Articles à propos de Dieu
Le jour de l’Ascension, on fête l’élévation de Jésus-Christ au ciel. Jean-Paul Deremble, historien d’art, part d’une oeuvre d’art pour commenter cette fête.
Peut-on signifier une réalité invisible ?Comment représenter le moment de l’invisibilité ? C’est l’épreuve majeure pour le croyant et pour l’artiste. C’est le moment de la Résurrection. Le Christ se révèle alors dans une présence qui intègre son absence, dans une vie qui comprend la mort. Aussi pour expliciter le mystère de la Résurrection, les Évangélistes parlent d’apparitions au cours desquelles le Christ se fait reconnaître à travers les marques de sa passion tout en disparaissant à leurs yeux.
L’artiste qui veut rendre compte de ce moment est donc confronté à une difficulté maximale puisque son image qui est de l’ordre du visible doit signifier une réalité invisible. Est-ce possible ? En fait c’est la condition même du génie de l’art que d’introduire par le visible dans l’au-delà du visible. L’artiste fait l’expérience de la transcendance de la beauté par la manipulation des matériaux concrets jusqu’à ce point où le tangible laisse la place à une vision d’un autre ordre dont il est toujours difficile de parler puisqu’elle est celle de la plénitude de la beauté.
Il se passe quelque chose de tout à fait semblable dans l’ordre de la foi : au moment où je reconnais le Christ, celui qui est crucifié, il devient invisible mais présent par mon témoignage.
Chercher dans le ciel un signe de DieuParmi mille images, le vitrail de Champ-près-Froges dans l’Isère montre l’admirable articulation des contraires :
- en haut le Christ dans la Gloire du ciel, au sein d’une mandorle tenue par deux anges – manière traditionnelle de montrer un ciel ouvert mais inaccessible – ;
- en bas les Apôtres assemblés en Église recevant l’Esprit de la Pentecôte et inaugurant le temps de la mission.
- Au milieu, dans un entre-deux problématique, encore les Apôtres qui regardent avec tension vers le ciel mais qui ne voient rien sinon un message porté par les messagers d’excellence que sont les anges. Tout le vitrail est dans ce noyau central qui convertit le désir de voir la Gloire de Dieu en haut en témoignage apostolique ici-bas. Magnifique croisement du ciel et de la terre.
C’est notre condition de chercher dans le ciel, donc en dehors de soi, – parfois dans des images trompeuses – un signe de Dieu, qui se trouve en fait au milieu de notre vie d’épreuves crucifiantes, puisque Dieu nous y rejoint par son Esprit et nous donne de devenir ce signe incarné de beauté dont le monde a tant besoin.
Jean-Paul Deremble Université de Lille 3
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L’Ascension est inséparable du mystère de Pâques Que fête-t-on jeudi 17 mai prochain ? « Comme s’ils voyaient l’invisible » par Mgr Sankalé
Après un parcours de foi et de réflexion de neuf ans, Mama a été baptisée samedi 7 avril. Venant d’une autre religion, elle témoigne sur son parcours atypique et sur la joie de son baptême !
Mon parcours a commencé le jour où j’ai fait un rêve de Jésus. Dans mon rêve, il me regardait mais je ne pouvais pas voir ses yeux, qui étaient trop éclatants. Ce rêve m’a touchée au plus profond et le lendemain, je l’ai raconté à mes parents ; mais n’étant pas chrétiens, ils n’ont pas voulu en entendre parler. Cherchant des réponses, j’ai commencé à prier, à pratiquer la religion de mes parents. Mais quelque chose me manquait, ce n’était pas complet. Je sentais que ma prière n’était pas vraiment sincère. Ce rêve me suivait, je voulais avoir une réponse. Comme mes parents m’avaient mis une barrière, j’ai raconté mon rêve à mes amis chrétiens. Ils étaient stupéfaits ; ils m’ont dit : « Tu ne vois pas la grâce que tu as eu de voir Jésus ! On le cherche tous, et toi qui n’es même pas chrétienne, tu le vois ! ». Ils m’ont donné le Nouveau Testament. J’ai commencé à lire la Bible, et j’y ai trouvé du réconfort, des réponses aux questions que je me posais.
« Si tu montres que tu l’aimes, il ouvrira les portes »Ma meilleure amie m’a alors demandé d’essayer de prier Dieu pendant un an. J’ai répondu : « Comment est-ce que je peux faire ? Mes parents ne veulent pas que je devienne chrétienne ; ils le verront si je prie différemment. » Elle m’a dit « Dieu comprend. Continue à prier comme avant, mais au fond de ton cœur, prie Dieu. Explique-lui ta situation. Si tu montres que tu l’aimes, il ouvrira les portes pour que tu puisses le prier. »
J’ai suivi ses conseils. Finalement, j’ai eu l’opportunité d’aller à Londres pour mes études et dès que je suis arrivée, j’ai abandonné la religion de mes parents pour chercher Dieu. J’ ai expliqué mon parcours à un prêtre qui m’a conseillé de faire un parcours de catéchisme avant de réfléchir au baptême. J’ai donc commencé cette formation à Londres puis mes études m’ont emmenée en France. Là, je me suis rapprochée de l’église près de chez moi et j’ai demandé le baptême. Après discussion, le responsable du catéchuménat a choisi François pour m’accompagner. C’est là qu’a commencé mon cheminement.
Pendant la préparation au baptême, François a vraiment su apaiser mes craintes. Il connaissait mon parcours et mes peurs, par rapport à mes parents, à la religion ou à des phrases de la Bible qui me gênaient un peu. Il m’a aidée à comprendre qu’en toute chose Dieu est amour, que tout dans la Bible ne devait pas forcément être pris au premier degré. Il m’a fait rencontrer des personnes venant d’une autre religion converties au christianisme, et qui ne l’ont pas avoué à leur famille ; ça m’a beaucoup aidée. Je n’étais pas prête à dire à mes parents que je demandais le baptême. J’avais le sentiment, en parlant de religion avec mes parents, de renier Jésus et ça me faisait mal. François m’a expliqué que Pierre lui-même a renié Jésus trois fois ; il m’a fait comprendre que Jésus ne juge pas comme les hommes. Il est amour, il est bon, il comprend.
« C’est une très belle histoire d’amour »Le jour du baptême, j’ai vraiment senti que Jésus était là : tout le monde était dans la joie, tout le monde était baigné dans sa lumière. Recevoir l’eau du baptême, c’était fort. Et recevoir le corps du christ et le sang du christ… J’étais vraiment émue. C’est le Christ ! J’étais remplie de grâce. J’ai dit à François : « Je ne suis pas digne de le recevoir ». On était illuminées de quelque chose. C’est dur à expliquer, il faut le vivre !
Aujourd’hui, je suis réellement chrétienne. C’est une très belle histoire d’amour, parce qu’il m’a aimée en premier. Ces neuf ans à le chercher n’ont pas été perdus : il me fallait ce temps pour être sûre de ce que je voulais. C’est la première fois dans ma vie que je fais un vrai pas, et j’en suis heureuse. J’encourage les gens à le suivre réellement, à ne pas avoir peur. Il m’a fait rencontrer des personnes formidables, qui m’ont comprise, qui ne m’ont pas jugée, qui ont voulu m’aider. J’ai vu une communauté chrétienne solidaire, qui m’a fait comprendre que Dieu ne nous abandonne jamais. Je sais qu’il m’aime, ne serait-ce que ça, ça me donne la force de continuer.
Mama
Pour le Dimanche des Rameaux, Mgr Dominique Rey, évêque de Fréjus-Toulon, nous propose une catéchèse sur l’évangile du jour.
La semaine sainte s’ouvre par l’entrée triomphale du Christ à Jérusalem. De partout, la foule loue et acclame Dieu, reconnaissant en Jésus son envoyé et le fils de David promu roi. Cette foule n’est pas hystérique comme tant de foules conditionnées par l’ambiance. Elle avait raison de fêter Jésus. L’évangile nous dit qu’elle lui était reconnaissante des miracles qu’elle avait vus. (Lc 19, 37)
Et pourtant c’est la même foule, nous dit l’évangile de ce dimanche, qui conspuera Jésus jusqu’à le laisser choir. Les « Hosanna » vont devenir « à bas ! ». Les « béni sois-tu » vont se transformer en « crucifie-le ! », les « vive Jésus » vont se transformer en « à mort ! » La foule est versatile. Elle passe de l’adulation passionnée à la détestation frénétique. Jésus ne l’ignore pas. Il n’est pas dupe devant le concert de louange qui monte vers Lui au jour des Rameaux. Il n’est pas monté à Jérusalem pour cet éphémère triomphe humain, mais, il l’a annoncé plusieurs fois à ses disciples, pour réaliser son œuvre de rédemption par la Croix : « la gloire, je ne la tiens pas des hommes…, mais du Dieu unique ». (Jn 5, 43-43)
Le jour des Rameaux nous rappelle que les gloires humaines ne sont que des glorioles éphémères et ambigües. Qui, dans sa vie, n’a pas rencontré la désillusion après un succès qui l’avait flatté ?
Le Christ est l’un de nous dans la souffrance communePar pur amour, Jésus a affronté la souffrance des autres au point d’en être lui-même affecté. Il s’est fait solidaire de nos détresses. Un tableau célèbre de Bruegel l’Ancien (16ème siècle) « le portement de croix », représente un immense bouquet de fleurs, chaque fleur évoquant un aspect des malheurs humains : une femme portant son fils inerte dans ses bras, un condamné à mort, … tout un inventaire des peines des hommes. Or, parmi tous ces médaillons, perdu dans la masse, il y a Jésus portant sa croix. Le peintre avait compris que désormais, le Christ est l’un de nous dans la souffrance commune. Ce faisant, il a brisé la solitude de notre malheur. Désormais, tout homme qui a faim, qui est malade, exclu, désespéré ou sans abri, est le visage du Fils l’homme (Mt 25) Ainsi, le Christ est allé le plus loin possible, pour être avec nous, quand nous, nous ne sommes même plus avec nous-mêmes.
La foi nous prémunit contre le désespoirAussi longtemps qu’un homme s’éloignera de la croix de Jésus-Christ, il ne trouvera aucune réponse humaine à la question de sa souffrance. Il n’aura jamais le réponse exhaustive à ce mystère. Jésus, lui, a voulu se rendre présent au non-sens de l’épreuve, qu’elle soit physique, morale ou spirituelle.
L’évangile de ce jour nous montre l’Innocent, condamné par ceux qu’il était venu sauver et qui, jamais, ne désespèrera de l’amour de son Père silencieux, en qui il remettra avec confiance sa vie jusqu’à son dernier souffle. Jésus a voulu se servir de la souffrance humaine pour nous montrer la plénitude de son amour (cf Rm 8, 35-39). La souffrance n’est pas faite pour être expliquée mais pour être combattue par la foi. Celle-ci nous rend lucide sur la condition humaine, nous prémunit contre le désespoir, et nous assure que toute épreuve et que la mort elle-même, seront définitivement vaincues dans le royaume du Christ ressuscité, où « Dieu essuiera toute larme de nos yeux. » (Ap 21,4)
+ Dominique Rey
Evêque de Fréjus – Toulon
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Les lectures du dimanche 1er avril Le dossier Carême sur Jeunes Cathos Blog
Pour le 5e Dimanche de carême, Mgr Alain Planet, évêque de Carcassonne, nous propose une catéchèse sur l’évangile du jour : la fête de Pâques à Jérusalem.
L’évangile de ce cinquième dimanche de Carême nous fait vivre un moment clé pour Jésus. C’est le temps de la fête de Pâques à Jérusalem. Tandis que ses ennemis se durcissent et entendent le tuer avec Lazare, Jésus vient de vivre une entrée triomphale en ville dans l’incompréhension totale de ses disciples. La proximité de la fête se colore de la proximité de la mort de Jésus qu’il annonce sans cesse et que ses adversaires fomentent.
Or voici qu’arrivent des Grecs. Ces païens sont des craignant-Dieu puisqu’ils viennent « adorer Dieu durant la Pâque ». Ils veulent voir Jésus et pour cela s’adressent à Philippe et à André, peut-être parce que ces bons Galiléens ont des noms grecs. Leur démarche nous fait parcourir à l’envers la démarche des premiers disciples (Jn 2,40 ; 43) André était venu à Jésus et avait répondu à son invitation : « Venez et voyez » (2, 39) et Philippe avait croisé Jésus sur la route de Galilée et appelé par Jésus (2,43) il avait lui-même été chercher Nathanaël (2,45). On ne rencontre Jésus qu’à travers la médiation des rencontres humaines.
Un appel à suivre JésusJésus entend et comprend que « l’heure est venue ». Ces hommes venus « adorer Dieu » viennent à lui qui dira bientôt « qui m’a vu a vu le Père » (14,9). Et Jésus comprend que le temps de l’ouverture du Royaume aux païens est arrivé. « Voyant que par la mort de sa chair à lui, la mort de tous sera expulsée, la corruption annulée, la nature de l’homme transformée pour une nouveauté de vie » (St Cyrille d’Alexandrie), il regarde alors l’heure qui s’ouvre pour lui. Il en éprouve un profond bouleversement (ici Jean évoque ce qui dans les synoptiques est l’agonie de Gethsémani) mais il y reconnaît sa vocation et s’en remet totalement au Père sûr qu’il en recevra la fécondité du grain tombé en terre qui, seul et mourant, porte beaucoup de fruits.
Cette lecture est aussi un appel pour nous. Un appel à suivre Jésus, confiant que lui seul peut sauver notre vie et que le suivre c’est être avec lui qui est désormais dans la gloire du Père. C’est une vocation pour les appelés qui vivent leur troisième scrutin avant leur initiation pascale. C’est un appel sur nos choix de vie, certains appels de l’Eglise (à être prêtre, diacre, à rejoindre la vie consacrée) peuvent nous bouleverser. Aujourd’hui Jésus nous dit qu’ils sont chemins de bonheur avec Dieu. C’est un appel à toute notre Eglise à manifester celui qui « élevé de terre » veut attirer « tous les hommes à lui » car aujourd’hui, devant les « Grecs » de ce temps qui veulent adorer Dieu et voir Jésus, elle est la visibilité des bras ouverts du Christ.
+ Alain PLANET, évêque de Carcassonne
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Les lectures du dimanche 25 mars Le dossier Carême sur Jeunes Cathos Blog
Nous voici déjà parvenus à la moitié de notre Carême. Et il est peut-être bon de jeter un coup d’oeil sur le chemin parcouru pour voir où nous en sommes.
Dans le 1° dimanche, l’Eglise nous a présenté Jésus comme le nouvel Adam, l’homme nouveau tenté au désert pour nous fortifier dans nos épreuves. Puis le 2° dimanche nous a fait découvrir Jésus Fils de Dieu, transfiguré. Ces deux aspects furent réunis dans le 3° dimanche : Jésus, homme et Dieu, est donc le nouveau Temple ; il est le lieu de la présence de Dieu parmi les hommes.
Aujourd’hui, nous passons à la conséquences de tout cela. Ce 4° dimanche de Carême nous désigne Jésus homme, Dieu et Temple, comme l’objet de notre foi. Cette foi nous est présentée comme le seul accès à la vie éternelle. La question qui nous est alors posée est la suivante: face à Jésus sauveur, quelle est la situation de l’homme et son destin ?
La première constatation que nous présentent les textes est que l’homme peut périr, qu’il doit être sauvé, car il peut préférer les ténèbres.Ainsi la première lecture, qui est en quelque sorte un résumé de l’histoire d’Israël, mais aussi l’histoire de toute l’humanité, nous montre le peuple élu multipliant les infidélités, préférant les ténèbres à la lumière. Il rejette les prophètes, dont la vocation est justement de pénétrer le mensonge latent sur tout homme pécheur. Car les prophètes coopèrent avec Dieu en manifestant la lumière divine à un monde qui se réfugie dans les ténèbres du péché, c’est-à-dire du mensonge et de l’illusion. Et le Christ, prophète par excellence, a révélé aussi les ténèbres qu’il y a en nous : « Tout homme qui fait le mal déteste la lumière ».
Pour Jésus, le vrai drame de l’homme est qu’un être libre puisse préférer les ténèbres quand la lumière lui est proposée. Le vrai tragique de la condition humaine n’est pas la mort, mais qu’un homme puisse choisir la mort.
Mais Jésus n’en reste pas à cette constatation, car Dieu ne s’est jamais résigné au mal de l’homme.
Ainsi, sans se lasser, Dieu combat cette autodestruction de l’humanité.Là encore, la première lecture le dit: Dieu a tout fait pour empêcher la destruction de Jérusalem, c’est-à-dire du peuple élu, mais aussi de mon âme, par les armées de Nabuchodonosor, par en fait ces principes de destruction que sont les péchés. Et même quand il ne peut plus empêcher la destruction et l’exil, au milieu de la tourmente, il y a toujours un message d’espoir, la promesse d’une rédemption. Aujourd’hui encore, Dieu continue à sauver : « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique ». Aujourd’hui encore, il nous appelle, spécialement dans ce Carême, à revenir, à accepter la lumière, à ne pas préférer les ténèbres. Dieu s’engage lui-même pour nous ramener à la vie. Et il nous en donne le gage dans son propre Fils, qui ne vient pas pour juger, mais pour sauver le monde.
Mais en même temps, parce qu’il est amour, Dieu attend notre consentement: il me demande une réponse.Cette réponse, c’est la foi. Ainsi, l’exil prend fin, le temple est reconstruit en son temps, par ceux qui ont gardé la foi dans le salut de Dieu, ainsi que le chante le psaume : « Si je t’oublie, Jérusalem, que ma main droite m’oublie ! » C’est l’infidélité du peuple qui l’a conduit en exil ; c’est sa fidélité qui le ramène à Jérusalem. St. Paul va lui aussi développer ce thème : « C’est bien par la grâce que vous êtes sauvés, à cause de votre foi. Cela ne vient pas de vous, c’est un don de Dieu ». Face à ma misère, face à mes refus, Dieu non seulement reste fidèle, mais plus, il effectue lui-même le salut dont je ne suis pas capable. La foi me sauve, et cette foi est elle-même oeuvre du Christ en moi.
Ainsi, notre situation humaine nous propose deux voies: celle des ténèbres et celle de la lumière. Dieu, lui, est toujours prêt à sauver.
Dans notre Carême, accepterons-nous de nous laisser transfigurer par cette lumière, afin de lever les yeux en toute confiance versla Croix ? Ou préférerons-nous les ténèbres, en retournant le reproche vers les autres, en comparant, en cherchant plutôt la faille de l’autre plutôt que la nôtre ?
Nous sommes appelés à une foi lumineuse, basée sur l’action du Christ ressuscité. Laissons-nous recréé, ne choisissons pas les ténèbres dont nous sommes tous capables. Mais entrons, comme le dit l’apôtre, dans la richesse infinie de la grâce qui est donnée à tous les âges.
+ Jean-Marie LE VERT
Evêque de Quimper et Léon
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Les lectures du dimanche 18 mars
Le dossier Carême sur Jeunes Cathos Blog
Depuis mai 2008, l’Etablissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Porcheville, dans les Yvelines, accueille une cinquantaine de jeunes détenus, de 13 à 18 ans, venant de toute la région parisienne. Une petite équipe d’aumônerie catholique s’efforce de les accompagner au mieux, en groupe ou en discussions individuelles, quelques soient leurs parcours, leurs origines, leurs confessions… Le père Etienne Guillet témoigne.
Amis et paroissiens, beaucoup nous demandent : « mais ces jeunes, ont-ils vraiment un chemin spirituel ? Se posent-ils des questions de foi ? » Sans tarder, je peux répondre : et oui, on parle de Dieu en prison ! Certes, de beaucoup d’autres choses aussi, mais assez souvent et facilement de la foi !
Depuis l’ouverture de ce nouvel établissement, nous avons la joie de transmettre une Bible à ceux qui le demandent. Qu’est-ce que cela signifie ? Je voudrais m’y arrêter…
« Je voulais que Dieu entende bien mon angoisse »Offrir la Bible en détention, c’est transmettre un livre, un texte, une Parole de vie.
Un livre… Pour beaucoup de ces jeunes, parfois peu lettrés, la simple présence du livre saint dans la cellule manifeste quelque chose de la proximité de Dieu. Félix a dit : « cette nuit, j’avais tellement de soucis dans ma tête, que j’ai dormi avec la Bible sous mon oreiller. Je voulais que Dieu entende bien mon angoisse et mon désir de sortir vite ».
Un texte… Très régulièrement, un jeune témoigne de son émerveillement devant le texte biblique, pourtant souvent si loin de sa culture, de son langage, de ses codes. Ainsi Benjamin : « Tu sais, c’est magnifique, ce que j’ai lu dans les Proverbes : c’est très juste ce qu’ils ont écrit là. Ca se lit facilement et je comprends presque tout. Je lis et relis : ça me fait beaucoup réfléchir, ça m’apaise ».
Une Parole de vie… Au cœur de la détention, il arrive bien souvent qu’un jeune manifeste une authentique ouverture de cœur à la foi chrétienne. La parole ancienne peut alors résonner chez lui comme une Parole d’une grande puissance, le rejoignant au lieu même de ses fractures, de son combat, de ses espoirs de relèvement… Bien vivante la Parole : voici qu’elle rattrape et saisit parfois un jeune, bien loin pourtant d’être un enfant de chœur !
« Moi aussi, je crois qu’il est vivant !’Comment oublier cette simple demande d’Yves, exprimée dans le secret de sa cellule : « s’il te plait, relis-moi encore l’histoire du bon larron… » ? Car, la parole de Jésus en croix, il la prenait très au sérieux, lui le cambrioleur multirécidiviste de 17 ans, expert en coffres-forts.
Comment ne pas être ému, plusieurs mois après, par cet échange sidérant, introduit par Fabrice : « C’est beau cette histoire de Jésus. Sans blague, tu y crois, toi, qu’il est ressuscité et toujours vivant ? » « Oui, j’y crois » (Après un silence) : « Moi aussi, j’en suis sûr, je crois qu’il est vivant ! »…
Depuis la nuit de la prison, son cri, véritable confession de foi, se mêlait à celui de Pierre, de Thomas, du centurion romain…
Nos jeunes ne sont pas des enfants de chœur, mais ils restent enfants de Dieu, et leur cœur sait encore prier.
L’aumônerie veut être à leur côté pour les aider à grandir en tout ce qui fait leur vie : relations à leurs parents, à leurs bandes de quartier ; rapport à la violence ; relecture de leur acte transgressif ; encouragement pour leurs projets d’avenir…
Mais ce chemin de vérité exigeant, nous croyons qu’ils ne pourront l’emprunter vraiment qu’en se découvrant aimé de Dieu. L’aumônerie se veut alors la marraine, fidèle et discrète, d’une relation souvent découverte derrière les barreaux entre l’humain fragilisé et le Seigneur au regard bienveillant.
P. Etienne Guillet 35 ans. Prêtre du diocèse de Versailles, en paroisse à Mantes la Jolie – Mantes la Ville.
Le mardi 6 mars, l’Office Chrétien des personnes Handicapées (OCH), en lien avec l’association Simon de Cyrène, organise une grande veillée de prière à Notre-Dame des Champs avec les personnes handicapées, où interviendra Mgr James, évêque de Nantes. A partir de 19h45, se succèderont temps de louange, enseignement et adoration. Une occasion unique de se laisser aimer et transformer par les plus fragiles. Claire, 29 ans, atteinte d’un handicap moteur depuis sa naissance, explique pourquoi cette veillée l’interpelle.
Que représente pour toi cette veillée de prière ?
Pour moi c’est l’occasion de se poser devant Dieu et avec les autres, c’est important en plein cœur du carême.
Ma vie me semble parfois être un combat, un défi incessant. Je me bats contre la douleur. Je me bats pour rester debout, pour être autonome. Je me bats pour ne pas me laisser atteindre trop par le regard des autres qui parfois, est si dur. Depuis ma naissance, je me bats !
Le thème de cette veillée, « Laisse-toi aimer ! » m’atteint en plein cœur, c’est le cas de le dire. C’est tellement difficile de se laisser faire. C’est tellement difficile d’être dépendant.
Mais si je regarde Jésus je vois qu’il n’était pas résigné, il n’était pas passif. D’ailleurs, toute sa vie, il a guéri des malades et il n’est jamais resté les bras ballants devant la souffrance d’un malade.
Mais il me montre le chemin pour me laisser aimer : accepter que mon handicap soit visible, et du coup, ça permet aussi à d’autres, de montrer leur fragilité.
C’est aussi une richesse de cette veillée, on sera plusieurs ! Je ne suis pas seule à souffrir d’un handicap. C’est le cas d’autres aussi. Je n’ai pas envie de m’enfermer dans un ghetto… Simplement de me dire que la vie, la vraie vie, peut jaillir du partage avec d’autres jeunes, qui d’ailleurs ne sont pas forcément handicapés. On a tous des moments d’épreuve, non ?
Comment vis-tu ta foi ?
Mon handicap me relie beaucoup à Dieu. Parce que c’est là qu’il me rejoint, dans ma dépendance. Parfois je suis en colère contre lui. Parfois je me demande même, pourquoi cette vie ! Mais dire cela, c’est déjà reconnaître qu’il y a de la vie et qu’elle me dépasse, qu’elle est plus forte que moi. La vie est une force qui ne s’éteint pas, voilà ce que je crois.
Claire, 29 ans, IMC.
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Le site de l’OCH
Le site de l’association Simon de Cyrène
Pour cette deuxième étape du carême, Jésus nous donne rendez-vous sur une montagne. En compagnie de ses apôtres, nous sommes témoins d’une scène étonnante. Que comprendre de ce passage de l’Evangile ? Comment peut-il nous concerner ?
L’épisode de la transfiguration est l’un des rares moments où Jésus ne fait rien et ne dit rien. Il se contente d’apparaître autrement à ses disciples. Il est tout entier dans la lumière, une lumière qui vient de l’intérieur de lui, et illumine son visage et ses vêtements.
As-tu déjà constaté cette lumière dans le regard et le visage d’une personne ? Moi oui. J’ai rencontré des personnes qui dégagent une lumière invisible, par leur regard et par tout leur être ; ce sont des personnes habitées par un amour d’une particulière qualité et par une foi d’une particulière intensité. Sans doute est-ce quelque chose de cet ordre que les apôtres ont pu percevoir en Jésus, mais à la puissance X. Car Jésus porte en lui la lumière même de Dieu. Sa divinité est habituellement cachée dans son humanité, mais à ce moment-là, il permet à ses apôtres d’en percevoir quelque chose.
Cette lumière divine en Jésus, on la représente dans les icônes de plusieurs façons : d’une part avec l’auréole dorée qui entoure sa tête, comme un halo de lumière – et parfois il est tout entier représenté dans la lumière – mais aussi par la clarté représentée dans son visage, d’une lumière qui ne fait pas d’ombre parce qu’elle vient de l’intérieur. Il est intéressant de demander à un peintre d’icône d’expliquer comment il fait apparaître cette lumière sur les visages.
Cette lumière ou cette auréole, tu peux le remarquer, ne sont pas seulement sur le visage de Jésus, mais aussi sur celui des saints : en effet, c’est la lumière de l’Esprit Saint, la lumière de Dieu, qu’ils ont accueillie dans leur propre vie et les rend lumineux eux-mêmes. Or Jésus a dit deux choses : « Je suis la lumière du monde » et « Vous êtes la lumière du monde ». Autrement dit, nous sommes appelés à refléter nous-mêmes cette lumière.
Comment cela ? Reprenons le récit de la transfiguration de Jésus.
Avec Jésus, apparaissent deux autres personnages : Moïse et Elie. Ils ont en commun d’avoir reçu une manifestation de Dieu sur une montagne, le mont Horeb au Sinaï. Pour Moïse c’était dans un bruit de tonnerre, et pour Elie c’était au contraire dans un grand silence. Or que se passe-t-il ici ? C’est une nouvelle manifestation de Dieu, mais cette fois dans la personne même de Jésus. Et les trois apôtres sont enveloppés par une « nuée », autrement dit, ils sont englobés dans la vision ; ils n’en sont plus des spectateurs extérieurs, mais ils y participent. Et ils entendent (mais est-ce vraiment avec leurs oreilles charnelles ?) la voix de Dieu qui dit « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, écoutez-le. »
Voilà le secret de la lumière : elle entre non par les yeux (n’attendons pas de visions pour croire en Dieu) mais par les oreilles : cette lumière est celle de la Parole de Dieu lorsqu’elle passe des oreilles au cœur. Jésus est quelqu’un qui n’a rien de « lumineux » à l’extérieur, et même il acceptera de passer pour moins que rien aux yeux des hommes. Les trois apôtres qu’il a emmenés sur la montagne de la transfiguration, il les emmènera ensuite au mont des Oliviers, la veille de sa mort. A la lumière, succéderont les ténèbres. Or c’est là que jaillira la lumière de la résurrection. .
Ami, tu n’as sans doute pas reçu de visions. Mais écoute Jésus, regarde Dieu en lui, même lorsqu’il est sur la croix, et mets tes pas dans les siens. Ta vie en recevra une grande lumière.
+ Thierry Brac de la Perrière
Evêque de Nevers
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Les lectures du dimanche 4 mars
Le dossier Carême de Jeunes Cathos Blog
Claire, 32 ans, est religieuse Xavière depuis 5 ans, et vit en communauté à Montréal. Pour Jeunes Cathos Blog, elle écrit le « Journal d’une jeune religieuse ». Aujourd’hui, Claire nous parle de sa vocation et de son parcours.
Comment as-tu pensé à la vie religieuse ?
En dernière année d’école de commerce, en 2003, alors que s’ouvrait la perspective de la vie adulte avec l’entrée dans le monde du travail, j’ai fait un bilan intérieur de ces années d’études si riches et passionnantes que je venais de vivre. Je me suis demandé à quel moment j’avais vraiment senti de la joie, une joie profonde. Je ne m’attendais pas à ce qui m’est venu spontanément. C’était un lieu : Kalighat, la maison des mourants des sœurs de Mère Térésa à Calcutta, où j’avais rendu service en 2000 pendant un mois. Expérience intense d’humanité et de relation au Christ. Mais alors, si c’était là que le Seigneur m’avait donné d’expérimenter ce goût si fort, qu’est-ce que cela signifiait ? Où voulait-Il me conduire, pour Sa joie et pour la mienne ? J’ai marché avec cette question. Vie religieuse ou mariage ? Les deux peuvent porter du fruit, l’une n’est pas au-dessus de l’autre en soi, j’en étais convaincue. Il a fallu trois années de discernement, à travers les événements, l’accompagnement, les rencontres, pour faire tomber mes peurs, démasquer mes mauvaises raisons, et répondre.
Comment as-tu choisi la congrégation où tu es entrée ?
Sans doute un peu comme d’autres ont choisi la personne qu’ils ont épousée ! Il y a une rencontre, des éléments objectifs et une part de mystère… J’ai rencontré des xavières par deux lieux où j’étais investie après mes études : un groupe de réflexion sur l’économie au service de l’homme, et un bénévolat en soins palliatifs. Tout de suite, il y a eu quelque chose qui m’a attirée, alors même que la plupart de mes « critères de recherche »n’étaient pas remplis ! Je suis revenue poser des questions sur la manière de vivre les vœux, la mission, la vie communautaire. Ça m’a aussitôt évoqué une amie du ciel, Madeleine Delbrêl (1904-1964). Cette femme a voulu vivre du Christ en milieu athée, se liant d’amitié et travaillant avec ceux qui ne le connaissaient pas. Je l’avais rencontrée à travers ses écrits sur la mission en plein monde, qui restaient d’une grande actualité depuis mon entrée dans la vie professionnelle et qui me faisaient vibrer. J’ai poursuivi la rencontre avec la Xavière, je me suis fiée à la boussole de la joie, et j’ai découvert plus encore que ce que je pouvais imaginer.
Quelles ont été les étapes depuis ton entrée à la Xavière ?
Le 3 décembre 2006, fête de St François-Xavier, je suis entrée au postulat à la Xavière. Je vivais en communauté à Paris et continuais à travailler en entreprise, manière d’expérimenter la vie Xavière : prière personnelle et communautaire, apostolat par le travail, vie fraternelle.
9 mois plus tard, j’ai quitté mon travail et suis entrée au noviciat avec trois autres femmes. Temps de retrait pour la rencontre du Seigneur, dans le quotidien et à travers la grande retraite de 30 jours de Saint Ignace de Loyola. Temps pour grandir en vérité et en liberté, grâce aux lectures spirituelles, au dialogue dans l’accompagnement et à la vie fraternelle. J’ai vécu ces deux ans comme une chance immense !
Le15 août 2009, je me suis engagée envers le Seigneur par les vœux de chasteté, pauvreté et obéissance à la Xavière, pour un an. Vœux que j’ai renouvelés pour deux ans en 2010. J’aime ce pas à pas qui me sort de la planification et du volontarisme pour accueillir l’aujourd’hui de Dieu dans ma vie.
J’ai été envoyée en mission par ma supérieure générale : pendant deux ans, j’ai vécu en communauté à Paris et je suis retournée travailler dans l’entreprise où je travaillais avant, à un poste en lien avec l’informatique. Puis j’ai été envoyée à Montréal…
Quelles seront les prochaines étapes ?
C’est amusant, ce n’est plus une question que je me pose maintenant ! Il s’agit de vivre pleinement l’étape où j’en suis, d’être à l’écoute de l’Esprit au jour le jour, et de mener un discernement en vérité au moment voulu. Dans cet esprit, la prochaine étape sera au printemps 2012, pour savoir si je demande à renouveler mes vœux pour deux ans, demande à laquelle la Xavière répondra après un discernement de la supérieure générale. Après ça… le temps des vœux temporaires dure à la Xavière entre cinq et neuf ans, puis on prononce des vœux définitifs après une année de relecture et d’approfondissement spirituel appelée « 3ème an » (sous-entendu : de noviciat). Mais ce n’est pas une route tout tracée, c’est un chemin de discernement et de liberté dans le Christ !
Claire, 32 ans, religieuse xavière
Pour aller plus loin :
Les différentes spiritualités, sur le site Église catholique
Rentrée de Taizé à Berlin le 1er janvier 2012, Manon, qui nous avait déjà écrit un témoignage avant son départ, revient sur ce qu’elle y a vécu !
De retour de Berlin et tellement de choses à raconter !
La première chose que je retiendrai de ces rencontres européennes, ce sont les rencontres. C’est la première fois que je vis vraiment cet esprit de rencontre de Taizé, dans une simplicité étonnante et dans un anglais approximatif ! Dès le trajet en bus, puis en arrivant dans notre paroisse d’accueil, dans l’école où l’on a été hébergé, même en attendant pour aller prendre sa douche, on entame la conversation avec des inconnus qui viennent de près de chez moi, ou de l’autre bout de l’Europe. Un Croate, un Belge, des Polonais, des Néerlandais, des Français, quelques minutes de conversation suffisent pour tisser un vrai lien. Ces gens, qui ont une culture différente, me paraissent plus proches de moi, plus compréhensifs de ce que je vis, que d’autres que je croise tous les jours.
« Le sourire des gens »
J’ai la chance d’avoir gardé un contact avec deux Polonais que j’ai rencontré. J’espère que cet échange va continuer dans la durée. C’est super de discuter avec quelqu’un qui ne vit pas comme moi, qui a d’autres habitudes, d’autres traditions. Lors de ces rencontres, j’ai également eu la chance de faire partie d’un super groupe de partage. Échanger ses points de vue avec des jeunes d’une autre culture, c’est toujours très intéressant. Même si l’on n’est pas forcément d’accord sur la manière de vivre sa foi, on découvre de nouvelles idées. De retour chez moi, je continue à réfléchir aux discussions qu’on a pu avoir et cela permet de mieux comprendre la foi en général, et ma foi, plus personnelle.
Un autre souvenir de Berlin : le sourire des gens ! J’ai participé à un job (un service rendu pour le bon fonctionnement des rencontres) qui consistait à accueillir les gens au moment du déjeuner, pour réguler le flux impressionnant de jeunes au niveau des portes d’entrée. Pendant une heure et demie, on salue, tape dans la main, souhaite un bon appétit à plusieurs milliers de jeunes qui répondent tous avec un grand sourire. C’est impressionnant ! Dans la vie de tous les jours, on a tellement l’habitude de voir tout le monde faire la tête, sans prêter attention aux autres… Et c’est aussi parfois mon cas ! C’est d’ailleurs un choc en revenant de Taizé, on se demande : mais pourquoi les gens ne sourient pas ?! Bien sur, il y a des moments un peu moins drôles : les nuits dans le bus, les conserves comme repas, l’attente pour aller prendre sa douche, l’absence totale de chaises. Mais tous ces petits détails, on se rend compte très vite qu’ils ne sont pas si importants !
« Un tête à tête avec Dieu »
Et puis Taizé c’est aussi et surtout des moments de prière où on se retrouve soi-même, dans une sorte de tête à tête avec Dieu. Juste Lui et moi, pour pouvoir se confier, se comprendre. Encore une fois, j’ai été tout particulièrement touchée lors de la prière autour de la croix. La communion avec tous ces jeunes autour de moi, mais en même temps seule avec Dieu, c’est quelque chose de très intense. Tous ensemble, unis par Dieu, et en même temps avec soi-même. On ressent une émotion tellement forte, qu’elle reste présente longtemps encore. Ce sont ces moments qui donnent envie, en retrouvant son quotidien, de continuer à prier seule. Même si ce n’est pas toujours facile, la prière devient en quelque sorte nécessaire.
Finalement, en revenant de ces rencontres, on oublie ce qui n’est pas vraiment important, et on garde juste le meilleur : des moments de prières et de joie ! Et de fête aussi ! Parce que fêter le nouvel an à Berlin, entourée de gens d’autant de nationalités différentes, c’est une expérience extraordinaire !
Ces rencontres ont redonné un élan dans ma vie de chrétienne. Elles me donnent envie de vivre plus en accord avec ce en quoi je crois, sans avoir honte de mes valeurs, même si elles ne sont pas toujours les mêmes que celles des jeunes de mon âge ! Et c’est aussi un élan dans ma vie de prière. Après voir profité pendant 5 jours de 3 prières par jour, j’ai comme un besoin de consacrer un peu plus de temps à Dieu. Même si ce n’est parfois que quelques instants…
Manon , 17ans, Valenciennes
Liens utiles
Le témoignage de Manon avant son départ : Les JMJ, et après ? La rencontre européenne de Taizé à Berlin !
Le site de Taizé
Rencontre européenne de Taizé à Berlin


