, manque d’assistant,…) J’ai découvert qui j’étais réellement et j’ai pu approfondir ma foi en Jésus Christ. C’est très touchant de voir les personnes et leurs relations avec Dieu. Et ça m’a amené à redécouvrir la vie avec Dieu au quotidien et à lui faire confiance. Mais c’est aussi la découverte de nouvelles personnes qui au fil du temps sont devenues mes amis. Avec elles je partage les petits soucis du quotidien mais on se retrouve aussi pour se détendre après une bonne journée. Ces quelques lignes sont bien trop courtes pour vous témoigner de ma vie à l’Arche. Je finirai par dire que l’Arche m’a fait en quelque sorte renaître…
Apolline
Marie-Astrid & Apolline
Liens utiles
Le site de l’Arche de Cuise
Le site de l’Arche en France
Le site de l’Arche internationale
Domitille part depuis 3 ans avec A Bras Ouverts, une association d’inspiration chrétienne qui organise l’accueil par des accompagnateurs bénévoles (étudiants et jeunes professionnels) d’enfants, d’adolescents et de jeunes adultes touchés par un handicap, le temps de week-ends ou de vacances.
L’objet de l’association est de permettre : - aux jeunes touchés par le handicap accueillis dans l’association de passer des moments de détente « entre amis » hors de leur cadre de vie habituel - à leur famille de « souffler » le temps d’un WE en prenant du repos ou en se consacrant à des activités non envisageables avec leur enfant - aux accompagnateurs de découvrir la joie et la richesse d’une rencontre unique avec les jeunes accueillis, dans une relation authentique, simple et joyeuse qui caractérise l’esprit d’A Bras Ouverts.
Première étape, la rencontre avec mon trinôme. A Paris, je fais la connaissance de Pierre et d’Agathe. Déjà, l’ambiance est festive ! A bord de l’avion qui nous conduit à Madrid, les rires fusent, les ooolà saluent les sursauts de l’avion et les chants rythment le trajet. Une joyeuse colonie de vacances insolite et légère, en route pour rejoindre les jeunes chrétiens du monde entier.
A Madrid, l’accueil au centre d’hébergement se fait dans un joyeux mélange de chants, de rires et même de batailles d’eau… le ton des JMJ est donné ! Avec une même intensité et une grande ferveur, nous vivons des temps de catéchèses et des messes. Le thème de cette année, « Enracinés et fondés en Christ, affermis dans la foi », nous encourage à vivre la rencontre avec une joie sincère et simple. Après avoir fait la connaissance de Pierre et d’Agathe, je découvre à Madrid les nombreux autres groupes ABO venus des quatre coins de France. Que de nouveaux visages, tous souriants ! Petit à petit, je mesure mieux le sens des mots ouverture et disponibilité…du mot présence, aussi.
Recevoir la joie des autres et la transmettreJ’ai été particulièrement touchée par le rassemblement de Cuatro Vientos. Accueillis à bras ouverts par les volontaires, nous avons pris place au beau milieu d’une foule immense. Sous une douce chaleur, nous laissons le soir s’installer sur cet immense campement ; vient le temps d’un rafraîchissement tonique pour la veillée ; il s’interrompt pour l’adoration guidée par Benoît XVI. Nous entrons en communion les uns avec les autres en silence et sous le regard du Christ. Nous le laissons venir à notre rencontre, le cœur disponible à son appel. Après tant de regards échangés, de sourires partagés, de ferveur vécue, nous nous laissons gagner par le sommeil. Sous la grande tente ABO, dans le silence de la nuit, je réalise combien cette semaine passée à Madrid avec les personnes handicapées m’a appris à recevoir la joie des autres et à la transmettre.
Dans l’avion du retour, Pierre me dit : « je suis content de rentrer, je vais donner toute cette joie reçue à ma famille et mes amis ! Et rendez-vous aux prochaines JMJ ! ».
Merci à Pierre, à Agathe et à tous les sourires d’ABO…
Domitille, partie aux JMJ avec ABO.
Liens utiles
Le site de l’association A bras ouverts
Le projet Jeune à l’ETranger (JET), avec la Communauté du Chemin Neuf, s’adresse à des jeunes désirant se mettre au service d’une mission particulière de la communauté, et leur offre la possibilité de partir à l’étranger dans l’un des 26 pays dans lesquels celle-ci est présente. Les missions sont variées, allant de l’accueil de pèlerins et voyageurs à l’aide aux enfants défavorisés, en passant par les soins aux personnes handicapées. C’est le projet que Guillaume a choisi de vivre durant le second semestre de l’année 2010-2011.
Du choix du projet
C’est un hasard étrange qui m’a permis de m’impliquer dans ce projet. Ayant validé le second semestre de ma L2 l’année précédente, j’allais me retrouver en janvier 2011 en proie à l’inactivité quand je suis tombé sur un tract JET. L’idée m’a paru intéressante, alliant voyage à l’étranger, service et vie communautaire ; j’ai donc rencontré les responsables du projet. Sans préférence particulière quant au lieu ou à la mission, j’ai fait le choix de laisser la décision au discernement des frères et sœurs, et à l’action de l’Esprit, ce qui est en fait un risque plutôt bien calculé. Fin novembre, le verdict tombe : me voilà envoyé à Jérusalem pour 6 mois, à ma grande surprise (j’avais alors l’esprit plein de clichés plutôt orientés « dispensaire au fond de la brousse »). Après quelques rencontres avec la Communauté, janvier arrive, et me voilà parti.
Du contexte et de la mission
Au cœur de la Vieille Ville de Jérusalem, la Communauté du Chemin Neuf partage avec les Sœurs de Sion une immense « guesthouse », l’Ecce Homo, située près de la deuxième station de la Via Dolorosa. Leur mission sur place est d’accueillir des touristes et pèlerins et de proposer l’accès au Lithostrotos (des vestiges romains dont un dallage sur lequel ont été gravés les jeux auxquels jouaient les soldats de l’époque, et qui rappelle donc le partage des vêtements du Christ). Je retrouve 3 autres JET, un Français, un Tchèque et une Russe, qui seront, avec les 7 frères et sœurs de la Communauté, un peu comme ma famille pendant ces 6 mois.
La maison a une capacité d’accueil d’environ 120 places, autant dire qu’on ne chôme pas ! Entre réception, vaisselle, cuisine, ménage et autres joyeusetés, on trouve néanmoins le temps de discuter avec les employés réguliers de la maison, Palestiniens chrétiens et musulmans.
Ce que je retiens de cette partie de la mission, c’est la profonde joie et la richesse qu’il y a dans l’acte d’humilité de se mettre au service, gratuitement, et parfois sans bien voir la finalité de la chose. Il y a eu, après le temps du début, où tout est nouveau et à découvrir, un moment difficile de remise en question de l’utilité même de mon action là-bas. La réponse était au-delà de l’aspect concret, à la fois dans la rencontre avec l’autre, voyageur, pèlerin, étudiant, et le soutien à une communauté catholique encore en phase d’implantation. Cela a été une expérience très enrichissante d’apprendre à durer dans le service, et de faire confiance au plan de Dieu pour chacun, qui ne nous avait certainement pas envoyés là-bas pour rien.
Comprendre qu’on ne va pas changer le monde d’un coup
Tous les mercredis après midi, nous avons rendez-vous à l’hospice Saint Vincent où avec l’équipe de volontaires sur place nous emmenons un groupe de personnes handicapées en promenade jusqu’à un parc, où dans la mesure du possible nous organisons un temps musique ou jeux (les handicaps auxquels nous sommes confrontés étant parfois très lourds). Cette confrontation (car ç’en a été une !) au monde du handicap était pour moi entièrement nouvelle, et m’a pris au dépourvu : la première fois je me suis senti démuni, impuissant, complètement inutile. Heureusement nous étions plusieurs, et avons pu nous épauler : cela a été d’un grand secours pour sortir de ce « piège » récurrent de la mission à l’étranger, à savoir comprendre qu’on ne va pas changer le monde d’un coup. Une fois cet état d’esprit dépassé, cette rencontre hebdomadaire a été pour moi un temps de grâces diverses, de partage et de joies simples et authentiques, une bouffée d’air quand la vaisselle se faisait trop présente !
Je retiendrai deux choses essentielles de plus : la chance incroyable pour un jeune chrétien de passer du temps en Terre Sainte, et plus particulièrement à Jérusalem, voyage aux racines de notre foi, et l’apport de la vie en communauté. Ces deux aspects ont conféré à ces 6 mois une dimension spirituelle très importante, grâce à la possibilité de prier avec la Parole sur les lieux mêmes où les évènements se sont produits, à la messe et à la prière quotidienne, aux différents temps de partage avec d’autres jeunes chrétiens, au contact avec les autres Eglises… Un voyage qui a changé bien des choses, que ce soit au niveau de ma foi, de mon projet professionnel ou de mes relations, pour passer de Jeune à l’ETranger à Jeune Eternellement Transformé !
Guillaume JEAN, 22 ans, jusqu’à l’an dernier étudiant en faculté de biologie à Clermont-Ferrand, parti 6 mois en Israël avec la Communauté du Chemin Neuf, cette année volontaire à l’Arche, tout en préparant les concours d’éducateur spécialisé.
Liens utiles
Le site de la Communauté du Chemin Neuf
JET : volontariat international, sur le site de la Communauté du Chemin Neuf
Le site de l’Ecce Homo
Pour les JMJ 2011, le diocèse de Paris proposait un itinéraire ouvert aux jeunes sourds, animé en LSF (Langue des Signes Française) ; la route rejoignait à Madrid le lieu d’accueil des sourds du monde entier.
Pascal, Tiphaine, Maureen et les autres ont suivi cette route. De retour de Madrid, ils partagent leurs difficultés à vivre leur foi au quotidien et ce qu’ils retirent de ces JMJ.
« Je me sens souvent isolée »
Plusieurs de ces jeunes témoignent d’une vraie difficulté à vivre au quotidien leur foi en Eglise et à se sentir intégrés dans la communauté.
Pascal (Aix-en-Provence), explique : « Ne pas comprendre la messe est très frustrant ; c’est une forme d’exclusion qui me contraint à me claquemurer chez moi. »
Sébastien (Sarrebourg en Moselle) confirme : « J’assiste régulièrement aux offices sans pouvoir y prendre « corps » car je n’entends pas les lectures du jour et l’homélie. Le sourd est réduit à une prière personnelle dans son coin. Il aura communié, sa foi ne grandira pas mais s’affaiblira. Ma foi s’est donc un peu édulcorée avec le temps. » Sébastien est sourd oraliste : « Jeune, à l’école des sourds, j’ai appris à parler. Les lèvres de mes interlocuteurs sont mes oreilles.»
« J’avais peur de me sentir exclu des JMJ »
Cette proposition d’une route ouverte aux sourds est apparue à ces jeunes comme une belle opportunité de participer aux JMJ sans se sentir à part et de rencontrer d’autres jeunes parlant la même langue qu’eux.
Maureen (Brest) raconte son expérience de pèlerinages à Lourdes avec de jeunes entendants : « Ces jeunes étaient vraiment sympas ; ils m’aidaient à traduire en écrivant quand on était à l’église. Mais sans LSF, je m’ennuyais. »
Certains, comme Pascal, n’auraient sans doute pas participé aux JMJ sans cet itinéraire : « J’avais peur de me sentir exclu des JMJ, donc de la foi, comme cela aurait été le cas avec les entendants. J’ai l’impression d’être un fardeau pour les valides, ce qui m’a fait choisir le groupe JMJ sourds. »
Cette démarche, procédant d’une volonté de partage plutôt que d’un souhait de s’isoler, n’a pas empêché ces jeunes de vivre des rencontres fortes, comme en témoigne Tiphaine (Lyon) : « On pourrait dire que cela fait ghetto, qu’il faut se mélanger, qu’on avance en terrain connu… et bien pas du tout. Car si nous nous ressemblons sur notre façon de vivre notre handicap auditif, nous ne sommes pas dispensés d’aller à la rencontre et à la découverte les uns des autres. »
« Le barrage de la langue n’existe presque pas »
Des JMJ, ils ont tous des anecdotes fortes à raconter. Comme Tiphaine, touchée par la veillée de prière avec le pape à Cuatro Vientos : « Quand l’orage et la pluie sont arrivés, j’étais dégoutée d’avoir laissé mon pull et mon poncho à l’hébergement. Ma voisine, aussi frigorifiée et trempée que moi, regardait le pape à l’écran et m’a dit tout à coup : « On va tenir bon, on ne va pas l’abandonner ! ». (…) J’espère pour l’avenir que dans les moments de doute et de trouble, je saurai faire jaillir de mon cœur ces paroles pour Jésus : je ne vais pas t’abandonner. »
Sébastien, lui, a été marqué par le caractère international des rencontres : « Pour les sourds du monde entier, le barrage de la langue n’existe presque pas. Ils se comprennent et se font comprendre par des signes ou des mimes. C’était un grand moment de partage, d’unité, d’aide, de fraternité … »
Marie et Florent, accompagnateurs d’Alexandre (Nancy), témoignent qu’il était heureux « d’enfin rencontrer de jeunes catholiques qui parlaient la même langue que lui, de pouvoir se confesser auprès d’un prêtre qui le comprenne, de pouvoir vraiment suivre la messe, et de rencontrer des jeunes catholiques du monde entier avec lesquels il puisse communiquer. »
« La foi ne peut pas se vivre seul »
Tous, ils reviennent des JMJ avec une volonté de pouvoir vivre leur foi en Eglise. « J’ai envie d’une meilleure technologie pour une meilleure intégration des personnes sourdes dans la société mondiale, explique Pascal, pour que nous puissions vivre en toute quiétude avec le même Dieu. Il faudrait équiper les paroisses pour les sous-titrages lors des messes ainsi que de boucle magnétique pour pouvoir partager la foi qui ne peut pas se vivre seul. »
Au-delà d’une meilleure accessibilité des messes, ce sont des temps de partage que Sébastien souhaite : « Pour alimenter ma foi, il me manque des échanges, des moments spirituels tels que les catéchèses des JMJ. »
A peine rentrés, plusieurs d’entre eux sont d’ores et déjà bien décidés à se rendre aux JMJ 2013 à Rio pour renouveler l’expérience.
Pascal, Sébastien, Maureen, Tiphaine, Marie et Florent
Liens utiles
Les témoignages complets sur le site du diocèse de Paris
Blog international des jeunes sourds aux JMJ (en espagnol)
Pastorale des sourds et malentendants à Paris


