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Le Carême, le temps du désir

Publié par jeunescathos le 17 mars 2014 - A la Une, Carême et Pâques, Journal d'une jeune religieuse, Vie de l'Eglise

Sœur Marlene est moniale aux Fraternités Monastiques de Jérusalem et pour Jeunes Cathos blog, écrit le Journal d’une jeune religieuse. En ce temps de Carême, elle nous invite à nous mettre à l’écoute du désir de Dieu pour nous et nous donne des pistes concrètes pour nous mettre davantage en chemin.

 

« Si quelqu’un a soif qu’il vienne à moi » (Jean 7, 37)

 Vers qui allons-nous pour étancher notre soif ?

Que faire de tous nos désirs multiples ?

Comment creuser cet unique et seul désir qui habite notre cœur profond : désir d’aimer et d’être aimé,  désir de vivre pleinement, désir d’une joie profonde, désir de liberté, désir d’une parole vraie…

 Et puis, de quelle soif s’agit-il au juste ? Est-ce la nôtre, ou celle de Dieu lui-même qui désire nous rencontrer ? Le Père nous cherche, dit Jésus (Jn 4,23), et il a besoin de chacun d’entre nous comme il a voulu avoir besoin de cette femme samaritaine. Jésus n’avait pas peur de s’exposer dans sa fragilité, dans sa fatigue, dans son humanité.

icône samaritaine - naplouse - église puits de jacobCette icône de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine nous amène en Terre Sainte, à Naplouse, dans une église chrétienne de confession grecque orthodoxe, où la tradition situe le puits de Jacob (d’une profondeur de 40 mètres – à visiter dans la crypte).

Oui, Dieu a soif de nous rencontrer, et de nous voir revenir vers Lui.

« Revenez à moi, de tout votre cœur, car je suis un Dieu de tendresse ! » C’est avec cet appel fort et retentissant dans la liturgie du Mercredi des Cendres que débute le temps du Carême chaque année. Qu’allons-nous faire tout au long de ces semaines ? Ou plutôt : qu’allons-nous répondre, au plus profond de notre cœur, à cette invitation lancée par Sa Parole ?

Car Il parle, Dieu. Je suis un Dieu de tendresse, dit Dieu. Jésus, fatigué et adossé à un puits, dira à la Samaritaine : « Moi, qui te parle, je Le suis ». Moi, ton Dieu, j’ai soif de toi, je suis venu te chercher, comme un berger cherche sa brebis égarée. Moi, ton Dieu, j’ai besoin de toi, de tout ce que tu es, avec tout ton poids d’humanité, avec tes errances aussi.

Si cette femme nous prenait par la main, que dirait-elle et où nous conduirait-elle ?

Peut-être que Jésus ne s’arrête pas devant nos résistances et nos entêtements, et qu’il cherche toujours ce point de fracture, cette faille en nous, d’où émerge notre soif la plus profonde. Sans doute elle nous provoquerait avec sa curiosité un peu insolente à nommer nos « maris », ces réalités et idoles avec lesquelles nous pactisons et qui nous éloignent de l’Unique Époux.

Mais elle nous dirait surtout : soyez patients et plein de douceur avec vous-mêmes et croyez fermement que dans chacune de vos vies, il existe un puits et le Seigneur vous y attend. Ayez confiance en son pouvoir de séduction, à sa délicatesse et sa patience pour percer vos défenses. N’ayez pas peur – venez célébrer avec moi près de la margelle du puits que la propre pauvreté reconnue et reliée à Jésus n’est pas un obstacle pour recevoir le don suprême mais qu’elle est la meilleure occasion et le lieu par excellence pour l’accueillir et laisser jaillir cette eau vive. Probablement vous reviendrez chez vous sans eau, sans cruche, un peu désarçonné, mais avec une soif nouvelle, celle de faire connaître au monde entier ce plus grand amour de Dieu pour les hommes.

 Pendant ce Carême, pourquoi ne pas…

samaritaine - arcabas

(c) Arcabas – La Samaritaine

– découvrir et creuser le puits de la Parole, en réservant chaque jour un temps (réaliste et réalisable !) de méditation de la Parole de Dieu, via internet, des applications ou tout simplement la Bible à la main

– se laisser déployer toute ma créativité pour redécouvrir autrement les trois piliers du Carême chrétien, communs aux trois religions monothéistes : la prière, le jeûne et l’aumône

– suivre concrètement Jésus en renonçant un tout petit peu à mon désir de vouloir tout maîtriser et dominer, à l’autosuffisance et au renfermement – moi aussi, je veux avoir besoin des autres. Il est bon de se redire, que nous sommes – heureusement – fragiles, vulnérables et faillibles, et que Dieu passe souvent par ces failles-là.

contempler cette icône de la rencontre de deux assoiffés, et me demander vers où nous entraînent ces personnages, me laisser regarder et interroger…

écrire une lettre en guise de réponse à l’appel du Seigneur – qu’est-ce qui m’empêche de revenir vers Lui ? Quel désir et quelle soif m’habitent ? Quelles images j’ai de ce Dieu ?

veiller sur la manière de parler dans mes rencontres : mes paroles sont-elles un puits, une source pour l’autre ou ne sont-elles pas souvent des « mots creux » qui sonnent faux ou qui font beaucoup de bruit dans le vide ?

prévoir une courte marche seul ou avec d’autres, organiser un pèlerinage vers une église, un haut lieu près de chez soi pour vivre dans son corps l’incarnation de ce chemin de conversion qui monte : du désert des tentations à la montagne de la Transfiguration ; du puits de la rencontre de deux assoiffés vers la guérison de l’Aveugle-né ; du Temple démoli au Temple relevé en la personne du Christ ; du grain qui meurt à la plante qui a germée ; de l’élévation du Christ sur la croix à sa victoire sur la mort.

Marlene-moniale-fraternités-monastiques-jérusalem

 

Sœur Marlene

 

 

 

Lire aussi :

L’appel : pourquoi  moi ?
Journal d’une jeune religieuse

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