Culture & Médias
Le jour de l’Ascension, on fête l’élévation de Jésus-Christ au ciel. Jean-Paul Deremble, historien d’art, part d’une oeuvre d’art pour commenter cette fête.
Peut-on signifier une réalité invisible ?Comment représenter le moment de l’invisibilité ? C’est l’épreuve majeure pour le croyant et pour l’artiste. C’est le moment de la Résurrection. Le Christ se révèle alors dans une présence qui intègre son absence, dans une vie qui comprend la mort. Aussi pour expliciter le mystère de la Résurrection, les Évangélistes parlent d’apparitions au cours desquelles le Christ se fait reconnaître à travers les marques de sa passion tout en disparaissant à leurs yeux.
L’artiste qui veut rendre compte de ce moment est donc confronté à une difficulté maximale puisque son image qui est de l’ordre du visible doit signifier une réalité invisible. Est-ce possible ? En fait c’est la condition même du génie de l’art que d’introduire par le visible dans l’au-delà du visible. L’artiste fait l’expérience de la transcendance de la beauté par la manipulation des matériaux concrets jusqu’à ce point où le tangible laisse la place à une vision d’un autre ordre dont il est toujours difficile de parler puisqu’elle est celle de la plénitude de la beauté.
Il se passe quelque chose de tout à fait semblable dans l’ordre de la foi : au moment où je reconnais le Christ, celui qui est crucifié, il devient invisible mais présent par mon témoignage.
Chercher dans le ciel un signe de DieuParmi mille images, le vitrail de Champ-près-Froges dans l’Isère montre l’admirable articulation des contraires :
- en haut le Christ dans la Gloire du ciel, au sein d’une mandorle tenue par deux anges – manière traditionnelle de montrer un ciel ouvert mais inaccessible – ;
- en bas les Apôtres assemblés en Église recevant l’Esprit de la Pentecôte et inaugurant le temps de la mission.
- Au milieu, dans un entre-deux problématique, encore les Apôtres qui regardent avec tension vers le ciel mais qui ne voient rien sinon un message porté par les messagers d’excellence que sont les anges. Tout le vitrail est dans ce noyau central qui convertit le désir de voir la Gloire de Dieu en haut en témoignage apostolique ici-bas. Magnifique croisement du ciel et de la terre.
C’est notre condition de chercher dans le ciel, donc en dehors de soi, – parfois dans des images trompeuses – un signe de Dieu, qui se trouve en fait au milieu de notre vie d’épreuves crucifiantes, puisque Dieu nous y rejoint par son Esprit et nous donne de devenir ce signe incarné de beauté dont le monde a tant besoin.
Jean-Paul Deremble Université de Lille 3
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L’Ascension est inséparable du mystère de Pâques Que fête-t-on jeudi 17 mai prochain ? « Comme s’ils voyaient l’invisible » par Mgr Sankalé
Il y a un an, Jeunes Cathos Blog voyait le jour !
C’était à l’occasion de la béatification de Jean-Paul II, à Rome, à laquelle nous avions assistée et dont nous avions voulu vous ramener un témoignage : un million de pèlerins, et nous et nous et nous !
Le 1er mai 2011, nous avons ainsi ouvert ce blog pour donner la parole aux jeunes et pour aborder tous les sujets qui peuvent vous intéresser ! Depuis, nous n’avons pas arrêté de l’améliorer, avec de nouvelles rubriques, des dossiers… pour qu’il réponde toujours mieux à ce que vous attendez !
Un grand concoursPour fêter cet anniversaire un peu particulier, nous avons souhaité organiser un grand concours pour permettre à chacun de partager sa vision du jeune catho en 2012. Avec « Des photos et des mots », prends ton appareil photo, ton téléphone, ta plus belle plume et montre-nous ton talent et ta créativité !
Alors, pour toi, c’est quoi un jeune catho ?
Un concours, deux catégoriesDes photos … A travers une photo originale, laisse s’exprimer ta créativité et montre-nous le jeune catho de 2012.
… et des mots Avec une phrase ou simplement trois mots, dis-nous ce qui définit le mieux le jeune catho de 2012.
Inscription au concours Pour s’inscrire, le candidat doit envoyer sa production et le formulaire d’inscription ci-joint rempli à l’adresse blog@jeunes-cathos.fr, au plus tard le jeudi 31 mai à minuit. L’inscription est effective à la réception de la candidature par l’équipe du Jeunes Cathos Blog.
Les lots Les gagnants du concours recevront des exemplaires de Youcat, Youcat – Livre de prière et Ze Bible.
RèglementArticle 1 Ce concours a pour objet la production d’une photo ou d’un message (slogan ou trois mots) définissant le jeune catho de 2012. Ces productions doivent être inédites et respecter les lois en vigueur (sont notamment proscrites toutes productions à caractère injurieux, diffamatoire, raciste, incitant à la violence ou à la haine raciale ou violant la vie privée d’une personne)
Article 2 Ce concours est gratuit et ouvert à tout public de 18 à 30 ans.
Article 3 Les productions doivent être retournées au plus tard le jeudi 31 mai à minuit à l’adresse blog@jeunes-cathos.fr en format JPG (pour les photos) et PDF (pour les messages). Les slogans peuvent faire jusqu’à 200 signes (espaces compris). Un accusé de réception sera envoyé à chaque production reçue.
Article 4 Les productions candidates seront mises en ligne dès leur réception sur la page Jeunes Cathos Blog sur Facebook, où ils seront soumis à l’avis des internautes. Les productions gagnantes seront sélectionnées par un jury composé des membres du SNEJV (Conférence des Evêques de France), qui tiendra compte des avis émis sur Facebook.
Article 5 Dans les deux catégories (photo et message), les auteurs des trois productions sélectionnées recevront un prix.
L’auteur de la première production sélectionnée recevra un exemplaire de Youcat et de Ze Bible. L’auteur de la deuxième production sélectionnée recevra un exemplaire de Youcat – Livre de prière. L’auteur de la troisième production sélectionnée recevra un exemplaire de Youcat. Toutes les informations et formulaire d’inscriptionConcours jeunes cathos
Concerts de pop chrétienne et de musique sacrée, expositions, conférences, pièce de théâtre… le festival Pâques en Octaves aura lieu du 13 au 15 avril à Blois. Bénédicte, membre de l’équipe d’organisation, raconte.
L’aventure a commencé pour moi le 11 juillet 2011, jour où Mathieu, le président de l’association « Pâques en Octaves », m’a demandé si je voulais m’engager dans le projet : créer un festival sur Blois, avec une double programmation pop et classique, pour redynamiser la ville et particulièrement le diocèse.
Une forte demande et un réel publicCe concept original avait été entrepris par le « Festival de Pâques » de Chartres qui avait attiré jusqu’à sa dernière édition des milliers de personnes. L’annulation de l’édition 2011 laisse un grand nombre de déçus. En voyant les articles suite à cette subite annulation, Mathieu a alors eu l’idée de reprendre ce concept novateur et de délocaliser le festival sur Blois. Nous avions conscience que c’était un projet ambitieux au vu du travail que nous allions devoir fournir et du budget qu’un tel évènement demandait. Nous étions un groupe d’étudiants, venant des quatre coins dela France, réunis autour de ce projet, qui nous ne connaissions pas grand chose au monde du spectacle.
Nous avons du faire face à de réelles difficultés : nous avons vite réalisé qu’il n’était pas si simple d’obtenir les autorisations pour le lieu du festival et de trouver des partenaires pour financer le festival. Nous nous sommes parfois heurtés à des réticences.
Il y avait également un vrai enjeu autour de la programmation : nous nous devions de présenter un programme sérieux à nos futurs festivaliers. Pour cela, nous nous sommes entourés de professionnels avec Grégory Turpin, chanteur reconnu dans le milieu pop et Vincent Grappy pour le classique qui est notamment le titulaire de l’orgue de la cathédrale de Blois.
Mais quels que soient les obstacles, il y avait une forte demande et un réel public suite à l’arrêt du « Festival de Pâques » : autant dire que notre projet tombait à pic !
« Une occasion d’extérioriser ma foi »A titre personnel, je ne pouvais que répondre par un grand « oui » à cette proposition : c’était une occasion de découvrir le monde associatif qui m’était inconnu, mais aussi d’extérioriser ma foi et de pouvoir faire une œuvre pour l’Eglise en participant à la « nouvelle évangélisation ».
Mathieu m’a confié le poste de secrétaire, que j’ai vite découvert : mails, coups de téléphone, archivage des différents documents reçus… Autant de tâches qui m’ont montré à quel point le rôle du secrétaire est indispensable. Non seulement je dois être la médiatrice entre l’association et les différents secteurs publics et privés, mais aussi la personne qui parle au nom du festival. Il me faut, en permanence, être efficace et disponible.
Avec cette expérience, j’ai pu me rendre compte du résultat produit par un réel travail d’équipe. Grâce aux efforts de tous, nous pouvons proposer aujourd’hui 22 concerts, 3 conférences mais aussi 1 exposition de 3 artistes contemporains et une pièce de théâtre et ce sur un week-end.
Je vous donne rendez-vous du 13 au 15 avril à Blois avec Paddy Kelly, Glorious, le chœur de la cathédrale de Birmingham, le Quatuor Girard et encore bien d’autres!
Bénédicte Franc, secrétaire de l’association « Pâques en octaves »
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Le site de Pâques en Octaves La programmation du festival L’équipe d’organisation du festival
Les derniers mois de l’année 2011 ont été marqués par la polémique qui s’est développée à la suite de deux spectacles donnés à Paris et dans quelques-unes des grandes villes de France : Sur le concept du visage du fils de Dieu de Romeo Castellucci et Golgota Picnic de Rodrigo Garcia. Mgr Pascal Wintzer, Administrateur apostolique de Poitiers, revient sur ces polémiques.
Il y a différentes manières de porter un jugement sur ces spectacles, comme d’ailleurs sur toute œuvre d’art. La première attitude c’est de formuler un jugement esthétique. Ici, il en va des goûts et des couleurs ; la diversité des opinions est naturelle et nécessaire. Celle que je propose ici m’est donc très personnelle. Certes, je suis évêque, mais ceci ne me donne aucune compétence particulière pour donner un avis qui serait plus pertinent que n’importe quel autre. Ceci dit, si toute opinion est légitime, avant de s’exprimer, elle doit respecter quelques exigences. La première, c’est bien sûr d’avoir vu le spectacle en question, ou le film s’il s’agit de cinéma.
Or, je n’ai pu voir aucun de ces deux spectacles : vous avez alors le droit d’arrêter ici de me lire.
Cependant, il y a trois ans, j’ai vu un précédent spectacle de Romeo Castellucci, son adaptation de L’Enfer de Dante. Certes, le sujet appelle cela : le spectacle était constitué d’images fortes. Ainsi, dès le lever de rideau – même s’il la scène n’était fermée par aucun rideau – une dizaine de chiens d’attaque, tournés vers le public, aboyaient et montraient les crocs (ils étaient heureusement tenus en laisse). Les spectacles de Castellucci sont purement visuels, ils ne comportent aucun dialogue, seules parlent les images. Pour ma part, je peux estimer qu’il s’agit davantage d’une performance que de théâtre : le théâtre, c’est avant tout un texte, et un grand texte. Mais en cela Castellucci appartient bien à notre culture d’images ; rien n’existe en dehors d’elles ; de même, une fois ses spectacles terminés, qu’en reste-t-il, puisqu’il n’y a aucun texte ?
Pour Rodrigo Garcia c’est différent. Il travaille sur un texte, et il en est l’auteur. Ceci est significatif de bien des spectacles contemporains : même s’ils sont une œuvre collective, le metteur en scène y tient la première et presque unique place : auteur, scénographe, metteur en scène, interprète parfois. Et lorsqu’il se saisit d’un texte classique (Racine, Shakespeare, Tchekhov) il le « retravaille » souvent au risque de le travestir.
Même si Golgota Picnic s’appuie sur un texte, il opère aussi par des images. Le dessein du metteur en scène, c’est la critique de la société de consommation et du capitalisme financier. Pour lui, tout se trouve peu à peu contaminé par cela, même la religion. D’où des images, reconnaissons-le, faciles et grossières : une scène dont le sol est constitué de hamburgers et un Christ en croix dont des billets de banque sortent de la plaie de son côté.
Vous le constatez, je formule plus que des réserves quant aux qualités artistiques de ces deux œuvres ; cependant, c’est autre chose de les regarder comme voulant attaquer la foi chrétienne et la personne de Jésus-Christ.
Ici, plus que les slogans des flatteurs ou des détracteurs, ce sont les propos même des auteurs de ces spectacles qu’il faut entendre. Avant de leur prêter quelque intention blasphématoire, écoutons-les.
« Un jour, en feuilletant un livre, je suis tombé sur ce portrait de Jésus que j’avais étudié des années auparavant, aux Beaux-Arts de Bologne. J’ai littéralement été saisi par ce regard qui plonge dans vos yeux : j’ai marqué une pause, très longue, qui n’avait rien de naturelle et j’ai compris qu’une rencontre s’opérait. Je n’étais pas seulement devant une page de l’histoire de l’art, mais devant autre chose. Il y avait un appel dans ce regard. C’était lui qui me regardait, tout simplement. Dans Sur le concept du visage du fils de Dieu, ce regard du Christ est central et rencontre chaque spectateur, individuellement. Le spectateur est sans cesse observé par le fils de Dieu. Montrer le visage du fils de Dieu, c’est montrer le visage de l’Homme, Ecce Homo saisi au moment de la fragilité qui ouvre à la Passion. […].
Jésus est depuis toujours le modèle de l’Homme. Depuis la crucifixion, Dieu s’est abaissé jusque dans notre misère la plus triviale : il nous précède dans la souffrance en général, et dans celle de la chair en particulier […].
Pas de polémique, pas de blasphème, pas de raccourci de pensée ni de caricature idiote : ce que je fais requiert une lecture patiente, du temps et de la réflexion. Ce que je fais est un appel à l’intelligence et à la sensibilité de chacun des spectateurs. A la fin du spectacle, un voile noir coule sur le portrait du fils de Dieu : Dieu se retire dans le brouillard du fond de scène, depuis lequel il avait fait son apparition. Il est venu à nous et nous a regardés : il l’a fait. » (Dossier de presse du Festival d’Avignon 2011).
Enfin, il me semble qu’un texte de l’Evangile éclaire l’attitude que, comme chrétiens, nous pouvons adopter lorsque des spectacles, des films, des livres, traitent de qui donne sens à notre vie.
Au chapitre 16, versets 13 et 14, de l’évangile de saint Matthieu, Jésus demande à ses disciples : « Le Fils de l’homme, qui est-il, d’après ce que disent les hommes ? » Ils répondirent : « Pour les uns, il est Jean Baptiste ; pour d’autres, Elie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. »
Encore aujourd’hui, des hommes et des femmes disent qui est pour eux Jésus-Christ ; ils ont ou non la foi, mais ils reconnaissent en lui une des grandes figures de l’histoire de l’humanité. N’ont-ils donc pas le droit de parler de Jésus, même s’il n’est pas pour eux le Fils de Dieu, le Sauveur ? Même sans partager ce qu’ils expriment, on peut respecter leur opinion, on peut l’estimer avec intérêt, on peut même y entendre proposée une manière originale, belle, de parler du Christ. Et puis, si nous acceptons d’engager le dialogue, ce peut être un point de départ pour rendre compte de la vérité du visage de Jésus-Christ.
C’est ce que demande Jésus dans les versets suivants, 15 et 16, du même chapitre : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Prenant la parole, Simon-Pierre déclara : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ! » C’est ce que firent les milliers de catholiques rassemblée à Notre-Dame de Paris le soir du 8 décembre, en réponse à l’invitation du cardinal Vingt-Trois : ils ont médité la Passion du Seigneur et chanté leur foi sans la salut qu’il donne.
N’oublions pas qu’un des plus ardents apôtres du Seigneur fut d’abord un persécuteur : saint Paul. Je ne pense pas que Castellucci ou Garcia aient voulu persécuter les chrétiens ou dénigrer le Christ. Les enfermer dans ces jugements, comme traiter de mécréants tous ceux qui parlent de la foi sans employer les seules formules du catéchisme, c’est ne leur laisser aucune chance d’aller plus loin dans une découverte de la plénitude du mystère de Jésus-Christ. Quant à nous, notre mission n’est pas de condamner mais d’évangéliser.
+ Pascal Wintzer, évêque Administrateur apostolique de Poitiers Président de l’Observatoire Foi et Culture de la Conférence des évêques de France
« A cette génération, il ne sera donné que le signe de Jonas » (Mt 16,4). C’est cette parole du Christ qui a décidé du choix d’adapter le livre de Jonas en comédie musicale. L’aventure a commencé il y a quatre ans pour Etienne Tarneaud, compositeur des 18 titres de ce spectacle et interprète du rôle titre et pour Jocelyne Tarneaud (sa mère), auteur du livret et des paroles.
C’est un binôme inattendu que celui d’un fils et d’une mère comme créateurs d’une comédie musicale d’inspiration biblique ! Mais à Pâques 2004, lorsque j’ai « entendu » des mélodies que j’ai fixées sur ma guitare, c’est vers l’auteur et la journaliste qu’elle est que je me suis tourné spontanément. Faire du livre de Jonas une comédie musicale pour le grand public s’est très vite imposé à nous. Comment porter ce signe de Jonas à une génération parfois indifférente à la religion?
Ce que j’aimais chez Jonas, l’homme à la baleine, c’est justement son côté rebelle ! Sans inquiétude métaphysique : juste l’envie d’être heureux en repoussant le plus loin de lui la menace de Ninive. En effet, aller à Ninive, capitale du monde connu de l’époque, pour lui dire que si dans quarante jours elle ne change pas sa conduite elle sera détruite, c’est pour Jonas signer son arrêt de mort !
Jocelyne Tarneaud a travaillé les symboles dans la Bible[1] en s’inspirant de la tradition juive très riche en ce qui concerne Jonas. En effet, c’est lui qu’on lit le jour de Kippour ! Pour la tradition juive, Jonas reçoit sa mission à Jérusalem ce jour précis. C’est pourquoi il s’embarque au port le plus proche, pour fuir le plus loin possible, à Tarsis. Pourquoi Tarsis dont la Bible dit qu’elle est » loin de Dieu », sans transcendance ? Vivre à Tarsis, c’est construire sa vie sur un unique fondement : le plaisir immédiat. Mais Dieu envoie une tempête qui secoue le bateau. Jonas demande qu’on le jette à la mer pour qu’elle s’apaise. La baleine qui l’avale va le garder trois jours : il y entre disant « non » et en ressort disant « oui ». Il a été comme réenfanté dans le ventre du poisson. C’est un être nouveau.
Ninive propose, elle aussi, une manière de vivre qui peut nous rejoindre tous. Cette ville est fondée sur le refus de tout ce qui ne lui ressemble pas. Elle laisse mourir de faim et de soif, à la porte, les pauvres et les étrangers. Cette manière de vivre dans l’exclusion, d’élever des murs infranchissables entre les personnes est une réalité que nous connaissons… Combien de fois nous nous sentons rejetés par les autres, incompris ! Combien de fois nous avons la tentation d’exclure, de nous fermer à l’autre car il est différent. Aujourd’hui par exemple, avec les lois, on peut dresser les murs de Ninive : euthanasie, eugénisme, refus des étrangers… Nous pouvons décider que tous ces plus démunis ne sont pas « dignes » d’entrer dans la Ninive du 21ème siècle ! Dans nos familles, dans le groupe scolaire, au travail, on peut être tenté pour une multitude de raisons d’interdire à l’autre l’accès à notre « ville ».
Il nous semblait important de proposer à notre public ces clés d’interprétation, avec une alternative qui est Jérusalem, la ville de la paix. Jonas va exalter cette ville dont l’Apocalypse nous dit qu’elle n’a ni temple, ni soleil, ni nuit, seulement » l’agneau qui lui tient lieu de flambeau et les nations marcheront à sa lumière » (Ap 21, 23-24). Cette lumière, c’est le pardon, l’amour qui va jusqu’à pardonner l’autre qu’on ne comprend plus, qui s’oppose à nous, qui devient ennemi ! Il nous semble fondamental de promouvoir cette paix, ce pardon en ce temps où notre planète avec ses 7 milliards d’hommes possède les moyens de s’auto-détruire.
Tous ces messages, je voulais les faire passer à travers un support artistique : la musique, le théâtre, la danse, le chant. L’idée est de plaire, de toucher les yeux, les oreilles, le cœur…et si un message est perçu, tant mieux. A travers cette comédie musicale professionnelle, portée par des artistes vivant de leur art, je souhaitais rejoindre les plus lointains. Ceux qui croient bien sûr, mais aussi ceux qui sont allergiques à l’idée même de Dieu mais que l’art peut émouvoir : une voix, un costume, une mélodie, l’émotion d’un comédien…
Après 4 années et bientôt 30 000 spectateurs, le chemin reste long et périlleux. Nous avons un énorme travail à faire pour que ce signe de Jonas parvienne à tout homme, car ce signe n’est pas d’abord religieux : il regarde tout homme dans son humanité, son rapport à l’autre !
Etienne Tarneaud
[1] Si Noël m’était conté, ed Cariscript Si Pâques m’était conté, ed Cariscript La Bible pas à pas, tome 1, d’Adam à Jacob, ed Lethielleux La Bible pas à pas, tome 2, Joseph et l’Egypte, ed Lethielleux
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Jonas, la comédie musicale
La comédie musicale Jonas sera jouée le 23 mars 2012 à 20h à l’auditorium du Collège des Bernardins. Informations & réservations sur le site du Collège des Bernardins.
Pic’Pulse, la chorale gospel de Réseau Picpus, réunit aujourd’hui 120 étudiants et jeunes actifs de Paris et sa région. Leur projet : vivre l’expérience du chant choral comme occasion de rencontre et d’ouverture à l’autre, dans un souci de qualité et de partage. Emilie, Baptiste et Bénédicte témoignent.
« Un tout qui nous dépasse »
20h00. Comme tous les jeudis soir, l’auditorium du 37 rue de Picpus se remplit peu à peu : des ombres indifférenciées dans la nuit parisienne, en franchissant le seuil du 37, retrouvent pleinement leur unicité à la lumière de la salle. Il fait froid dehors mais à l’intérieur, l’atmosphère est vite réchauffée. Chacun se place, selon sa tessiture de voix, à droite, en face et à gauche du chef de chœur. On se reconnait, on se retrouve, les sourires ricochent de visage en visage. « Chers amis fissa fissa les bavardages ou on va encore finir après 22H00 » : c’est le coup d’envoi lancé par Serge, notre chef de cœur. « Mia a a » On se détend la mâchoire en enchainant des syllabes du grave vers l’aigu. Aujourd’hui, nous apprenons plusieurs morceaux dont Witness, le chant vedette de notre premier concert de l’année : Tours, le 5 novembre 2011. Répétition chacun de son côté, en « pupitre ». Nous commençons par prononcer le texte en anglais plusieurs fois afin de bien l’avoir en bouche puis nous ajoutons le rythme et enfin la voix. Mais déjà, Serge revient nous chercher. Nous voici à nouveau réunis dans l’auditorium. Et c’est là que le mot « témoin » prend tout son sens. Alors que nous mêlons instruments, voix et respirations, nous sommes témoins de l’arrivée du beau. Les voix s’accordent et se fusionnent. Nous ne sommes plus « un+un+un » mais une unité multiple, part d’un tout qui nous dépasse. La prise de conscience de ce dépassement, de cette identité élargie est source d’exultation. Les yeux pétillent, l’Esprit est là. Témoins de sa présence, nous avons alors la responsabilité de la transmettre. C’est la dimension active du témoignage pendant les concerts : nous partageons la belle énergie qui nous lie et nous anime, notre joie d’être ensemble, de participer à une co-création. Mais je m’évade, le concert n’est pas ce soir. Il est déjà 22h30… « Oh my God on a dépassé l’heure ». Le chant cède la place au moment de convivialité autour de petites douceurs salées et sucrées, naturelle transition avant que chacun reparte chez soi. Les Picpuciens se dispersent peu à peu et le lourd portail se referme. Une page de plus écrite ensemble.
Emilie Groueix
« Dieu est parmi nous »
Au départ, j’étais venu uniquement pour chanter du Gospel. Je cherchais une chorale jeune, dynamique et sincère. Des amis m’ont fait connaitre Pic’Pulse, et dès le premier jour j’ai senti que Pic’Pulse ne serait pas qu’une simple chorale. En effet, Réseau Picpus, encadré par le père Serge Gougbémon, dont l’énergie et la foi sont communicatives, c’est d’abord des jeunes qui ont envie de vivre leur foi à leur manière : par le chant, le théâtre, la lecture, les voyages et la découverte de l’autre. Arrivé depuis l’année dernière, je ne peux pas dire que j’étais particulièrement pratiquant, je ne savais pas trop comment m’adresser à Dieu. Puis, lors du premier concert auquel j’ai participé à Soissons, en octobre 2010, j’ai été touché par l’harmonie de la chorale, la puissance énergétique de la Cathédrale, l’amour et la bienveillance ambiante m’ont submergé. A ce moment, j’ai compris que Dieu est parmi nous. C’est une expérience très personnelle, mais que je n’aurais pas pu vivre sans l’énergie de Réseau Picpus. Depuis, j’ai une relation vraie avec Dieu, et je continue bien sûr à participer aux activités de Réseau Picpus : chorale, week end d’intégration, messes. Rendez-vous à Paris les 8 et 9 décembre pour nos prochains concerts Joyful ! … Vous verrez la joie, la foi et la musique sont communicatives !
Baptiste Cammareri
« Acteurs de nos vies et de notre monde »
«Un grand exemple est un puissant témoin. Montre ce qu’on peut faire en le faisant toi-même.» André Chénier. Deux choses m’ont frappée quand j’ai intégré Réseau Picpus. La première, c’est la qualité de l’accueil et la volonté d’ouverture aux autres. Je me rappelle de mon premier jeudi à Pic’Pulse : j’arrivais avec mon enthousiasme, mais aussi avec une pointe d’inquiétude à l’idée d’intégrer un groupe qui avait l’air si soudé pendant le concert auquel j’avais assisté 3 mois plus tôt. Est-ce que, malgré le trac, j’arriverais à chanter quelques notes ? Le mot d’accueil des deux responsables de la chorale et la chaleur des « anciens » m’ont vite rassurée : à Picpus, chacun apporte sa pierre à l’édifice, sa voix au chant d’ensemble, et l’arrivée de chaque nouvelle personne est une occasion de s’enrichir mutuellement.
La deuxième, c’est cette énergie débordante et tournée vers les autres : rencontres avec les plus pauvres, concerts de gospel, voyages humanitaires au Bénin, pèlerinages, groupes de réflexion, création d’un journal, … : Réseau Picpus regorge d’initiatives et de projets. Ces projets sont tous nés dans la tête et dans le cœur d’un ou plusieurs membres de l’association.
De par leur volonté de donner une place à chacun et leur désir de permettre à chacun de s’épanouir, les membres de Réseau Picpus sont ainsi un témoignage vivant de notre capacité à être acteur de nos vies et de notre monde. Et de ce que j’ai pu en voir, cet épanouissement est communicatif. En témoignent les réactions du public lors des concerts. Pour une jeunesse si souvent décrite comme désertée par l’espoir, se demandant sans cesse de quoi sera fait son avenir, ce n’est pas rien !
Bénédicte
Concerts de Noël Pic’Pulse – Joyful !
Jeudi 8 décembre et vendredi 9 décembre 2011, à 20 h 30 Eglise St Pierre de Montrouge, 82 avenue du Général Leclerc 75014 Paris (Métro Alésia)
Entrée : 15 € (gratuit pour les moins de 12 ans) Préventes à 12 € jusqu’au 24 novembre 2011 Achetez votre place en ligne !
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Les vidéos des concerts
Le 3 novembre 2011 est paru un livre sous le titre Ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux ! Cinq jeunes prêtres y racontent dans les trames du récit ce qui fait leur bonheur. Sans cacher leurs difficultés, ils témoignent que la vie à la suite du Christ est une proposition qui mérite d’être faite à tous les hommes et à toutes les femmes, encore aujourd’hui. Le P. Sylvain Brison, qui a dirigé la rédaction du livre, nous le présente.
« Pour la grande majorité des gens qui ne fréquentent pas l’Eglise, le prêtre ressemble à un ovni »
Depuis que je suis prêtre, j’ai l’impression de soulever beaucoup de questions chez les personnes que je rencontre. Si beaucoup n’osent pas les poser publiquement, il reste que les non-dits sont parfois plus perceptibles que les paroles. Pour la grande majorité des gens qui ne fréquentent pas l’Eglise, le prêtre ressemble à un ovni, un être curieux dont on a plus une image d’Epinal qu’une réelle connaissance. Même si mes amis les plus proches m’appellent volontiers par mon prénom, je suppose qu’une grande partie de ma vie leur échappe, et la pudeur ne permet pas toujours de franchir le pas. Tout cela ne présenterait pas de grand inconvénient si, les uns et les autres, nous prenions le temps de vivre ensemble et de nous connaître tranquillement. Seulement voilà, le monde va tellement vite que nous sommes emportés dans son tourbillon. Si vous ajoutez à cela le fait que la place de l’Eglise dans nos sociétés postmoderne est loin d’être évidente, vous en arrivez vite à un immense brouhaha où tout le monde y va de son idée, de son fantasme, de son idéologie… Jusque là on fait avec.
« Oui, aujourd’hui on peut être jeune, prêtre et heureux »
Et puis, un jour, il m’a semblé qu’il fallait dire autre chose, autrement. Au printemps 2009, je prenais un café avec une amie. Nous sortions d’une série de « petites crises » qui étaient autant de symptômes d’un mal-être difficile à cerner. La levée des excommunications des évêques intégristes, les discussions et les positions tranchées autour de l’avortement d’une fillette victime d’abus sexuels au Brésil, les premiers propos confus de Benoît XVI sur le préservatif lors de son voyage en Afrique, avaient été les premiers signes d’une bataille médiatique, sociétale et théologique sur la place de l’Eglise dans le monde. Par dessus-tout, venait se greffer, une fois de plus, l’éternel débat idéologique à propos des progressistes et des traditionalistes. Et là, nous avons voulu dire STOP ! Mon amie, éditrice de son métier, me proposa alors de trouver des confrères pour écrire un livre. Et pas n’importe lequel. Un livre où nous n’aurions pas peur de dire simplement : « Oui, aujourd’hui on peut être jeune, prêtre et heureux ; à l’aise dans son Eglise sans pour autant en nier les difficultés et les combats. Vouloir s’engager et donner sa vie à la suite du Christ sans être pris pour un fou, un illuminé ou un fondamentaliste ».
« Nous avons pris modèle sur les premières communautés chrétiennes »
Quatre de mes amis ont accepté d’oser l’aventure. D’autres ont refusé pour des raisons diverses. Mais comment faire quand on n’est pas écrivain ? Comment dire ce qui est souvent de l’ordre de l’indicible ? Raconter sa vie, certes ! Mais c’est loin d’être évident. Alors nous avons pris modèle sur les premières communautés chrétiennes. Et, comme les évangélistes bien avant nous, nous avons entrepris de raconter nos vies, en essayant de laisser transparaître ce qui nous échappe. Après deux ans de travail d’écriture et de réécritures, nous avons abouti à cinq témoignages, différents mais concourant dans le même sens. Pour que le projet soit complet, nous ne voulions pas en rester à nos seules paroles. Alors j’ai demandé à mon directeur de thèse, le Père Laurent Villemin de relire nos textes et d’essayer de dégager ce qui lui semblait important (les points forts mais aussi les manques). Il a accepté et nous avons joué le jeu de le laisser librement de s’exprimer. C’est ainsi, qu’en guise de conclusion, il nous livre des points de repères précieux sur le ministère du prêtre dans le monde d’aujourd’hui.
Le livre que nous avons écrit n’a aucune vocation apologétique. Il est un témoignage de notre bonheur d’être prêtre dans l’Eglise du Christ pour le service de tous.
P. Sylvain Brison
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Le blog de Sylvain Brison
Références du livre
Sylvain Brison et al., Ils sont jeunes, ils sont prêtres, ils sont heureux, Presses de la Renaissance, 2011.
Et maintenant on va où ? Question rhétorique dans les pays arabes qui vivent un changement radical dans leur histoire, dont personne ne sait la réponse,
et, titre d’un film libanais qui a été sélectionné en compétition officielle du Festival de Cannes 2011, dans la section « Un Certain Regard ». Nadine Labaki, la jeune réalisatrice du film a reçu le Prix François Chalais, nom d’un journaliste français de cinéma, ainsi que la Mention Spéciale du Jury œcuménique du Festival de Cannes. Il a récemment reçu le People’s Choice Award au 36ème festival international du film de Toronto, et fut admis à la 84ème édition de l’Academy Awards dans la catégorie du meilleur film étranger.
Dans une région berceau des trois religions célestes, le judaïsme, le Christianisme et l’Islam; le Moyen-Orient reste une zone sismique active des guerres interreligieuses.
Le Liban en particulier, pays natal de la réalisatrice, fut entre les années 1975 et 1990 un foyer de guerre civile à apparence religieuse entre les communautés chrétienne et musulmane du pays, déclenchée suite au conflit israélo-palestinien.
Bien que les Libanais vivent côte à côte, musulmans et chrétiens, le pays souffre de blessures dans sa mémoire collective. Au fin fond d’elle-même, la communauté libanaise sait que la guerre lui a été imposée par des pressions extérieures, et que le conflit religieux n’est qu’une facette d’un conflit dont le peuple libanais a payé la facture de son sang.
Apparemment les femmes du village où prend place le film Et maintenant on va où ? ont compris l’enjeu et tiennent à éloigner les griffes de la guerre menaçant leur communauté, à travers les nouvelles de guerre qui leur parviennent par la radio et la télévision. Les héroïnes du film – certaines portant le voile, d’autres une croix – prises par le génie de l’amour et de la peur, inventent toutes sortes de stratagèmes pour éviter à leurs hommes une mort stupide. Une mort sans dieu, qui a emporté leurs bien-aimés, et les a laissées orphelines, veuves, et mères pleurant leurs fils… toutes partageant le même deuil.
Pour montrer l’absurdité des conflits basés sur la religion, la réalisatrice a introduit deux personnages sympathiques qui assistent les femmes dans leur guerre paisible. Un cheikh et un prêtre, amis et complices entre eux, abusant, chacun à part, de son autorité, pour apaiser ses fidèles et contenir la rage des hommes du village. Ils rappellent parfois le cinéma italien des années 1950, par leur comique et leur légèreté.
L’ironie positive du cinéma fut que le rôle du cheikh soit attribué à un chrétien et celui du prêtre à un musulman.
Un film à fond dramatique bercé par des chapitres musicaux et comiques jetant une voile de légèreté sur l’action, permettant aux spectateurs de reprendre leur souffle avant de replonger dans le registre du drame.
Le titre du film reste une question ouverte à la fin de l’histoire; pourvu que les astuces de ces femmes soient de bonnes leçons pour ceux qui tiennent le pouvoir et ceux qui les élisent, afin que religion reste un message d’amour et de paix.
Et maintenant on va où ? Réflexion de la jeunesse du Liban et du Moyen-Orient qui ne veut pas vivre les erreurs commises par les générations précédentes. Une histoire qui reflète la situation post-guerre, à ne jamais refaire… Un film à voir absolument.
Marie-Rose Osta, jeune réalisatrice et actrice libanaise
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Et maintenant on va où ?
La Mission, un terme aux sens multiples, difficile à définir simplement… Plus encore lorsqu’elle s’avère universelle ! Entre l’image des missionnaires qui partaient à l’époque évangéliser l’Afrique et la Mission ici en France, dont on se dit qu’elle devient prioritaire, que faire de la Mission Universelle ? Comment, baptisés que nous sommes, garder en nous cette petite ouverture à l’autre, tout particulièrement à nos frères et sœurs d’ailleurs ?
Découvrir une autre façon d’être chrétien
J’ai eu la chance de vivre deux années de coopération au Bénin. La rencontre avec une autre Eglise a été l’occasion de découvrir une autre façon d’être chrétien. Le témoignage des laïcs du Nord Bénin parcourant des kilomètres à pied ou en vélo chaque semaine pour assurer une prière ou une catéchèse m’a interpellée : alors qu’en France, le religieux fait partie de la sphère privée, la foi est là-bas partie intégrante de la vie de chacun ; malgré les difficultés, l’Eglise du Bénin manifeste une vitalité que nous avons, nous, peine à insuffler ici. Leur témoignage m’a à la fois rappelé ma responsabilité et donné le goût de m’investir pour mon Eglise, ici. Dix ans après, je puise toujours là-bas l’énergie et les idées nécessaires pour apporter mon concours à une Eglise vivante en France. Ainsi la Mission ici a besoin de la Mission ailleurs ; la Mission ici se renouvelle aussi grâce aux témoignages et expériences de nos frères et sœurs là-bas.
MissiOnAir : festival du très court métrage fait au smartphone et à la maison
Pour éveiller le regard et la sensibilité des jeunes, le Service Missio Jeunes des Œuvres Pontificales Missionnaires a choisi d’opter pour un « Festival du très court métrage missionnaire fait au smartphone et à la maison » ! Un Festival innovant, pour les jeunes et par les jeunes ! On connaît aujourd’hui le succès et la portée de la vidéo via le téléphone portable. En témoigne l’actualité. Le SMJ propose donc de l’utiliser pour les inciter à réfléchir au thème de la Mission. Deux contraintes techniques : utiliser pour la prise de vue un smartphone (type IPhone) et se limiter à 3 mn, montage autorisé. Seuls ou en groupe, les jeunes peuvent concourir dans l’une des cinq catégories proposées. Chacune souhaite faire appel à leur créativité et leur donner l’opportunité de s’exprimer avec le style qui leur convient (reportage, fiction, lipdub, comédie musicale, etc). Un jury distinguera les dix meilleurs films. L’internaute, lui, se chargera de décerner son prix, celui qui aura récolté le plus de « j’aime ».
S’ouvrir aux richesses d’une rencontre culturelle
Oui, « J’aime » ! Au-delà, il s’agit bien de rencontrer l’étranger, s’ouvrir aux richesses d’une rencontre culturelle et partager une expérience de foi. Un événement tel que les Journées Mondiales de la Jeunesse peut être un prétexte à la réflexion. Il existe cependant bien d’autres signes d’une Église universelle. En se laissant interpeller par un détail de la vie quotidienne (une parole, une façon de s’habiller ou de s’exprimer) ou encore par une musique, ou un témoignage (prêtre fidei donum, coopérants), les jeunes peuvent s’ouvrir à d’autres dimensions, et à travers celles-ci à une autre façon de vivre sa foi.
Regard des jeunes porté sur l’Eglise aujourd’hui, espérons que ce festival soit source d’inspiration pour nous tous.
Domitille Blavot, coordinatrice du festival du très court métrage
Pour aller plus loin :
Le blog du festival
La page Facebook du festival
Un soir de printemps, j’étais avec une amie, Marie, au bord de la Seine au milieu d’autres jeunes, avec nos guitares et carnets de chants en main. Nous avons fait une rencontre saisissante avec un jeune musulman qui, sans le vouloir, est à l’origine d’un projet que nous vous partageons et que nous proposons à tous de vivre!
Alors que nous étions en train de jouer et de chanter un jeune s’approche et nous interpelle : «Vous permettez que je vous donne des conseils pour mieux jouer ? ».
Après avoir partagé avec nous ses conseils de musicien, Sami commence à parler de sa vie qui a été très marquée par des épreuves familiales et des doutes. Nous en venons à parler de Dieu, car selon lui, c’est l’art qui l’a sauvé. En effet, il pense que l’art élève l’homme au dessus de lui-même car il lui permet de réfléchir sur ce qui le dépasse ; l’art permet de se rapprocher de la spiritualité. Sami, jeune musulman, est très croyant. Nous discutons alors de l’Islam, de l’image que cette religion a dans notre société et du dialogue possible entre musulmans et chrétiens. Nous réfléchissons ensemble à la manière dont Dieu est présent et agit dans nos vies. Finalement, nous nous rendons compte à quel point nous ne connaissions pas cette religion, et que nous n’avons jamais fini de réfléchir sur la nôtre !
Nous avons donc la même idée au même instant : si ces chants et cette musique provoquent de telles rencontres, il faut recommencer et proposer à d’autres jeunes chrétiens de témoigner de leur foi de cette façon ! Nous faisons part à Sami de cette idée qu’il trouve excellente. D’ailleurs, il nous avoue qu’il a été attiré par la beauté de ces chants.
Un formidable moyen d’évangélisation
Enthousiastes de cette rencontre provoquée par de simples chants de louange, nous avons donc réfléchi à ce que cette expérience nous a apporté et à ce que nous voulons vivre si ce projet se met en place. La musique chrétienne est et a toujours été un formidable moyen d’évangélisation (Glorious par exemple). Déjà, dans la Bible, le roi David dit « Je te louerai parmi les peuples, Seigneur ! Je te chanterai parmi les nations. » Il veut chanter en son honneur en évoquant le bien qu’Il lui a fait, la joie qu’Il a mise dans son cœur. Evangéliser par la musique, c’est donc jouer et chanter pour la gloire de Dieu, et c’est surtout contribuer, par l’art, à ce qu’il soit mieux connu et aimé par tous.
Mais la musique reste un moyen entre les mains de Dieu, et d’ailleurs, nous sommes nous-mêmes Ses instruments! Ce n’est pas de la louange que nous attendons ces bienfaits, mais de Dieu… par conséquent, nous rendons publique cette musique que nous apportons aux autres mais nous devons toujours le faire avec humilité.
Nous avons appelé notre petit groupe « Tibériade », nous rappelant que c’est sur les bords de ce lac que Jésus est venu apporter aux hommes la Bonne Nouvelle et parler de son Amour. En effet, en début de soirée, les bords de Seine sont propices aux rencontres pour annoncer ce que Dieu est et ce qu’Il a fait pour nous. Aussi, pour que la musique et les chants soient un témoignage de qualité, il faudra bien sûr prendre le temps de se perfectionner. Mais avant tout, nous pensons que les temps de prière, de méditation de la Parole de Dieu et la formation spirituelle sont plus importants que les répétitions et les raffinements de la technique.
Alors, si vous avez la fibre musicale en vous, n’hésitez pas à vivre vous aussi ces rencontres sur les rives des fleuves, pour la gloire de Dieu !
Marie Rousselin et Laetitia Dieudonné
Laetitia Dieudonné, 22 ans, termine ses études en management de l’information à Paris
Marie Rousselin, 21 ans, se prépare au concours d’éducateur spécialisé, également à Paris.


