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L’entrée surprenante du Consul de France à Jérusalem

Publié par jeunescathos le 17 décembre 2013 - Chronique de Terre Sainte, Événements, Vie de l'Eglise

Le 5 novembre 2013, je me retrouve  porte de Jaffa, entrée occidentale de la vieille ville de Jérusalem, pour l’entrée solennelle du nouveau Consul général de France au Saint-Sépulcre. Une liturgie étonnante, qui marque la prise de fonction de tout nouveau Consul de France à Jérusalem.

consul-jerusalem-640x360A deux pas de la citadelle de David, je rejoins un curieux cortège. Précédés par deux kawas[i] martelant le pavé de leurs cannes, une dizaine de frères franciscains de la Custodie, des religieux venus de toutes les communautés de Terre Sainte, le personnel consulaire et sa propre famille accompagnent le Consul vers le Saint-Sépulcre à travers les étroites rues du souk.

Le mélange de feutre diplomatique, de tradition religieuse, avec l’atmosphère du souk en pleine effervescence est pour le moins improbable. Quelques touristes chinois chargés de leurs lourdes valises, des gamins poussant leur vélo et

Devant la Basilique, les patriarches arménien (au chapeau pointu), grec-orthodoxe (chapeau plat) et le Custode (le franciscain) attendent le Consul

Devant la Basilique, les patriarches arménien (au chapeau pointu), grec-orthodoxe (chapeau plat) et le Custode (le franciscain) attendent le Consul

notre procession se croisent difficilement dans les ruelles de la vieille ville. Parvenus au seuil du Saint-Sépulcre, devant la mosquée d’Omar, les kawas s’arrêtent et laissent la procession s’avancer devant la lourde porte de la Basilique où les Patriarches arménien, grec-orthodoxe et le Custode attendent le Consul.

Après d’aimables salutations, ces deux derniers s’avancent au centre de la Basilique, devant le tombeau, où le religieux accueille chaleureusement le nouveau représentant de la France, reconnaissant « le rôle spécial joué par la France historiquement et aujourd’hui pour préserver le caractère spécial de la cité sainte. » L’Evangile de la Résurrection selon saint Matthieu (Mt 28, en particulier 1-8) est ensuite proclamé en français, selon le texte en usage dans la basilique : « L’ange s’adressant ICI aux femmes leur dit : (…) Il n’est pas ICI car Il est ressuscité. » Après le chant de l’oraison demandant notamment la crainte de Dieu pour le nouveau consul, celui-ci est invité avec son épouse, accompagné du gendarme de service, à visiter le tombeau. Guidé par un franciscain, il visite ensuite l’ensemble des lieux saints de la Basilique, alors que les cloches – c’est rare – sonnent à la volée.

Bénédiction du seuil par M. le Consul.

Bénédiction du seuil par M. le Consul.

Le cortège se dirige ensuite vers la Basilique de sainte Anne où la messe est dite chaque jour aux intentions du gouvernement de la République. Sur le pas de la porte de l’église, le goupillon est tendu au Consul qui asperge le seuil d’eau bénite. Chantant Peuples criez de joie et bondissez d’allégresse, nous pénétrons alors à sa suite dans « sa Basilique », comme le rappelle le supérieur de la communauté des pères blancs qui l’y accueille, « la Basilique de la France. » C’est l’Evangile de la fête de sainte Anne et Joachim qui est alors lu, en ce lieu où l’on vénère leur mémoire et celle de la naissance de la Vierge.

consul-jerusalem8Visiblement marqué par l’émotion, le nouveau Consul souligne l’importance de cette cérémonie particulière. « Avec moi, c’est la France qui s’engage à nouveau, fidèle qu’elle a voulu être aux responsabilités que l’histoire lui a confiées depuis cinq siècles, dit-il. Cet engagement n’est pas rhétorique, n’est pas tourné vers le passé. C’est la mémoire vivante de la France ». Il souligne l’importance capitale de soutenir les communautés chrétiennes en raison du rayonnement  éducatif et social exceptionnel qui est le leur, et le service constant des plus pauvres et des plus injustement traités auxquels elles se consacrent activement : « Les Chrétiens ont été et sont indispensables au Proche Orient. »

Le conseiller aux affaires religieuses entonne alors en latin l’étonnante antienne prévue par les accords de 1926 :  « Domine, salvam fac Rem Publicam, et exaudi nos in die qua invocaverimus Te » (« Seigneur, sauve la République, exauce-nous en ce jour où nous t’invoquons ! ») Après quelques mots échangés dans les jardins autour d’un cocktail offert par le Consulat, chacun rentre chez soi, jusqu’à la prochaine Messe consulaire[ii]. Une place étonnante pour la République Française en Terre Sainte !

charles delort
Charles

[i] Les kawas désignent les héritiers des janissaires ottomans, portant fez et caftan bleu brodé d’or.

[ii] Formule abusive : seul le Consul, quelques membres du personnel consulaire, quelques religieux et les fidèles qui le souhaitent assistent à la quinzaine de Messe consulaire célébrée chaque année en l’honneur du Consul. Ces Messes ne donnent en particulier pas lieu au même déploiement cérémonial.

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Commentaires

A toi la parole.

  1. Anne de Beaugency says: décembre 20, 2013

    Cela réchauffe le coeur de constater de temps en temps que tout n’est pas perdu… merci pour cet article.

  2. Interne says: décembre 9, 2015

    CHARLIE JE T’AIME !

  3. Louis Dubrûle says: décembre 9, 2015

    CHARLIE JE T’AIME ! TU ES LE MEILLEUR !

  4. Clément Porte-Halle says: décembre 9, 2015

    Quelle photogénie!

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