Articles à propos de dialogue interreligieux
Le dimanche 2 octobre 2011, Marseille célébrait les vingt-cinq ans de la rencontre d’Assise organisée par Jean-Paul II dans la cité de Saint-François, le 27 octobre 1986. Trois cents personnes ont arpenté les rues du centre-ville, du haut de la Canebière au parvis de la cathédrale Notre-Dame de la Major.
Parmi ces « pèlerins pour la Paix », des « perles » marseillaises : Inchat-Najmat, jeune comorienne qui a été pendant un an volontaire au Secours catholique ; Hicham, franco-marocain, était bénévole chez les Scouts puis au CCFD-Terre solidaire où il a rencontré Aleth qui depuis l’accompagne dans son pèlerinage terrestre. Avec Étienne, Bruno et Colette qui sont aussi dans le cortège, ils sont partis au Liban en avril 2010 dans le cadre des rencontres « Mosaïques » (2) organisées entre autres par l’Institut Catholique de la Méditerranée (ICM) (1) dont le directeur, P. Jean-Marc Aveline est justement celui qui lance la Marche.
C’est alors le moment pour Irène, de la communauté grec-orthodoxe, de donner son rameau d’olivier à Juliette qui a longtemps travaillé pour la paroisse Saint-Pierre-Saint-Paul. C’est le moment pour les jeunes scouts arméniens de se mettre en marche. C’est le moment pour Jules-Hervé et la chorale de l’aumônerie africaine du Merlan de chanter la paix. C’est le moment pour M. Georges Nakkache de saluer Mgr Maroun Lahham, archevêque de Tunis, lui même palestinien et invité pour l’occasion. Il faut dire que M. Nakkache est né et a vécu à Tunis comme de nombreux membres de la communauté juive marseillaise. La Méditerranée rassemble par delà les fractures politiques et historiques.
À Marseille, les chemins se croisent et entrent en dialogue. Depuis plusieurs mois, ceux de Julien, de Aïcha et de Magali se sont associés pour fonder, au sein des associations Chemins de dialogue et Coexister un petit groupe de jeunes adultes issus de différentes traditions religieuses. Avec d’autres, ils organisent des visites de lieux de culte, des rencontres, des moments de convivialité. De même, le collectif « Tous enfants d’Abraham » regroupe les membres d’associations communautaires autour de repas en vue de manifestations culturelles communes.
Par delà les fantasmes
Car la ville en a besoin. Par-delà les fantasmes d’un cosmopolitisme marseillais, synonyme de paix sociale pour certains, le vivre ensemble est un défi permanent dans une cité où précarité et fierté cohabitent sous une lumière certes resplendissante mais parfois éblouissante. La coexistence ne signifie pas le vivre ensemble. C’est bien là tout le problème et c’est sans doute ce qui explique les vagues de peurs incarnées par les poussées récurrentes du Front National et les crispations régulières entre communautés, en parallèle des crises internationales. À Marseille, les cris de Jérusalem, Bagdad, Abidjan bousculent la douce musique marine. Les Chaldéens, les Coptes, les Arméniens eux aussi « pèlerins pour la paix » en ce dimanche 2 octobre, sont porteurs de mémoires douloureuses, blessées. Les représentants religieux juifs et musulmans sont hélas absents d’un événement qui se veut pourtant rassembleur des artisans de paix.
Et où sont tous les autres ? Trois cents, c’est finalement peu pour une métropole d’un million d’habitants. Et oui, le véritable dialogue est un chemin plus ardu que la simple traversée du Vieux-Port et qu’un match de football. Il nécessite toute l’humilité du pèlerin, toute l’ardeur du croyant. Mais, à Marseille, le dialogue est animé d’une espérance unique, celle qui mêle l’exigence européenne à l’urgence méditerranéenne, celle qui embrasse l’histoire phocéenne, le pèlerinage éternel des hommes sur la terre, et la recherche commune de la vérité. « Pèlerins de la vérité, pèlerins de la paix », faire mémoire d’Assise a du sens à Marseille.
Rémi Caucanas – assistant de direction à l’ICM
Alice Provansal – chargée de mission.
(1) L’Institut catholique de la Méditerranée (ICM) est un établissement privé d’enseignement supérieur, associé à l’Université catholique de Lyon. À ce titre, il participe à la mission des universités catholiques en France, mission définie par les documents pontificaux Sapientia christiana et Ex corde ecclesiæ. Il est géré par une association (loi 1901) au Conseil d’administration de laquelle siègent, en tant que membres de droit, l’archevêque de Marseille, le recteur et le président de l’Université catholique de Lyon. D’autres évêques de la Province ecclésiastique sont également membres de ce Conseil (actuellement ceux d’Aix et Arles, de Digne).
(2) Qu’est-ce que « Mosaïques » ?
Marseille a été élue capitale européenne de la culture pour 2013 ! La richesse de notre ville, c’est sa capacité à tisser dans un même ouvrage les fils du commerce et des échanges économiques avec ceux du dialogue et des rencontres interculturelles. La vocation de Marseille, c’est de conjuguer négoce et culture, échanges et dialogues.
En créant le concept ‘Mosaïques », l’Institut catholique de la Méditerranée (ICM) a voulu apporter une contribution à ce patient travail de métissage marseillais, en vue de construire sur de bonnes bases l’espace euro-méditerranéen.
« Mosaïques », c’est d’abord un moyen de donner la parole à des jeunes étudiants et des jeunes professionnels originaires des pays du pourtour méditerranéen, et au-delà, qui sont engagés sur les différentes problématiques du vivre ensemble dans cet espace méditerranéen (éducation, culture, développement, coopération, média, mémoire et réconciliation, etc.).
« Mosaïques », c’est un espace de rencontre et de discussion pour bâtir une Méditerranée solidaire. Il s’agit en fait de provoquer un débat nourri par des témoignages de ces mêmes jeunes et des réactions d’experts et du public afin d’élaborer des grandes orientations. Ces dernières sont ensuite relayées auprès de structures locales, régionales, nationales et internationales capables de les mettre en oeuvre.
« Mosaïques », c’est aussi un moyen de permettre et de favoriser une expression artistique car « vivre ensemble, c’est tout un art ».
De nombreux partenaires ont déjà apporté leur soutien pour réaliser différents projets « Mosaïques ». Nous espérons que cette plate-forme permettra de développer ce réseau en gestation et les projets qui en découleront.
Bienvenue.
Jean-Marc Aveline, Directeur de l’Institut Catholique de la Méditerranée.
Et maintenant on va où ? Question rhétorique dans les pays arabes qui vivent un changement radical dans leur histoire, dont personne ne sait la réponse,
et, titre d’un film libanais qui a été sélectionné en compétition officielle du Festival de Cannes 2011, dans la section « Un Certain Regard ». Nadine Labaki, la jeune réalisatrice du film a reçu le Prix François Chalais, nom d’un journaliste français de cinéma, ainsi que la Mention Spéciale du Jury œcuménique du Festival de Cannes. Il a récemment reçu le People’s Choice Award au 36ème festival international du film de Toronto, et fut admis à la 84ème édition de l’Academy Awards dans la catégorie du meilleur film étranger.
Dans une région berceau des trois religions célestes, le judaïsme, le Christianisme et l’Islam; le Moyen-Orient reste une zone sismique active des guerres interreligieuses.
Le Liban en particulier, pays natal de la réalisatrice, fut entre les années 1975 et 1990 un foyer de guerre civile à apparence religieuse entre les communautés chrétienne et musulmane du pays, déclenchée suite au conflit israélo-palestinien.
Bien que les Libanais vivent côte à côte, musulmans et chrétiens, le pays souffre de blessures dans sa mémoire collective. Au fin fond d’elle-même, la communauté libanaise sait que la guerre lui a été imposée par des pressions extérieures, et que le conflit religieux n’est qu’une facette d’un conflit dont le peuple libanais a payé la facture de son sang.
Apparemment les femmes du village où prend place le film Et maintenant on va où ? ont compris l’enjeu et tiennent à éloigner les griffes de la guerre menaçant leur communauté, à travers les nouvelles de guerre qui leur parviennent par la radio et la télévision. Les héroïnes du film – certaines portant le voile, d’autres une croix – prises par le génie de l’amour et de la peur, inventent toutes sortes de stratagèmes pour éviter à leurs hommes une mort stupide. Une mort sans dieu, qui a emporté leurs bien-aimés, et les a laissées orphelines, veuves, et mères pleurant leurs fils… toutes partageant le même deuil.
Pour montrer l’absurdité des conflits basés sur la religion, la réalisatrice a introduit deux personnages sympathiques qui assistent les femmes dans leur guerre paisible. Un cheikh et un prêtre, amis et complices entre eux, abusant, chacun à part, de son autorité, pour apaiser ses fidèles et contenir la rage des hommes du village. Ils rappellent parfois le cinéma italien des années 1950, par leur comique et leur légèreté.
L’ironie positive du cinéma fut que le rôle du cheikh soit attribué à un chrétien et celui du prêtre à un musulman.
Un film à fond dramatique bercé par des chapitres musicaux et comiques jetant une voile de légèreté sur l’action, permettant aux spectateurs de reprendre leur souffle avant de replonger dans le registre du drame.
Le titre du film reste une question ouverte à la fin de l’histoire; pourvu que les astuces de ces femmes soient de bonnes leçons pour ceux qui tiennent le pouvoir et ceux qui les élisent, afin que religion reste un message d’amour et de paix.
Et maintenant on va où ? Réflexion de la jeunesse du Liban et du Moyen-Orient qui ne veut pas vivre les erreurs commises par les générations précédentes. Une histoire qui reflète la situation post-guerre, à ne jamais refaire… Un film à voir absolument.
Marie-Rose Osta, jeune réalisatrice et actrice libanaise
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Et maintenant on va où ? sur Allociné
Et maintenant on va où ?
La foi est-elle la même dans la brousse, sur les marches tibétaines ou en forêt amazonienne ? C’est la question que se posent Charles et Gabriel. Alors âgés de 23 et 25 ans, ils sont partis dans la simplicité matérielle à la rencontre de chrétiens du bout du monde et d’une Église parfois « oubliée ». Pendant un an, ils ont vécu auprès de sept villages catholiques isolés, en Roumanie, en Turquie, en Thaïlande, au Maroc, en Amazonie… Partout, ils ont rencontré des hommes et des femmes, multiples visages d’une même Église.
« L’Église ! C’est intéressant ça, non ? Aller voir l’Église, des chrétiens de partout, du bout du monde, des chrétiens parfois persécutés, très minoritaires, bien loin de l’Église de Rome. On ira voir des gens de foi, des gens simples, oubliés depuis chez nous en Europe. Des gens dont on ne soupçonne même pas l’existence. On ira voir des visages avant tout. Deux milliards de visages ! Et des gens différents en tout, mais qui ont un point commun : leur foi. On ira voir comment ils prient, ce qui les fait vivre, les difficultés qu’ils rencontrent. On va les rencontrer et on va les faire connaître. »
La Providence toujours
Komani, Kurdistan irakien
Partis le 5 juillet 2009, nous sommes arrêtés le 9 juillet à Strasbourg avec, pour moi, une vilaine tendinite au genou. Pas même un quart de France, et le tour du monde est déjà compromis ! Nous faisons halte par hasard chez les frères et sœurs des Fraternités monastiques de Jérusalem.
Chez eux, avec eux, nous remettons le voyage en perspective : nous partons rencontrer l’Église, et ce sont les rencontres ecclésiales qui guideront notre route. Nous ne partons pas enchaîner les kilomètres ou battre un record. Au cas où nous l’aurions oublié, cette halte forcée nous le rappelle. Nous nous sentons appelés à faire une grande confiance à la providence, pour que le Seigneur nous guide. Et c’est ce qui va se passer toute l’année.
« Heureux qui règle ses pas dans la Parole de Dieu » dit la liturgie. Pendant un an, avec le rythme particulier du vélo, une vie réglée, des temps de prière quotidiens ensemble (laudes ou vêpres selon les jours), nous entrons dans un rythme bien différent de la boulimie d’activité que je peux avoir à Paris. Un rythme qui laisse un peu plus de place à Dieu. Un rythme qui invite à ouvrir son cœur, à écouter, à accueillir.
L’unité visible de l’Église ?
Procession du Christ Roi à Guit Dubling
Selon les pays que nous traversons, l’œcuménisme prend des couleurs très différentes. Nous avons fait une halte mémorable en Roumanie, chez un jeune prêtre gréco-catholique. Il nous a expliqué les difficultés, encore aujourd’hui, de la réconciliation entre catholiques et orthodoxes. Sous le régime communiste, tous les évêques gréco-catholiques furent emprisonnés. De nombreux prêtres finirent leurs jours en prison. Tous les biens de l’Église gréco-catholique furent confisqués par le régime pour être confiés à l’Église orthodoxe. L’Église catholique a été détruite dans ses fondations, et l’Église orthodoxe détruite de l’intérieur.
En 1989, les catholiques peuvent à nouveau pratiquer leur culte en public. En 1998, aidé par ses parents, ce jeune prêtre (qui ne l’est pas encore) parvient à récupérer la petite église de son village et à faire venir un prêtre gréco-catholique. Ils sont alors les victimes d’une persécution moderne : la police, le maire, des prêtres orthodoxes s’organisent pour les humilier. Ils sont enfermés dans l’église, battus… Lorsque les persécutions sont le fait d’autres chrétiens, elles sont d’autant plus difficiles à accepter. Pour notre hôte, « la chemise du Christ a été déchirée » en Roumanie. La vie de ce jeune prêtre est aujourd’hui tournée vers la réconciliation de ces chrétiens déchirés.
Chef chrétien du village de Mae To en prière
Quelques centaines de kilomètres plus au sud, à Antioche, c’est une réalité toute autre que nous découvrons. Nous croisons sur le seuil de la seule « Katolik Kilesi » d’Antioche un large groupe de pèlerins italiens suivant les pas de saint Paul en Turquie. Le Père Domenico, curé de la paroisse, en a vu défiler des semblables toute l’année.
Dans les années 1990, on a fait don au père Domenico et à l’Église d’une belle maison turque traditionnelle. Après des années de travail, la voilà reconvertie en sanctuaire de prière avec une chapelle et des chambres d’accueil.
Et cela a l’air de marcher. L’église du Père Domenico regroupe soixante-dix fidèles catholiques mais aussi de nombreux orthodoxes et protestants qui viennent « vivre une expérience chrétienne ».
« Ici, orthodoxe, catholique, il n’y a pas de différence » martèle le religieux italien. Des familles orthodoxes délaissent l’église orthodoxe « puisque c’est en arabe » et « préfèrent les célébrations catholiques ».
Ce berger en terre d’Islam vit l’œcuménisme. Et l’unité prend des chemins bien concrets : des jeunes orthodoxes animent la messe catholique, Pâques est célébrée à une même date, l’assemblée est composée de fidèles de divers horizons. « Mais que faites-vous des différences si importantes pour d’autres ? » Ils haussent les épaules et nous sourient avec malice comme si nous ne pouvions pas vraiment comprendre.
Ouverte et donnée au monde
Prêtre célébrant la messe dans l’église de Mae To
Nous terminons l’année par l’Afrique de l’Ouest. En terre musulmane, les chrétiens vivent avec les musulmans, sans essayer de les convertir. Ils aiment le pays qui les accueille, ils le respectent, ils le servent, ils aiment gratuitement. C’est tout.
Rosso, Mauritanie. 99 % de musulmans et aucun autre groupe religieux reconnu à ce jour. Tout converti encourt la peine de mort. Et pourtant…
Le Père Bernard est le curé d’une paroisse… sans paroissiens. Ce missionnaire spiritain, en Mauritanie depuis quarante et un ans, a connu la présence de l’armée française. A cette époque, son église était pleine tous les dimanches. Mais depuis, il vit seul. Une église sans fidèles, un prêtre missionnaire qui n’évangélise pas. Parfois, il s’isole sur une dune, dans le désert et célèbre l’Eucharistie. Il nous dit que sa joie est d’y présenter à Dieu le travail de ses frères musulmans.
Sa vocation est de « vivre avec », de créer des amitiés, de provoquer le dialogue. Il a ouvert en 2005 une bibliothèque dans l’enceinte de la mission pour les enfants et étudiants de la ville. Pourtant tous musulmans, « les jeunes se sentent ici chez eux ». Le but n’est pas d’évangéliser mais bien d’aider au développement du pays à travers la formation de la jeunesse.
La clé de la présence de l’Église dans cette république islamique est bien la discrétion et un grand respect de la foi musulmane. Le père ne professe sa foi que dans l’enceinte de la mission et ne propose pas le baptême.
Ce Normand à la bouille réjouie semble un homme heureux. Lors de la mort du bienheureux Jean-Paul II, les imams de la ville témoignent leur sympathie au missionnaire et font prier pour le pontife dans les mosquées.
« Si des hommes de culture, de race, de religion différentes peuvent vivre ensemble, alors le Royaume de Dieu n’est pas loin. » Il a le regard infini de l’ermite et la conviction du missionnaire.
De retour dans notre Église de France
L’exemple du père Bernard et celui de tant d’autres subliment nos autres découvertes. En France, il m’est relativement facile de pratiquer ma foi. J’ai la liberté de croire ou de ne pas croire. De prendre ma foi au sérieux, ou de la laisser au second plan.
Dans des contextes où tout pousserait à ne pas croire, certains croient d’autant plus fort. Ailleurs, certains risquent leur vie. Alors qu’on pourrait crier au désespoir, eux y mettent toute leur Espérance.
Ainsi, le retour en France a d’abord été la prise conscience que nous avions un devoir – et que nous trouverions une joie – à occuper notre place active dans la construction de l’Église.
Gabriel a pris un an de discernement en propédeutique. Et j’essaie de tenir des engagements au sein du conseil paroissial et dans l’animation de la pastorale des jeunes.
S’il est parfois difficile d’aimer une institution ou de trouver de la joie dans des célébrations froides entre quatre murs froids, il est beaucoup plus facile d’aimer une assemblée d’hommes et de femmes, avec le Christ au centre. C’est ce qu’il nous a été donné de vivre pendant un an. L’Église est maintenant, pour nous deux, profondément aimable.
Charles Guilhamon
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Michele, brésilienne, a passé une année d’études à Paris et témoigne, pour le site de l’aumônerie étudiante de Créteil, de ce qu’elle y a vécu.
« Je suis arrivée en France le 23 septembre 2010 dans le cadre d’un programme de mobilité académique – Erasmus à l’Université Paris-Est-Créteil. Au départ, je venais juste pour un programme d’échange mais j’ai vécu bien plus que cela !!!
Lorsque je suis arrivée à Paris, j’étais toute seule, je ne connaissais personne mais grâce à Dieu j’ai beaucoup de chance car dès mon deuxième jour en France, j’ai découvert l’Escale Etudiants (aumônerie catholique des étudiants de Créteil) et à partir de ce jour là, ma vie a commencé à changer. »
« J’ai reçu une vraie famille »
« Par l’aumônerie qui propose un service d’aide à la recherche de logement, j’ai trouvé un hébergement chez les Petites Sœurs de l’Assomption à Ivry. J’ai aussi eu l’occasion d’approfondir ma foi et j’ai pu rencontrer plein de gens de nationalités différentes. A l’Escale j’ai reçu une vraie famille car j’ai été très bien accueillie. Là-bas, on pouvait se reposer, discuter avec les amis. En fait, il y avait toujours la possibilité d’échanger avec quelqu’un à n’importe quel moment car il y avait toujours du monde à l’Escale. Et tous les jeudis, il y avait la soirée d’aumônerie qui nous permettait de retrouver tout le monde. J’attendais toujours avec impatience cette soirée du jeudi où l’on priait, on discutait et on mangeait tous ensemble !! On discutait de sujets très intéressants et actuels. Chrétiens et musulmans réunis, on avait des échanges interreligieux et on pouvait aussi présenter nos pays ! Quand on était ensemble, on faisait la fête et on s’amusait !!! »
« L’opportunité de mieux connaître le catholicisme »
« Il y avait des projets intéressants comme la visite à la prison, la recherche de stage, le programme de culture de cœur pour aller au théâtre gratuitement et surtout, l’opportunité de mieux connaître le catholicisme à travers des propositions spirituelles. . J’ai beaucoup apprécié le respect de l’aumônerie pour n’importe quelle religion. J’ai ainsi passé de très bons moments avec des étudiants musulmans d’une façon très harmonieuse. Je remercie toute l’équipe car ils ont fait un très bon travail et à travers eux, j’ai connu des familles très sympathiques qui m’ont invitée à déjeuner chez elles. J’ai aussi passé une fête de Noël très émouvante en étant bénévole lors d’une soirée organisée pour les personnes en grande précarité. Si aujourd’hui j’ai de très bons souvenirs de mon année en France, c’est grâce à l’Escale Etudiants qui m’a apporté un grand bonheur dans ma vie. J’aurai pu avoir un séjour banal mais ma vie en France a été exceptionnelle et du coup, elle sera toujours inoubliable ! »
Michele, étudiante brésilienne, a passé un an d’études à Paris
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Le témoignage de Michele sur le site de l’aumônerie étudiante de Créteil
Le site de l’aumônerie de Créteil
La carte des aumôneries étudiantes de France
Afficher Aumôneries étudiantes de France sur une carte plus grande
« Diversité dans la foi, unité dans l’action ». Tel est le slogan des actions de solidarité engagées par l’Association Coexister. Conscients non seulement que le dialogue interreligieux est aujourd’hui nécessaire mais aussi qu’il n’est pas suffisant, les jeunes juifs, chrétiens et musulmans de Coexister ont eu à cœur depuis le début de leur aventure d’agir concrètement au service de la société.
La vie ou la mort ?
L’opération Ensemble à Sang%, dont la première édition a eu lieu le dimanche 31 Mai 2009, s’organise de la façon suivante : tout au long de la journée une collecte de sang est proposée aux juifs, chrétiens, musulmans, athées ou agnostiques qui acceptent de faire don de ce qu’ils ont de plus précieux. En parallèle de ce fil rouge (sans jeu de mot) des tables rondes, des conférences, des débats, sont organisées par les jeunes de l’association. 7.000€ de budget, 25 bénévoles, 300m2 de salles, 150 repas, et 10 000 tracts, un peu d’espoir, beaucoup de dialogue et énormément de respect mutuel, c’est ce que représente la préparation de cette opération dont le message est clair : faire couler le sang pour la paix et plus pour la guerre. Mais ce n’est pas la seule raison d’avoir choisi le don du sang . Le sang en hébreux se dit « Dam » (Dem en arabe). Selon que vous rajoutez un « A » devant ou derrière, vous avez la vie ou la mort. « Adam », Adam le première homme c’est la vie. «Dama », la terre c’est la mort. On retrouve ici la liberté de l’homme. Que faisons-nous de notre foi ? Comment utilisons-nous nos religions, nos communautés ?
Ainsi en 2010 le thème de l’opération était « Les religions font-elles réellement couler le sang ? ». La réponse n’est pas facile car nous sommes obligés de constater les guerres, les morts, les massacres perpétrés au nom de celles-ci. Daniel Farhi, rabbin fondateur du Mouvement Juif Libéral de France, Christian Delorme, prêtre lyonnais et Ghaleb Bencheikh islamologue président de la Conférence Mondiale des Religions pour la Paix ont répondu à la question en pointant le caractère ambivalent de la pratique des religions. Entre fondamentalisme et relativisme, l’équilibre n’est pas évident à trouver. Dans tous les cas, ce dimanche de mai, les religions ont bel et bien fait couler le sang en vue de le donner. 130 donneurs, c’est 130 poches de sang, c’est donc 130 vies sauvées. Rendons-nous compte de ce que cela représente de sauver 130 personnes de la mort au nom de l’amitié et de la coopération entre des membres de différentes religions ! À cette centaine de donneurs il faut ajouter un millier de visiteurs, parmi lesquels on compte certains des plus illustres responsables français des trois religions du livre. Leur présence honore les efforts entrepris en faveur du dialogue.
En 2011, la troisième édition de l’opération Ensemble à Sang% fut plus modeste. Réalisée au Forum 104 (haut lieu du Dialogue inter-spirituel à Paris), nous avons choisi la carte de l’intimité. Une centaine de visiteurs et une quarantaine de donneurs ont participé au traditionnel événement. L’association a pris de l’ampleur et les projets ont fleuri. Ce développement parfois trop fulgurant nous invite à prendre le temps de construire solidement les bases de notre action. Mais vous vous en doutez, si l’opération 2011 a été revue à la baisse par rapport aux années précédentes, c’est pour mieux préparer la hausse des années suivantes.
Le courage de l’altérité
Étant à l’origine du premier groupe Coexister en janvier 2009, puis rejoint par 10 jeunes pour organiser la première opération Ensemble à Sang%, je ne peux que me réjouir du chemin parcouru en trois ans. Ce chemin continue notamment avec les JMJ en août où nous nous rendrons à vingt-cinq, juifs, chrétiens et musulmans ensemble pour témoigner que nous devons vivre ensemble, non pas malgré, mais grâce à nos différences. Différences que nous chérissons et que nous défendons. S’enraciner en soi même et rencontrer l’autre, c’est avoir le courage de l’altérité, c’est avoir le courage de l’avenir.
COEXISTER sur FRANCE3 par acoexister
Carnet de route JMJ Madrid 2011 de « Coexister »


