Vie de l’Eglise
Le jour de l’Ascension, on fête l’élévation de Jésus-Christ au ciel. Jean-Paul Deremble, historien d’art, part d’une oeuvre d’art pour commenter cette fête.
Peut-on signifier une réalité invisible ?Comment représenter le moment de l’invisibilité ? C’est l’épreuve majeure pour le croyant et pour l’artiste. C’est le moment de la Résurrection. Le Christ se révèle alors dans une présence qui intègre son absence, dans une vie qui comprend la mort. Aussi pour expliciter le mystère de la Résurrection, les Évangélistes parlent d’apparitions au cours desquelles le Christ se fait reconnaître à travers les marques de sa passion tout en disparaissant à leurs yeux.
L’artiste qui veut rendre compte de ce moment est donc confronté à une difficulté maximale puisque son image qui est de l’ordre du visible doit signifier une réalité invisible. Est-ce possible ? En fait c’est la condition même du génie de l’art que d’introduire par le visible dans l’au-delà du visible. L’artiste fait l’expérience de la transcendance de la beauté par la manipulation des matériaux concrets jusqu’à ce point où le tangible laisse la place à une vision d’un autre ordre dont il est toujours difficile de parler puisqu’elle est celle de la plénitude de la beauté.
Il se passe quelque chose de tout à fait semblable dans l’ordre de la foi : au moment où je reconnais le Christ, celui qui est crucifié, il devient invisible mais présent par mon témoignage.
Chercher dans le ciel un signe de DieuParmi mille images, le vitrail de Champ-près-Froges dans l’Isère montre l’admirable articulation des contraires :
- en haut le Christ dans la Gloire du ciel, au sein d’une mandorle tenue par deux anges – manière traditionnelle de montrer un ciel ouvert mais inaccessible – ;
- en bas les Apôtres assemblés en Église recevant l’Esprit de la Pentecôte et inaugurant le temps de la mission.
- Au milieu, dans un entre-deux problématique, encore les Apôtres qui regardent avec tension vers le ciel mais qui ne voient rien sinon un message porté par les messagers d’excellence que sont les anges. Tout le vitrail est dans ce noyau central qui convertit le désir de voir la Gloire de Dieu en haut en témoignage apostolique ici-bas. Magnifique croisement du ciel et de la terre.
C’est notre condition de chercher dans le ciel, donc en dehors de soi, – parfois dans des images trompeuses – un signe de Dieu, qui se trouve en fait au milieu de notre vie d’épreuves crucifiantes, puisque Dieu nous y rejoint par son Esprit et nous donne de devenir ce signe incarné de beauté dont le monde a tant besoin.
Jean-Paul Deremble Université de Lille 3
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L’Ascension est inséparable du mystère de Pâques Que fête-t-on jeudi 17 mai prochain ? « Comme s’ils voyaient l’invisible » par Mgr Sankalé
Du 26 au 28 mai 2012 aura lieu à Paris JPentecôte, rassemblement national de jeunes professionnels chrétiens coordonnée par la CoJP (Coordination des Jeunes Professionnels). Il s’inscrit dans la démarche Diaconia 2013, qui est un appel lancé pour élargir la responsabilité du service des frères à tous les membres de l’Eglise.
Alida, 32 ans, est travailleuse sociale. Membre du bureau national de la CoJP, elle coordonne l’organisation de Jpentecôte. Elle raconte !
L’objectif de JPentecôte est de rassembler les jeunes de 25 à 35 ans pour un temps d’Eglise de réflexion, de rencontre, d’action et de fête. Il y a très peu de propositions de ce type pour les jeunes professionnels. Les 26-27-28 mai, c’est 1 000 jeunes professionnels venant de toutela France, de Belgique, d’Allemagne, de Suisse et d’Espagne qui seront présents !
“Donner aux jeunes des lieux pour s’exprimer”L’événement se veut à la fois un temps de réflexion et un temps d’action : un carrefour des initiatives permettra de s’engager, la restauration sera assurée par une entreprise d’insertion, on pourra donner son sang sur place, nous avons travaillé l’accessibilité pour les jeunes en situations de handicap… En parallèle, des temps de forum proposeront des réflexions sur 28 thèmes variés comme la bioéthique, l’écologie, la politique mais aussi sur les choix de vie, les vocations, …qui s’articuleront autour de trois temps de célébration, mais aussi un carrefour des talents, un concert, une soirée festive, un jeu de piste.
Pour ce rassemblement, nous avons décidé de donner une place importante aux questions relatives à la vie affective. Les jeunes qui participent sont à 80% célibataire, d’autres sont en couple, certain sont séparés, divorcés. Le fait d’être chrétien ne nous protège pas des réalités de notre société. Pour certains, il s’agit d’une vraie souffrance voire parfois de culpabilité.
Il nous semblait important de permettre à tous les jeunes de vivre un temps en Eglise où l’expression, les échanges seraient libres. Si on passe à côté de ces questions, on passe à côté d’une vraie préoccupation de notre génération.
“Nous sommes tous engagés dans la mission de l’Eglise”Le rassemblement a pour thème “Aimons en acte et en vérité” et s’inscrit dans Diaconia 2013. Pourquoi ce choix ? La démarche Diaconia, c’est le service du frère. C’est affirmer qu’en tant que chrétiens, nous sommes tous engagés dans la mission commune de l’Eglise. La charité et le service sont de la responsabilité de tous, ils ne doivent pas être réservés aux services spécialisés. Dès le début, nous avons voulu faire des liens avec Diaconia 2013, ne serait-ce que pour faire prendre conscience aux jeunes qui vont participer qu’ils font intégralement partie de l’Eglise, quels que soient leurs parcours et leurs choix de vie. Il s’agit aussi d’une belle opportunité pour recueillir les témoignages des jeunes, et porter leurs paroles et leurs préoccupations à l’ensemble de la communauté chrétienne de France.
A titre personnel, je travaille depuis 8 ans auprès de personnes fragilisées et je suis très heureuse que l’Eglise se mobile autour de ces questions, qu’enfin une réflexion commune soit amorcée. Pour moi, l’enjeu n’est pas simplement d’être au service des personnes, mais bien de donner une place à tous dans l’Eglise.
“Je suis obligée de changer de regard.”Au niveau de l’organisation de l’événement, ce qui m’apporte beaucoup c’est d’accompagner des jeunes qui sont très différents à construire un événement ensemble. JPentecôte est co-construit avec des mouvements, des communautés, des services d’Eglise et c’est une vraie richesse en termes d’organisation et de rencontre : ça nous oblige à rencontrer des personnes qu’on n’a pas l’habitude de côtoyer. Je suis obligée de me remettre en question, de changer de regard, je me rends compte que des choses qui me semblaient naturelles ne le sont pas pour tous, que l’on a des parcours différents et des manières de vivre notre engagement chrétien différentes. Cette diversité me tenait vraiment à cœur, elle représente à elle seule la richesse et la complexité de l’Eglise.
Pour les jeunes, JPentecôte, c’est l’occasion de vivre un temps d’Eglise, d’avoir un lieu de réflexion et de respiration pour maintenir une cohérence entre leur vie professionnelle, leur vie personnelle, leur vie de chrétien. C’est un rassemblement où on peut se sentir appartenir à l’Eglise avec ce qu’on est, nos fragilités, nos dons, nos talents. C’est une occasion de rencontre, aussi ! Je veux que ce rassemblement soit joyeux, heureux, qu’on fasse la fête ! C’est aussi ça le message du Christ : être dans la joie. C’est une grâce, une joie permanente d’être chrétien et de croire au Christ. On a besoin de moments de rassemblement comme celui là pour se ressourcer et se le rappeler.
Alida Culaj a 32 ans. Travailleuse sociale, elle travaille dans l’accompagnement de familles et de personnes isolées en précarité qui sont hébergés par l’Association des Cités du Secours Catholique. Membre du bureau national de la CoJP, elle coordonne le rassemblement JPentecôte.
Mgr Denis Moutel, évêque de Saint Brieuc, invite tous les jeunes professionnels à JPentecôte !
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Le site de JPentecôte S’inscrire à JPentecôte La page Facebook de JPentecôte Le compte Twitter de JPentecôte Le site de la CoJP Le site de Diaconia 2013
Plus de 350 étudiants de 25 pays d’Europe se sont rassemblés pour réfléchir sur la nouvelle évangélisation à Rome le weekend du 1er mai. Dix étudiants français, engagés dans la pastorale étudiante, ont participé à ce congrès et témoignent de leur joie à leur retour.
A l’invitation du Conseil des Conférences Episcopales d’Europe (CCEE) et du diocèse de Rome, des étudiants de toute l’Europe ont été appelés à contribuer à la réflexion de l’Eglise sur la nouvelle évangélisation et sur la construction d’un nouvel humanisme. Ce congrès était un signe de la volonté des Evêques d’associer les jeunes à la préparation du prochain Synode qui se tiendra en octobre 2012 et lancera l’année de la Foi. Nous étions réunis à l’université de Tor Vergata, en périphérie de Rome, un campus moderne et immense, construit là où s’était tenue la messe finale des JMJ de 2000!
Membres d’un même corpsNotre délégation française était composée de quatre membres de l’Equipe nationale de pastorale étudiante, de trois membres du Bureau national de Chrétiens en grande école et de trois étudiants rennais responsables de l’organisation du rassemblement Ecclesia Campus. Nous avons eu la joie de vivre réellement l’unité et la diversité de l’Eglise avec les autres jeunes européens: nous avons constaté que les situations nationales et la vie des aumôneries étaient profondément différentes, et pourtant nous étions membres d’un même Corps, et animés d’un désir de partager notre joie de croire.
Deux conférences d’introduction nous ont rappelé la vocation des étudiants à porter la nouvelle évangélisation, et le « miracle » que doit être l’université. Sous la houlette de Mgr Lorenzo Leuzzi, récemment nommé évêque auxiliaire de Rome, nous avons participé à plusieurs ateliers par groupes linguistiques sur six thèmes: la place de la culture, mondialisation et migrations, l’importance des médias, le rôle de l’économie, la recherche technologique et scientifique, la vie politique. Sur chacun des thèmes, nous avons fait le constat d’un monde qui évolue extrêmement rapidement et où l’humanisme chrétien a un rôle crucial à jouer pour réaffirmer l’unité et la dignité de la personne humaine, et nous avons esquissé des pistes d’action, en particulier pour les jeunes, et dans le cadre universitaire. Les partages, notamment avec les étudiants d’Europe de l’Est (Moldavie, République Tchèque, Slovénie, Slovaquie, Turquie etc.), ont été très riches et ont permis au groupe francophone de faire forte impression le jour de la présentation finale!
Un temps de fête dans la simplicitéNotre séjour à Rome a été marqué par deux grands moments spirituels: la messe dimanche matin à la basilique Saint Pierre, présidée par Benoit XVI, avec neuf ordinations presbytérales, et la veillée de prière lundi soir pour le premier anniversaire de la béatification de Jean-Paul II, sous la Croix des JMJ de Tor Vergata (qui continue de dominer le campus). Le Cardinal Agostino Vallini a prononcé une exhortation pour laquelle notre compréhension de l’italien était trop limitée, mais dont les gestes supposaient un cœur enflammé! La louange a été vécue par tous les étudiants du Congrès comme un temps de fête dans la simplicité, l’action de grâce et la communion! Deo Gracias!
Enfin, puisqu’il faut bien admettre que Rome regorge autant de trésors chrétiens que de bons glaciers, nous avons profité des après-midis de dimanche et mardi pour nous laisser (ré)enchanter par la ville, ses innombrables chiese, ses fontaines, sa dolce vita! Nous sommes rentrés tous les dix réjouis de ce temps d’échanges et surtout résolus à continuer de servir l’Eglise et le Christ auprès des étudiants.
Camille Steiblen, présidente de Chrétiens en Grande Ecole (CGE)
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Texte de synthèse du groupe francophone sur la nouvelle évangélisation Site d’Ecclesia Campus Site de Chrétiens en Grande Ecole
Cindy, 17 ans, vient de participer au Frat à Lourdes pour la deuxième fois, du 16 au 21 avril. Pour Jeunes Cathos Blog, elle raconte son expérience et les moments forts qu’elle y a vécus !
La première fois que je suis allée au Frat, c’est parce qu’on m’en avait parlé. Mon parrain, des personnes de mon aumônerie qui étaient déjà parties, m’ont dit que c’était quelque chose à vivre, qu’il fallait y aller. C’est ce que j’ai fait en partant au Frat avec mon aumônerie, et je n’ai pas regretté ! J’ai été tout de suite impressionnée par le nombre qu’on était. Dans la vie de tous les jours, dans la rue, on a l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de jeunes qui ont la foi ; voir tous ces jeunes réunis à Lourdes par la religion, c’était incroyable !
« J’ai fait de très belles rencontres »Cette année, j’ai eu envie de revivre ce moment tellement particulier. Je me suis dit que c’était ma dernière occasion d’aller au Frat en tant que jeune, et je n’ai pas hésité !
Ca a encore été un moment extraordinaire. J’étais plus ouverte que la première fois où je suis allée au Frat, j’allais plus facilement vers les autres et j’ai fait de très belles rencontres. Mon aumônerie était jumelée avec une autre aumônerie et on s’est beaucoup rapprochés pendant ces cinq jours ; à la fin, je suis devenue plus proche de personnes de l’aumônerie jumelée que de certaines de ma propre aumônerie !
Je garde beaucoup de bons souvenirs du Frat, notamment la réconciliation et le sacrement des malades. La réconciliation, c’était le moment que j’attendais de vivre. Je me disais que ça faisait longtemps que je ne m’étais pas confessée… et que j’avais beaucoup de choses à dire ! Après l’avoir fait, je me suis sentie beaucoup plus légère. Prête à repartir !
« Ca fait du bien de pouvoir parler librement de notre croyance »Au bout des cinq jours, à la fin de la messe, avec mes amis, on a eu un coup de blues. On se disait que c’était la dernière fois qu’on participait au Frat en tant que jeunes et que ça allait nous manquer.
Je pense déjà à retourner au Frat en tant qu’animatrice. Je pense aussi que l’année prochaine, je participerai aux JMJ à Rio ! C’est important, de se rassembler autour de la foi. On est tous réunis pour quelque chose qui nous tient à cœur, qui a son importance pour chacun de nous. Ca fait du bien de voir que d’autres personnes partagent la même croyance, de voir qu’on peut en parler librement entre nous alors que ce n’est pas forcément le cas à la maison ou à l’école, parce qu’on ne sait pas comment les gens vont réagir.
Je veux dire à tous ceux qui ont peur d’aller au Frat, en se disant qu’ils vont passer pour des ringards en allant à Lourdes, que c’est une expérience incroyable : ça nous renforce dans la foi, ça permet de créer la relève… C’est à vivre !
Cindy, 17 ans, en terminale ES en Seine-et-Marne.
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Après un parcours de foi et de réflexion de neuf ans, Mama a été baptisée samedi 7 avril. Venant d’une autre religion, elle témoigne sur son parcours atypique et sur la joie de son baptême !
Mon parcours a commencé le jour où j’ai fait un rêve de Jésus. Dans mon rêve, il me regardait mais je ne pouvais pas voir ses yeux, qui étaient trop éclatants. Ce rêve m’a touchée au plus profond et le lendemain, je l’ai raconté à mes parents ; mais n’étant pas chrétiens, ils n’ont pas voulu en entendre parler. Cherchant des réponses, j’ai commencé à prier, à pratiquer la religion de mes parents. Mais quelque chose me manquait, ce n’était pas complet. Je sentais que ma prière n’était pas vraiment sincère. Ce rêve me suivait, je voulais avoir une réponse. Comme mes parents m’avaient mis une barrière, j’ai raconté mon rêve à mes amis chrétiens. Ils étaient stupéfaits ; ils m’ont dit : « Tu ne vois pas la grâce que tu as eu de voir Jésus ! On le cherche tous, et toi qui n’es même pas chrétienne, tu le vois ! ». Ils m’ont donné le Nouveau Testament. J’ai commencé à lire la Bible, et j’y ai trouvé du réconfort, des réponses aux questions que je me posais.
« Si tu montres que tu l’aimes, il ouvrira les portes »Ma meilleure amie m’a alors demandé d’essayer de prier Dieu pendant un an. J’ai répondu : « Comment est-ce que je peux faire ? Mes parents ne veulent pas que je devienne chrétienne ; ils le verront si je prie différemment. » Elle m’a dit « Dieu comprend. Continue à prier comme avant, mais au fond de ton cœur, prie Dieu. Explique-lui ta situation. Si tu montres que tu l’aimes, il ouvrira les portes pour que tu puisses le prier. »
J’ai suivi ses conseils. Finalement, j’ai eu l’opportunité d’aller à Londres pour mes études et dès que je suis arrivée, j’ai abandonné la religion de mes parents pour chercher Dieu. J’ ai expliqué mon parcours à un prêtre qui m’a conseillé de faire un parcours de catéchisme avant de réfléchir au baptême. J’ai donc commencé cette formation à Londres puis mes études m’ont emmenée en France. Là, je me suis rapprochée de l’église près de chez moi et j’ai demandé le baptême. Après discussion, le responsable du catéchuménat a choisi François pour m’accompagner. C’est là qu’a commencé mon cheminement.
Pendant la préparation au baptême, François a vraiment su apaiser mes craintes. Il connaissait mon parcours et mes peurs, par rapport à mes parents, à la religion ou à des phrases de la Bible qui me gênaient un peu. Il m’a aidée à comprendre qu’en toute chose Dieu est amour, que tout dans la Bible ne devait pas forcément être pris au premier degré. Il m’a fait rencontrer des personnes venant d’une autre religion converties au christianisme, et qui ne l’ont pas avoué à leur famille ; ça m’a beaucoup aidée. Je n’étais pas prête à dire à mes parents que je demandais le baptême. J’avais le sentiment, en parlant de religion avec mes parents, de renier Jésus et ça me faisait mal. François m’a expliqué que Pierre lui-même a renié Jésus trois fois ; il m’a fait comprendre que Jésus ne juge pas comme les hommes. Il est amour, il est bon, il comprend.
« C’est une très belle histoire d’amour »Le jour du baptême, j’ai vraiment senti que Jésus était là : tout le monde était dans la joie, tout le monde était baigné dans sa lumière. Recevoir l’eau du baptême, c’était fort. Et recevoir le corps du christ et le sang du christ… J’étais vraiment émue. C’est le Christ ! J’étais remplie de grâce. J’ai dit à François : « Je ne suis pas digne de le recevoir ». On était illuminées de quelque chose. C’est dur à expliquer, il faut le vivre !
Aujourd’hui, je suis réellement chrétienne. C’est une très belle histoire d’amour, parce qu’il m’a aimée en premier. Ces neuf ans à le chercher n’ont pas été perdus : il me fallait ce temps pour être sûre de ce que je voulais. C’est la première fois dans ma vie que je fais un vrai pas, et j’en suis heureuse. J’encourage les gens à le suivre réellement, à ne pas avoir peur. Il m’a fait rencontrer des personnes formidables, qui m’ont comprise, qui ne m’ont pas jugée, qui ont voulu m’aider. J’ai vu une communauté chrétienne solidaire, qui m’a fait comprendre que Dieu ne nous abandonne jamais. Je sais qu’il m’aime, ne serait-ce que ça, ça me donne la force de continuer.
Mama
Les 22 avril et 6 mai 2012 auront lieu les élections présidentielles, suivies en juin par les législatives. A cette occasion, le conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié une réflexion sur les élections le 3 octobre 2011 : Elections : un vote pour quelle société ? Depuis, un site et une vidéo ont été créés pour reprendre les éléments de cette réflexion. Simon, étudiant à Sciences Po, revient sur ce texte qui donne une série d’éléments de discernements.
Alors que la campagne présidentielle est souvent accusée de ne pas être à la hauteur des enjeux essentiels, il est bon de revenir sur le document des évêques de France qui a pour but de nous faire réfléchir sur la société que nous voulons. Le vote, c’est le choix d’une société.
Les évêques encouragent les citoyens à aller voter pour « rendre notre pays plus agréable à vivre et plus humain pour tous », sans toutefois « attendre du pouvoir politique plus qu’il ne peut donner ». Ils relèvent que nous sommes appelés à un « changement de mode de vie » que nous devons choisir plutôt que subir. Penchons nous sur quelques unes de ces thématiques qu’il revient à chacun de hiérarchiser.
Vie naissanteLire le texte des évêques sur la vie naissante
La question de l’avortement ne doit pas être présentée comme une solution pour les jeunes mères, mais ces dernières doivent être davantage accompagnées dans leur choix de garder leur enfant ainsi que sur les conséquences d’un IVG. Il ne faut pas oublier que l’embryon est une vie, mais en même temps il ne faut pas oublier la mère (et le père) qui doivent être accompagnés dans leur décision.
FamilleLire le texte des évêques sur la famille
Les évêques de France recommandent clairement la protection d’un mariage entre un homme et une femme uniquement, pas entre personnes du même sexe. Au-delà d’un refus catégorique, il faut clairement se poser la question de la place de l’homosexualité dans la société. Allons-nous rester catégorique ou au contraire chercher à montrer que l’Eglise accepte les homosexuels en tant que tels et leur accorde une reconnaissance sociale, même si elle leur refuse le mariage qui doit être réservé à un homme et une femme ? Nombreuses sont les incompréhensions sur la position de l’Eglise par rapport aux homosexuels qui mériteraient d’être mieux expliquées sans tabou afin de libérer la parole et de permettre aux (jeunes) chrétiens de s’exprimer d’une manière argumentée, à la fois compréhensive et ferme.
EducationLire le texte des évêques sur l’éducation
L’éducation est essentielle à la construction de l’identité. Ni en opposition, ni en accord total, le jeune grandit en cherchant sa propre voie dans des bornes et grâce au terreau apporté par les éducateurs. Il me semble essentiel de laisser de la place à a liberté de conscience afin que le jeune ne soit pas conditionné, mais il faut lui laisser la liberté de choisir sa vie, et l’aider dans ce choix.
JeunesseLire le texte des évêques sur la jeunesse
La jeunesse est en demande d’intégration. Nous ne sommes pas encore dans l’état de l’Espagne quant au chômage des jeunes, mais nous n’en sommes pas loin. La jeunesse est aujourd’hui inquiète de l’avenir et de trouver une place dans le monde, entre son travail et sa famille. Elle a également le sentiment d’une perte de grandeur dela France et de l’Europe dans le monde et que « le monde ne sera plus jamais comme avant ». La guerre de génération est souvent sur nos lèvres, avec l’idée que la génération précédente a bénéficié des Trente Glorieuses puis du déficit public accumulé et que nous, la jeune génération, devront payer la dette. La question de l’intégration de la jeunesse doit être une priorité afin d’éviter cette guerre et de renforcer le vivre ensemble.
Banlieues et citésLire le texte des évêques sur banlieues et cités
Il est révoltant de voir aujourd’hui des zones de non droit ou d’insécurité. Il faut soutenir les associations et les efforts de renouvellement urbains dans ces quartiers. A l’instar du Christ qui allait vers les plus marginalisés, les politiques publiques doivent s’occuper davantage de ces quartiers afin de renforcer le vivre ensemble national.
EnvironnementLire le texte des évêques sur l’environnement
L’environnement me semble être clairement inscrit dans la campagne. De la lutte contre le réchauffement climatique, nous sommes passés à une idée de croissance verte, de l’environnement comme sortie de crise. Les investissements verts pourraient être la troisième révolution verte (Jérémy Rifkin) ou encore la source d’une solidarité européenne renouvelée, avec le fonds vert (Michel Aglietta, Zone euro, éclatement ou fédération). Je me réjouis de cette place croissante que prends l’environnement, et j’espère que cela continuera après la campagne.
Economie et justiceLire le texte des évêques sur économie et justice
Les évêques insistent sur l’importance de donner une vraie perspective de travail aux jeunes et de ne pas maintenir de personnes dans la dépendance vis-à-vis de l’Etat. L’équité des salaires doit être renforcée, mais cependant jusqu’où pouvons-nous aller dans l’arbitrage entre la hausse du salaire encourageant au travail et l’équité salariale ?
Les évêques valorisent également l’engagement dans des associations renforçant le tissu social, ce qui est une composante essentielle mais parfois oublié de la société. Ainsi dans certaines universités, la participation à une association est valorisée par l’attribution de crédits ECTS, comme s’il s’agissait d’un cours.
Coopération internationale et immigrationLire le texte des évêques sur coopération internationale et immigration
Les évêques s’opposent clairement à une fermeture protectrice des frontières, ce qui est positif dans notre monde globalisé qui fonctionne grâce aux échanges internationaux. Les échanges renforcent également la compréhension de l’autre, de la personne humaine. Ainsi nombreux sont les étudiants en échange universitaire qui découvrent à cette occasion diverses cultures, manières de penser et ainsi goûte avant l’heure à l’universalité, à l’Homme dans son ensemble. Il faut favoriser les échanges qui vont à l’encontre du racisme et de la xénophobie et favorisent la compréhension de notre identité dans le reflet du miroir de l’autre.
HandicapLire le texte des évêques sur le handicap
Il faut souligner les efforts des politiques publiques en vue de l’intégration des personnes handicapées dans le milieu scolaire et universitaire. L’attitude du Christ doit être un exemple pour tous les jeunes qui se retrouvent face à une personne handicapée. Cependant l’aide ne doit pas être vécue comme une obligatoire charité envers une personne à cause de son handicap, .Au contraire, dans l’aide, la reconnaissance de la personne handicapée comme une personne pouvant nous apporter beaucoup est essentielle.
Fin de vieLire le texte des évêques sur la fin de vie
La perte de solidarité intergénérationnelle pourrait déboucher sur des débats faussés quant à l’euthanasie, ce qui doit être évité par le soutien aux expressions de la solidarité, par exemple avec les associations permettant de faire cohabiter des plus jeunes avec des moins jeunes. La question de l’intégration de la jeunesse doit être une priorité afin d’éviter cette guerre et de renforcer le vivre ensemble.
Patrimoine et cultureLire le texte des évêques sur patrimoine et culture
Les évêques insistent largement sur la conservation du patrimoine existant, essentiel pour nous inscrire dans la lignée de nos ancêtres et nous remettre à notre place dans l’histoire de l’humanité, source d’humilité. Cependant, il me semble qu’il ne faut pas non plus décourager la création artistique qui permet aux générations actuelles de s’exprimer et de contribuer à l’ouvrage de nos ancêtres.
EuropeLire le texte des évêques sur l’Europe
La construction européenne est reconnue par tous comme un effort de pardon, ainsi il ne faut pas se laisser entrainer sur des tendances encourageant la haine entre les nations. L’Union européenne est aujourd’hui très prégnante dans notre vie, avec plus de 80% des législations qui sont d’origine européenne. Cette prégnance est trop souvent ignorée dans notre pays qui maintient une fiction d’autonomie et de pouvoir d’initiative. Le projet de l’Union européenne mériterait néanmoins d’être plus démocratique et décidé avec les citoyens, afin que chacun prenne conscience de la chance de vivre en Europe qui ne doit pas être le bouc émissaire.
Laïcité et vie en sociétéLire le texte des évêques sur laïcité et vie en société
La laïcité est une valeur de la République qui permet de faire cohabiter différentes religions dans la société. La France ne doit pas tomber dans un excès laïquard ou fanatique religieux. Pour cela, il est possible d’imaginer de consulter davantage la population sur ce point sensible. Il faut dans tous les cas éviter de soulever des polémiques sur ce sujet en cherchant à attiser les tensions, ce qui nuirait au vivre ensemble. Il ne faut pas être trop tiède mais dans le même temps, nous devons vivre ensemble.
Le texte des évêques aborde au total 13 points d’attention : vie naissante, famille, éducation, jeunesse, banlieues et cités, environnement, économie et justice, coopération internationale et immigration, handicap, fin de vie, patrimoine et culture, Europe, laïcité et vie en société.
Ce sont treize points de vigilance sur lesquels les évêques attirent notre attention pour éclairer notre choix. N’hésitez pas à les lire et à vous faire votre idée de la société que vous voulez avant d’aller voter !
Simon, étudiant à Sciences Po
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Elections : un vote pour quelle société ?
Avance au large est une proposition de la pastorale étudiante pour participer à la prestigieuse Course Croisière EDHEC en représentant les aumôneries et communautés chrétiennes étudiantes. Nicolas, en dernière année d’école d’ingénieur, s’est joint à l’aventure lors de l’édition 2010 de la course.
La Course Croisière EDHEC est le plus important événement sportif étudiant d’Europe. Pendant une semaine, elle rassemble plus de 3000 étudiants autour d’un défi sportif et dans une ambiance festive. La course se tient cette année à La Rochelle du 13 au 21 avril. Lorsque j’y ai participé, il y a deux ans, l’événement avait eu lieu à Brest. La croisière EDHEC (ou CCE pour les intimes) s’articule autour de trois trophées. Le Trophée Mer est le cœur historique de la course et accueille chaque année plus de 170 bateaux. Le Trophée Terre consiste en un raid multi-sports où s’affrontent 150 équipes. Enfin, le Trophée Sable accueille sur le village de la course des tournois de sport sur sable. Pour ma part, j’ai participé au Trophée Terre, qui représente un beau défi sportif. Tous les jours, nous alternions course à pied, course d’orientation, VTT, run and bike ou canoë. Le Trophée Terre m’a aussi donné l’occasion de découvrir l’arrière pays brestois et les côtes bretonnes le long desquelles nous avons couru. Nous sommes passés dans des paysages superbes. Le soir après les épreuves, nous avions le temps de flâner dans le village de la course pour discuter avec d’autres étudiants avant de participer à la soirée. Nous avons terminé douzièmes, et l’année d’après l’équipe d’Avance au large a fini troisième !
Porter une proposition chrétienne à destination des jeunesTrès bien, me direz-vous : c’est un bel événement sportif étudiant, mais la pastorale étudiante là-dedans ? J’y viens ! Parce que « Avance au large », ce n’est pas seulement faire du sport et aller aux soirées de la CCE. Nousapportons aussi une présence d’Eglise. Le fait le plus visible est la distribution de « Prions en Eglise », spécialement conçus pour la semaine de la course, pendant la chaîne d’approvisionnement le premier jour. C’est l’occasion d’inviter les participants à la messe que nous organisons le premier dimanche de la course. Chaque jour, nous célébrions la messe dans notre « QG » avec ceux qui le souhaitaient. Avant les épreuves sportives, nous prenions un petit temps de prière en équipe. Avance au Large est aussi présent pour porter une proposition chrétienne à destination des jeunes. En 2010, notre souci était d’informer les étudiants sur la situation en Haïti (c’était quelques mois après le tremblement de terre) pour développer un esprit de solidarité avec les étudiants haïtiens, en faisant connaître par exemple les propositions de volontariat en Haïti.
On peut être catho et faire des performances sportives !Ce qui m’a le plus marqué, c’est simplement notre présence en tant que chrétiens sur la course. Les étudiants sont là en général pour représenter leur école. Pas nous. Dans le bus pour nous rendre sur le lieu des épreuves ou sur le village de la course, on m’a souvent demandé de quelle école je venais. Je répondais : « Je suis venu avec Avance au Large, pour représenter les aumôneries étudiantes et les propositions de solidarité avec Haïti ». On souhaite ainsi montrer que l’Eglise a une place dans notre vie et que la foi structure notre existence. C’était l’occasion d’engager le dialogue. Avance au large présente une Eglise vivante et présente dans les lieux de vie étudiants. On peut être catho et faire des performances sportives ou aller aux soirées ! Je crois que le plus gros enjeu est de montrer en vivant cette expérience que l’Eglise veut se faire proche de chacun, et en particulier des jeunes. Au-delà de la performance sportive, notre présence apporte un souffle d’espérance, qui invite les autres étudiants à se poser des questions.
Nicolas Lestoille
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Le site de la Course Croisière EDHEC Le site d’Avance au large La page Facebook d’Avance au large
Mgr Denis Moutel nous propose une catéchèse pour le dimanche de Pâques.
Cette nuit et ce saint jour de Pâques, dans les églises du monde entier, c’est le cœur de notre foi chrétienne qui est annoncé, proclamé, chanté : « Christ est ressuscité ! et vous aussi, vous êtes ressuscités avec le Christ ».
C’est une joie de l’annoncer parce que souvent ce n’est pas cela que l’on demande aux chrétiens, dans la vie de tous les jours.
On leur demande d’être des gens corrects, honnêtes, solidaires, et c’est bien ! Mais ils ne le sont pas toujours … On leur demande d’agir efficacement sur tous les problèmes du monde et de réduire toutes les souffrances, mais ils sont aux prises avec les mêmes épreuves, engagés sur les mêmes chantiers que tout le monde. On leur demande de donner ce qu’ils n’ont pas !
Lorsque des chrétiens sont invités sur un plateau de télévision, on leur demande d’avoir un avis sur tout, on les questionne sur les comportements, la vie morale … mais la curiosité se porte rarement sur la seule chose essentielle qu’ils peuvent finalement communiquer : Christ a assumé même notre mort, il ne l’a pas contourné, il y est entré … il est vivant ressuscité et il nous communique cette vie nouvelle.
C’est cela qu’atteste la liturgie de Pâques. Tous les signes offerts nous disent la présence du Christ ressuscité.
D’abord il y a des chrétiens … On peut mettre en doutela Résurrection du Christ. On ne peut pas raisonnablement méconnaître que des chrétiens s’assemblent, encore aujourd’hui, à cause de Jésus. On ne peut pas ignorer non plus que 3.000 catéchumènes adultes auront reçu le baptême dans cette nuit de Pâques. Laissons parler les signes qui les conduisent pas à pas vers le Christ, « premier né d’entre les morts ».
Le feu nouveau, la lumière du Christ… c’est le jaillissement de la vie nouvelle, au cœur de la nuit. C‘est le signe que les ténèbres, les obscurités de nos vies seront dissipées un jour … et c’est déjà commencé ! Ce pardon que je ne peux pas encore donner, ces échecs d’une vie un peu en désordre, cette lassitude ou cette souffrance qui peut accabler, tout cela, c’est mon histoire ce sont mes blessures et c’est la mort qui est à l’œuvre, mais c’est là que le Christ est passé, c’est là qu’il se tient, sur la croix et dans sa mort pour allumer le feu de son amour. Il vient illuminer cette part de notre histoire qui attend encore la lumière. Il nous communique sa vie et son amour pour que, avec lui, nous puissions mener une vie nouvelle.
La Parole de Dieu … C’est aussi la présence de Jésus ressuscité. Il nous explique les Ecritures. Par les grands récits de la création et de la libération d’Egypte, par les prophètes, dans l’Evangile, nous comprenons que depuis toujours Dieu nous aime et nous attend. Il a fait alliance avec l’homme. Il n’attend pas de nous la soumission des esclaves, mais une vie libérée de nos chaînes. Et nous voyons alors que notre vie est une traversée, un passage avec le Christ, qu’elle a un sens … que l’amour et la vie auront le dernier mot.
L’eau baptismale … A Pâques nous proclamons la foi de notre baptême. Le baptême est le sacrement par lequel nous avons été unis au Christ pour toujours : en Lui nous sommes vraiment les enfants bien-aimés du Père. Quand je baptise un petit enfant, je prie pour lui avec toute l’assemblée et je lui dis, en mon cœur : « toi, quelque soient les événements de ta vie, même si tu connais les épreuves ou la méchanceté des hommes, tu ne seras jamais perdu car tu es membre du Christ, tu es uni à Lui pour toujours.
L’Eucharistie … c’est le repas de l’amour de Dieu offert, c’est la nourriture qui nous renouvelle dans la vie avec le Christ. C’est l’invitation régulière à mettre, nous aussi, notre vie sous le signe du don et du partage. C’est cela qui a de l’avenir. L’Eucharistie est la source et le somme de la vie chrétienne, un sacrement pour des croyants en chemin, qui ne sont pas parfaits, qui ne sont pas arrivés … mais qui avancent en pèlerins à la suite du Christ.
Oui, aimons l’Eglise et, dans l’Eglise, prenons soin de nos assemblées, prenons soin du feu, de la Paroleentendue, de l’eau baptismale et de l’Eucharistie. Christ est ressuscité ! nous en sommes témoins.
+ Denis MOUTEL évêque de Saint-Brieuc et Tréguier, président du conseil pour la pastorale des jeunes et des enfants.
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Les lectures de la veillée pascale et de la messe du jour de Pâques Le dossier Carême sur Jeunes Cathos Blog
Concerts de pop chrétienne et de musique sacrée, expositions, conférences, pièce de théâtre… le festival Pâques en Octaves aura lieu du 13 au 15 avril à Blois. Bénédicte, membre de l’équipe d’organisation, raconte.
L’aventure a commencé pour moi le 11 juillet 2011, jour où Mathieu, le président de l’association « Pâques en Octaves », m’a demandé si je voulais m’engager dans le projet : créer un festival sur Blois, avec une double programmation pop et classique, pour redynamiser la ville et particulièrement le diocèse.
Une forte demande et un réel publicCe concept original avait été entrepris par le « Festival de Pâques » de Chartres qui avait attiré jusqu’à sa dernière édition des milliers de personnes. L’annulation de l’édition 2011 laisse un grand nombre de déçus. En voyant les articles suite à cette subite annulation, Mathieu a alors eu l’idée de reprendre ce concept novateur et de délocaliser le festival sur Blois. Nous avions conscience que c’était un projet ambitieux au vu du travail que nous allions devoir fournir et du budget qu’un tel évènement demandait. Nous étions un groupe d’étudiants, venant des quatre coins dela France, réunis autour de ce projet, qui nous ne connaissions pas grand chose au monde du spectacle.
Nous avons du faire face à de réelles difficultés : nous avons vite réalisé qu’il n’était pas si simple d’obtenir les autorisations pour le lieu du festival et de trouver des partenaires pour financer le festival. Nous nous sommes parfois heurtés à des réticences.
Il y avait également un vrai enjeu autour de la programmation : nous nous devions de présenter un programme sérieux à nos futurs festivaliers. Pour cela, nous nous sommes entourés de professionnels avec Grégory Turpin, chanteur reconnu dans le milieu pop et Vincent Grappy pour le classique qui est notamment le titulaire de l’orgue de la cathédrale de Blois.
Mais quels que soient les obstacles, il y avait une forte demande et un réel public suite à l’arrêt du « Festival de Pâques » : autant dire que notre projet tombait à pic !
« Une occasion d’extérioriser ma foi »A titre personnel, je ne pouvais que répondre par un grand « oui » à cette proposition : c’était une occasion de découvrir le monde associatif qui m’était inconnu, mais aussi d’extérioriser ma foi et de pouvoir faire une œuvre pour l’Eglise en participant à la « nouvelle évangélisation ».
Mathieu m’a confié le poste de secrétaire, que j’ai vite découvert : mails, coups de téléphone, archivage des différents documents reçus… Autant de tâches qui m’ont montré à quel point le rôle du secrétaire est indispensable. Non seulement je dois être la médiatrice entre l’association et les différents secteurs publics et privés, mais aussi la personne qui parle au nom du festival. Il me faut, en permanence, être efficace et disponible.
Avec cette expérience, j’ai pu me rendre compte du résultat produit par un réel travail d’équipe. Grâce aux efforts de tous, nous pouvons proposer aujourd’hui 22 concerts, 3 conférences mais aussi 1 exposition de 3 artistes contemporains et une pièce de théâtre et ce sur un week-end.
Je vous donne rendez-vous du 13 au 15 avril à Blois avec Paddy Kelly, Glorious, le chœur de la cathédrale de Birmingham, le Quatuor Girard et encore bien d’autres!
Bénédicte Franc, secrétaire de l’association « Pâques en octaves »
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Le site de Pâques en Octaves La programmation du festival L’équipe d’organisation du festival
La saison officielle des pèlerinages s’est ouverte à Lourdes fin mars. Une foule bigarrée, de tous âges et de tous horizons, vient fouler chaque année les lieux où la Vierge Marie apparut à la petite Bernadette il y a 154 ans. Voici quelques mots pour (re)découvrir un des nombreux aspects du Message de Lourdes.
Qu’on ne nous dise pas que Lourdes est choquante à cause de ses commerces !…
Voilà, me direz-vous, une drôle d’entrée en matière dans un article visant à faire découvrir Lourdes ! Mais sachez-le, chers amis, si vous ne savez pas que Lourdes est ainsi, vous serez, comme d’autres, peut-être déçus… Il faut donc juste apprendre en premier que Lourdes est comme notre propre cœur : il y a une superficialité et une profondeur, du bruit et un grand silence, une multitude inconnue et une vraie rencontre… Laissez-moi vous inviter à un petit voyage, et en premier lieu dans le temps.
Nous voici en 1850, et Lourdes est un petit bourg de 4000 habitants au pied d’un Château fort. Du Château jusqu’à la Grotte, il n’y a ni commerces, ni hôtels, juste quelques ruisseaux le long desquels sont établis des moulins, dont celui de Boly, où loge et travaille la famille Soubirous, les parents de Bernadette… La Grotte actuelle, appelée Massabielle – du bigourdan qui signifie vieux rocher - est au bord du Gave ; on la croit hantée par des sorcières et on l’appelle aussi la Tutte aux cochons parce qu’on y mène paître les porcs.
Cher (futur?) pèlerin, je vous propose maintenant de descendre du haut de la ville jusqu’à Massabielle, le lieu de la Grotte, et de le faire en silence comme si vous « rentriez » en vous-même ; laissez la superficialité des bruits de la ville, des commerces, du mouvement, et venez en silence au lieu de la Rencontre.
« Elle me regardait comme une personne parle à une autre personne »Car Lourdes est avant tout l’histoire d’une rencontre, et celle qui eut lieu entre Marie et Bernadette inaugure toutes celles qui suivront, dont nous avons été ou dont nous serons. Retrouvons-nous donc en 1858 : une belle Dame apparaît à la petite Bernadette Soubirous, jeune fille de 14 ans, maladive, dont la famille a connu la ruine dans des circonstances qui nous feraient dire aujourd’hui que « le sort s’est acharné » sur des « innocents ». Cette Dame, seule Bernadette la voit, mais ceux qui voient le visage de Bernadette au moment où celle-ci la voit, sont conscients que quelque chose « se passe ». Ils questionnent Bernadette et veulent savoir de qui il s’agit. Mais jusqu’au 25 mars, Bernadette ne sait pas dire qui c’est, elle s’y refuse même : même si la Dame à ce jour lui est déjà apparue 15 fois, elle n’a pas encore dit son nom… C’est que l’essentiel de la rencontre n’est pas dans le nom de l’une et de l’autre… c’est la rencontre elle-même.
De fait, entre le 11 février et le 16 juillet, il y aura 18 rencontres, 18 apparitions. Je m’arrêterai brièvement sur la troisième, celle du 18 février. Dans une de ses premières paroles, la Dame vouvoie Bernadette, et lui demande, très paradoxalement, une « grâce » : celle de venir pendant quinze jours. Plus tard, à ce sujet, Bernadette témoignera en ces termes : « elle me regardait comme une personne parle à une autre personne ». Pour saisir l’extraordinaire de cette phrase, rappelons-nous que Bernadette vivait, à ce moment, des heures difficiles : la Dame n’est pas apparue à Bernadette quand « tout allait bien », quand elle vivait, selon ses mots » des « années de bonheur » au Moulin de Boly, où elle est née, non… la Dame lui est apparue à un moment de cachot, dans les deux sens du terme : un vrai cachot, c’est-à-dire une ancienne prison, insalubre, où ses parents, ses deux frères et sœurs et elle-même, vivaient depuis leur ruine ; mais aussi un cachot intérieur : celui de l’épreuve physique, morale et même spirituelle qu’ils traversaient ensemble… Et voici que la personne même de Bernadette se trouve illuminée au-delà de sa détresse par cette Dame dont le regard la fait éclore à sa dignité de personne digne d’être rencontrée et aimée.
Oui, Lourdes est avant tout l’histoire d’une rencontre… rencontre d’une Dame qui se nommera le 25 mars de ce nom étrange que Bernadette ne connaissait pas : « Je suis l’Immaculée Conception » et d’une jeune fille qui s’est désignée comme la plus pauvre et la plus ignorante de Lourdes… Rencontre entre la Toute Pure, qui ne répugne pas à poser ses pieds sur la Grotte aux cochons !… - comme pour ne pas m’effaroucher, moi, dont l’état du cœur ne me paraît parfois pas digne d’elle… - et une jeune fille dont la simplicité attire en même temps qu’elle déconcerte…
Bernadette, c’est elle mais aujourd’hui ça peut-être moi aussi… A Lourdes, je n’ai rien d’autre à faire qu’à entrer dans ce jeu de regard qui voit le fond des cœurs et illumine les cachots intérieurs.
Véronique Rouquet est née à Lourdes et a travaillé quatre ans au service de pèlerins démunis, logés à la Cité St Pierre.
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